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Trafic d’armes : L’Église épiscopale d’Haïti exige la libération de ses membres

P-au-P, 06 avril 2026 [AlterPresse] --- L’Église épiscopale d’Haïti demande aux autorités judiciaires compétentes de libérer les révérends pères Fritz Désiré et Frantz Cole, les frères Jean-Marie Jean Gilles et Mamion Saint-Germain, ainsi que toutes les autres personnes détenues injustement dans le cadre du dossier relatif au transport d’armes, de munitions et de fausse monnaie, importées au nom de l’institution, dans une note dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

« La vérité doit triompher. La justice doit être rendue. Les innocents doivent être libérés », insiste l’Église épiscopale catholique anglicane, rappelant que ni l’institution, ni les prêtres, ni les laïcs ne sont impliqués dans cette affaire.

Ordonnance initiale en faveur des accusés

Une ordonnance, rendue le 29 septembre 2023 par le cabinet d’instruction, avait renvoyé hors des liens de l’inculpation les révérends Fritz Désiré, Frantz Cole, Jean Madoché Vil, ainsi que les laïcs Jean-Marie Jean Gilles et Mamion Saint-Germain.

L’Église épiscopale catholique anglicane d’Haïti s’appuie sur cette décision pour réaffirmer l’innocence de ses membres.

En première instance, la justice avait établi que l’institution et les personnes incarcérées étaient victimes d’un réseau mafieux, identifié par l’enquête policière et l’instruction judiciaire, insiste-t-elle.

Contestation du parquet près le tribunal civil de Port-au-Prince et appel jugé illégal

Insatisfait de cette ordonnance, le commissaire du gouvernement près le tribunal civil de Port-au-Prince a interjeté appel, une décision que l’Église épiscopale catholique anglicane d’Haït qualifie d’irrégulière et d’illégale.

Elle critique également l’arrêt de la Cour d’appel, qui a rejeté l’ordonnance initiale, ordonné un supplément d’information et désigné un juge pour poursuivre l’instruction.

Au moins une dizaine de personnes ont été renvoyées devant le tribunal criminel sans assistance de jury, selon le document.

Elles sont accusées de trafic illégal d’armes et de munitions, blanchiment d’argent, financement du terrorisme, contrefaçon de monnaie, fraude et évasion fiscales, contrebande et association de malfaiteurs.

Le 14 juillet 2022, deux conteneurs destinés à l’Église épiscopale catholique anglicane d’Haït, contenant une vingtaine d’armes de guerre, des caisses de munitions et de faux billets en dollars américains, avaient été interceptés à la douane de Port-au-Prince.

La Police nationale d’Haïti (Pnh) avait lancé des avis de recherche contre Vundla Sikhumbuzo et la courtière Gina Jean-Louis Rolls, arrêtée, le vendredi 15 juillet 2022, pour son implication présumée dans ce dossier de trafic d’armes.

Recherché, depuis 2019, pour trafic illicite d’armes impliquant l’Église épiscopale catholique anglicane d’Haïti, tentative d’assassinat de son épouse et association de malfaiteurs, le ressortissant zimbabwéen Vundla Sikhumbuzo a finalement été arrêté, le jeudi 26 mars 2026, à Pétionville, par la Pnh, en exécution d’un mandat délivré par le juge instructeur Noé Pierre-Louis Massillon.

L’Église épiscopale catholique anglicane d’Haïti se dit victime

« La relation que les prêtres et les laïcs entretenaient avec une personne impliquée dans cette affaire - laquelle avait auparavant collaboré avec l’Église épiscopale catholique anglicane d’Haïti et vendu ses services à certains partenaires étrangers soutenant des institutions diocésaines- ne sauraient imputer une quelconque responsabilité pénale aux dirigeants de l’institution ».

LÉglise épiscopale catholique anglicane d’Haïti, ses prêtres et ses laïcs sont les principales victimes d’un réseau mafieux.

Elle décline toutes implications dans les faits reprochés, soulignant combien les documents, utilisés par les individus malveillants, sont frauduleux, sans authenticité ni validité légale, et combien ils ne peuvent être rattachés à aucune autorité ecclésiastique reconnue.

Les enquêtes judiciaires n’ont révélé aucun élément probant, démontrant qu’un prêtre de l’Église épiscopale catholique anglicane d’Haïti aurait détenu des richesses d’origine illicite, poursuit-elle.

De plus, la signature, attribuée au révérend Père Jean Madoché Vil, s’est avérée falsifiée, selon les conclusions de la police scientifique, se défend-elle. [emb rc apr 06/04/2026 14:40]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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