Migration : Un phénomène globalisé qui exige une réponse mondiale

Par Wooldy Edson Louidor

Quito (Équateur), 8 oct. 2010 [AlterPresse] --- « La migration est un phénomène de plus en plus globalisé qui exige une réponse articulée au niveau mondial » : c’est l’une des conclusions du Pré-forum Jésuite des Migrations, auquel ont participé, à Quito (Équateur) du 4 au 7 octobre, 94 Jésuites et leurs collaborateurs provenant de 29 pays des 5 continents, dont Haïti.

En prélude au 4ème Forum Social Mondial des migrations qui débute ace 8 octobre (jusqu’au 12 octobre) à la capitale équatorienne, l’Ordre des Jésuites a organisé une réunion ayant pour objectif d’établir des priorités d’actions ainsi que des processus et formes d’articulation de toutes leurs institutions au niveau global, face au défi des migrations.

Contre les violations des droits des migrants, la stigmatisation et la criminalisation

Dans une note de presse diffusée à la fin du Pré-Forum, les Jésuites ont dénoncé « toutes les formes de violation des droits humains des personnes migrantes », leur « stigmatisation médiatique et sociale », ainsi que la « criminalisation de la migration irrégulière » de la part des États.

L’Ordre des Jésuites a également fustigé « les politiques migratoires restrictives, centrées sur la détention, la déportation et le contrôle des frontières », ainsi que la « négation systématique de beaucoup d’États de fournir la protection internationale aux demandeurs d’asile », souvent confrontés à une situation de vulnérabilité extrême.

Loin de réduire la migration, ces pratiques conduisent au renforcement des réseaux de traite et de trafic de personnes, deux phénomènes qui sont très souvent liés à la corruption et l’impunité étatique, relève le document.

Les Jésuites ont critiqué l’actuel « modèle de développement », promu par les corporations multinationales, qui met le marché au-dessus du « développement humain ».

Ce modèle injuste et inhumain contribue non seulement à provoquer des déplacements massifs de populations en raison de la destruction environnementale et l’extraction des ressources naturelles, mais aussi « l’exploitation au travail » et « une vulnérabilité chaque fois plus grande » des femmes et des mineurs.

Pour la protection des droits humains des migrants, réfugiés et demandeurs d’asile

Face à cette situation complexe, les Jésuites recommandent, en premier lieu, la ratification universelle de la Convention Internationale sur la protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille, adoptée en 1990 par l’Assemblée des Nations Unies.

La protection internationale effective des demandeurs d’asile, des réfugiés et des migrants, indépendamment de leur statut régulier ou non, figurent parmi les principales recommandations, ainsi que la création d’un modèle de développement durable, centré sur les personnes, et le respect des droits des peuples autochtones.

Les religieux exigent des États l’adoption de politiques migratoires intégrales et inclusives qui touchent non seulement aux aspects économiques (par exemple, les questions liées au travail), mais aussi aux dimensions culturelle, sociale, religieuse et politique. [wel gp apr 08/10/2010 13 :40]