Haïti-Justice : Plainte pour viol contre le ministre Evans Lescouflair

P-au-P, 23 septembre 2010 [AlterPresse] --- Une plainte pour viol a été déposée, au Parquet du tribunal de première instance de Port-au-Prince, contre le ministre haïtien de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique, Evans Lescouflair, a confirmé, ce jeudi 23 septembre 2010, le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), dans un entretien accordé à AlterPresse.

Le RNDDH affirme avoir reçu, au début du mois de janvier, peu avant le tremblement de terre, un homme qui s’est déclaré victime de viol de la part d’Evans Lescouflair.

L’organisation indique l’avoir accompagné, dans sa démarche judiciaire, et aidé à porter plainte, finalement, au cours du mois d’aout 2010.

La victime présumée, qui s’est présentée comme un employé d’une organisation non gouvernementale dirigée par Lescouflair, prétend que le ministre a également procédé à des attouchements sexuels sur un adolescent de 16 ans, indique le Réseau National de Défense des Droits Humains.

Contacté, il y a quelques mois, par l’organisation de défense des droits humains, Evans Lescouflair a rejeté la version du plaignant, soutenant, pour sa part, qu’il s’agit d’un ex-employé qui a détourné, au sein de son organisation, « une très forte somme d’argent » et avec qui il aurait eu « une discussion très tendue », selon ce que rapporte le RNDDH.

Il s’agit d’ « un dossier très délicat » et « nous ne pouvons pas citer les noms » des concernés, souligne le RNDDH dans l’entretien accordé à l’agence AlterPresse.

L’organisation dit également condamner le fait que des sénateurs de la République aient divulgué des identités dans la presse.

Les sénateurs Youri Latortue, Edmonde Supplice Beauzile, Mélius Hyppolite, Jean Willy Jean-Baptiste et Jean William Jeanty ont, dans une conférence de presse, ce mercredi 22 septembre 2010, dénoncé le fait qu’aucune suite judiciaire n’ait été donnée à l’affaire. Ils ont aussi cité les noms des victimes présumées.

En aucun cas, ils ne devraient citer les noms des présumées victimes « même avec leur permission », souligne le RNDDH.

Le Réseau National de Défense des Droits Humains dit, en même temps, espérer que le dossier suivra son cours et que le ministre éliminera les barrières administratives en se mettant lui-même à la disposition de la justice.

Selon le sénateur Latortue, le chef du Parquet, Harycidas Auguste, a déjà écrit au président René Préval pour lui demander d’autoriser le ministre à venir répondre aux questions des magistrats. Une loi en vigueur rendrait cette autorisation du chef de l’Etat obligatoire pour pouvoir interroger un membre de l’Exécutif et, éventuellement, exercer des poursuites judiciaires contre lui.[kft rl apr 23/09/2010 14:00]