P-au-P, 11 juil. 2024 [AlterPresse] --- La Conférence des recteurs et présidents d’universités et d’institutions d’enseignement supérieur haïtiennes (Corpuha) exhorte les pouvoirs publics et le Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (Menfp) à prendre au sérieux les attaques, qui se multiplient contre les universités publiques et privées en Haïti, dans une note dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
La Corpuha condamne l’attaque perpétrée, depuis plusieurs mois, contre le siège de l’université Goc à Source Matelas, dans la commune de Cabaret (nord de Port-au-Prince) et celle à l’encontre de l’Institut universitaire Quiskeya Amériques (Inuka) à Tabarre (nord-est de la capitale), non loin de l’ambassade des États-Unis d’Amérique, le dimanche 7 juillet 2024.
Ces attaques « délétères » contre les universités Goc et Inuka surviennent après celles orchestrées depuis mars 2024, contre l’Université d’État d’Haïti (Ueh) par les bandits armés, vandalisant les locaux de l’École normale supérieure (Ens), de l’École nationale des arts (Enarts), des facultés d’agronomie et de médecine vétérinaire (Famv) et des sciences ainsi que de la Bibliothèque nationale d’Haïti (Bnh), dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince.
« C’est un signal clair que l’on veut réduire à néant un secteur important de la vie
nationale, qu’est l’enseignement supérieur. Détruire l’enseignement supérieur
public et privé, c’est s’attaquer au fondement de la nation. Sans l’enseignement supérieur, l’avenir de la société haïtienne est hypothéqué », lit-on dans la note portant la signature des membres du conseil d’administration de la Corpuha, Jean-Robert Charles (président), Franck Charles (trésorier) et Joham Vixamar (membre).
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S’attaquer aux centres d’enseignement supérieur dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, qui représente 80% de l’effectif des étudiantes et étudiants et plus de 60% des centres universitaires, consiste à réduire la société haïtienne à sa plus simple expression, en lui enlevant tous moyens de produire les ressources humaines compétentes pour son développement social, économique et politique, considère la Corpuha.
Elle demande aux responsables au plus haut niveau de l’État d’assumer leurs responsabilités pour rétablir l’ordre et la sécurité dans le pays, garantir ainsi le respect des propriétés privées.
Elle en appelle à une action urgente des pouvoirs publics, afin de freiner cette dérive mortifère et à une aide souveraine de l’État, pour sauver le secteur de l’enseignement supérieur de l’extinction à cause du départ en masse des professeur-e-s, des étudiantes et des étudiants, en raison du phénomène de la criminalité généralisée.
En effet, plusieurs milliers de professionnelles et professionnels ont laissé Haïti, à travers le programme Biden pour les migrantes et migrants, annoncé depuis début janvier 2023 par le président des États-Unis d’Amérique, Joseph Robinette Biden dit Joe Biden, tandis que d’autres ont voyagé vers le Chili, le Nicaragua et le Brésil, en quête d’un mieux-être. [emb rc apr 11/07/2024 10:15]
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