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Transition politique : La communauté internationale salue le transfert « pacifique » et « ordonné » du pouvoir exécutif en Haïti

Par Emmanuel Marino Bruno

P-au-P, 09 février 2026 [AlterPresse] --- Les gouvernements des États-Unis, de la France et du Canada saluent le transfert « pacifique » et « ordonné » du pouvoir exécutif en Haïti, selon des notes officielles séparées consultées par l’agence en ligne AlterPresse.

Ce transfert intervenu dans un contexte de mésententes politiques entre les protagonistes au pouvoir et de violences des gangs armés, a été effectué par le coordonnateur des actions au Conseil présidentiel de transition (Cpt) sortant, Laurent Saint-Cyr, au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et au Conseil des ministres, à l’issue du mandat du Cpt, le samedi 7 février 2026.

Les États-Unis déclarent prendre acte de ce transfert, qu’ils jugent pacifique, vers le chef du gouvernement et le Conseil des ministres agissant à titre intérimaire afin de préparer les élections générales en Haïti.

Le gouvernement américain se dit disposé à travailler avec le premier ministre et son gouvernement pour favoriser la stabilisation du pays, tout en soulignant la responsabilité qui incombe aux autorités appelées à guider Haïti à un moment décisif.

Il insiste sur l’importance des efforts menés par les Haïtiennes et Haïtiens eux-mêmes pour rétablir la stabilité, renforcer la sécurité et faire progresser les aspirations du peuple.

« Des progrès durables en Haïti dépendent d’une gouvernance responsable, de l’amélioration des conditions de sécurité et d’un partenariat international soutenu en faveur de la souveraineté d’Haïti », a déclaré le secrétaire d’État américain Marco Rubio.

Renforcer les forces de l’ordre et intensifier la lutte contre les gangs criminels

Dans une note datée du lundi 9 février 2026, la France prend également acte de la fin du mandat du Cpt le 7 février 2026, conformément aux dispositions de l’accord politique du 3 avril 2024 pour une transition pacifique et ordonnée.

Tout en saluant la transmission ordonnée du pouvoir exécutif par Saint-Cyr, au Premier ministre et au Conseil des ministres, elle encourage le gouvernement haïtien à poursuivre le renforcement de la Police nationale d’Haïti (Pnh) et des Forces armées d’Haïti (Fad’H), ainsi qu’à intensifier la lutte contre les gangs criminels et leurs soutiens, notamment par la mobilisation de l’appareil judiciaire.

Elle réitère son appui aux forces de sécurité haïtiennes et son accompagnement au déploiement de la Force de répression des gangs (Frg), dans le cadre de la résolution 2793 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Elle annonce également la poursuite de son aide humanitaire en faveur des plus vulnérables et sa politique d’investissement solidaire en Haïti.

La France appelle les acteurs politiques et la société civile à travailler de concert avec les autorités intérimaires dans l’intérêt de la stabilité, de la sécurité et du retour à l’ordre constitutionnel et démocratique par des élections libres et inclusives.

La ministre canadienne des affaires étrangères, Anita Anand, estime que cette nouvelle transition représente une étape importante vers un renouveau de la gouvernance et de la stabilité en Haïti.

Le gouvernement canadien dit compter sur le Premier ministre Fils-Aimé et son cabinet pour améliorer la situation sécuritaire et organiser des élections générales, afin de rétablir le droit souverain et constitutionnel du peuple haïtien de choisir ses dirigeants.

« À ce moment critique, les intérêts et le bien-être du peuple haïtien doivent demeurer au cœur de tous les efforts », a déclaré Anita Anand, affirmant que le Canada est prêt à continuer d’aider Haïti à rétablir la sécurité, à favoriser un retour à la stabilité démocratique et à veiller à ce que les solutions haïtiennes soient au premier plan.

La République Dominicaine appelle à la cohésion institutionnelle

Le gouvernement dominicain a exhorté les dirigeants politiques haïtiens à préserver la cohésion institutionnelle et à maintenir leur soutien au gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, à compter du 7 février 2026

« À un moment particulièrement délicat, la communauté internationale engagée dans les efforts de stabilisation exige des signes clairs de consensus et de responsabilité de la part des dirigeants haïtiens », souligne-t-il.

Le gouvernement dominicain salue les progrès initiaux, enregistrés en matière de sécurité grâce à la force spéciale créée par le premier ministre Fils-Aimé. Toute mesure, visant à rétablir l’autorité de l’État haïtien, est jugée essentielle au succès des efforts en cours.

La République Dominicaine rappelle que, dans les prochains mois, la Frg sera déployée et opérationnelle, aux côtés d’autres composantes de l’effort multilatéral destiné à appuyer la stabilisation d’Haïti, l’organisation d’élections et le renforcement institutionnel. Ce mécanisme vise à mettre fin aux violences des bandes criminelles, qui ont usurpé le contrôle de vastes zones sur le territoire haïtien.

Pour obtenir des résultats tangibles, les autorités dominicaines estiment impératif que le déploiement et l’exploitation de ces mécanismes progressent avec l’urgence et les ressources que la situation exige.

Appel à poursuivre le dialogue politique

Le coordonnateur sortant du Conseil présidentiel de transition (Cpt), Anthony Franck Laurent Saint-Cyr, a appelé le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à poursuivre le dialogue politique, estimant qu’un consensus se dégage autour d’un exécutif bicéphale.

Il a lancé cet appel, lors de la cérémonie marquant la fin du mandat du Cpt, le samedi 7 février 2026, à la Villa d’Accueil, siège des autorités de la transition, à Pétionville, en présence de conseillers présidentiels, membres du gouvernement et représentants du corps diplomatique.

Aux côtés de Laurent Saint-Cyr, quatre autres membres du Cpt sortant, Smith Augustin, Emmanuel Vertilaire, Régine Abraham et Frinel Joseph, ont assisté à la cérémonie, tandis que Louis Gérald Gilles est arrivé en clôture et a salué le chef du gouvernement.

Saint-Cyr a salué ses collègues du Cpt, reconnaissant les désaccords, mais rappelant l’engagement collectif assumé dans un moment critique. Il a dressé un bilan mitigé de la transition, marquée par l’insécurité persistante et les difficultés de gouvernance.

«  Nous n’avons pas tout résolu, mais nous avons lancé le combat », a affirmé le conseiller-président, évoquant la mobilisation de ressources pour la sécurité, le soutien international et la mise en place de la Force de répression des gangs (Frg).

De son côté, le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a annoncé la tenue prochaine d’un Conseil des ministres et d’une adresse à la nation, marquant le début d’une nouvelle phase de travail.

Il a exprimé sa reconnaissance aux membres du Cpt et salué l’esprit de continuité de l’État incarné par Laurent Saint-Cyr.

Une proposition controversée d’une partie du Cpt sortant

À l’issue d’assises tenues du dimanche 1er au mardi 3 février 2026, les initiateurs dont des membres du Cpt ont proposé la mise en place d’un exécutif bicéphale composé d’un Collège présidentiel et d’un Premier ministre, chargé de conduire la transition politique à partir du 7 février 2026.

Le Collège présidentiel compterait trois membres  : un représentant du Conseil présidentiel de transition (Cpt), un de la Cour de cassation et un issu de la société civile.

Selon le document de proposition, ces nouvelles autorités auraient pour mission d’assurer la continuité de l’État, de garantir la sécurité sur l’ensemble du territoire et de créer un climat propice à l’organisation d’élections crédibles.

Rejetée par certains partis et regroupements, cette initiative est intervenue à quelques jours du 7 février, date d’anniversaire de la chute de la dictature des Duvalier en 1986 et de la fin de mandat des membres du Cpt.

L’Oea prône une solution haïtienne

Les signataires d’une déclaration publiée le mercredi 4 février 2026 par le secrétariat général de l’Organisation des États Américains (Oea) jugent essentielle « une solution dirigée et assumée par les Haïtiennes et les Haïtiens ».

Ils ont appelé l’ensemble des parties prenantes à agir « dans l’intérêt de la paix, de la stabilité et pour le bien-être du peuple haïtien ».

Cette déclaration fait suite à une réunion consultative tenue le lundi 2 février 2026, réunissant des ministres de la Communauté des Caraïbes (Caricom), le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (Binuh), ainsi que le Canada et les États-Unis. [emb apr 09/02/2026 10:40]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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