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Sous-traitance : La Cnoha menace d’intensifier la mobilisation ouvrière en Haïti

P-au-P, 16 avril 2026 [AlterPresse] --- La Centrale nationale des ouvrières et ouvriers haïtiens (Cnoha) annonce une possible intensification du mouvement de protestations ouvrières à l’échelle nationale si les revendications des travailleuses et travailleurs ne sont pas prises en compte.

Mobilisé.es depuis plusieurs mois, les ouvrières et ouvriers réclament une augmentation substantielle du salaire minimum à 3,000.00 gourdes (US $ 1.00 = 135.00 gourdes ; 1 euro = 155.00 gourdes ; 1 dollar canadien = 96.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 2.40 gourdes aujourd’hui), ainsi que de meilleures conditions de travail, souligne le coordonnateur général de la Cnoha, Dominique St-Éloi, lors de son intervention à l’émission FwoteLide diffusée sur AlterRadio 106.1. f.m , suivie par l’agence en ligne AlterPresse.

Si ces revendications sont rapidement satisfaites par le gouvernement, la situation pourrait se stabiliser, affirme-t-il.

La Cnoha rappelle avoir organisé, depuis 2025, plusieurs journées de mobilisation et des sit-in devant le bureau du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

À l’époque, les syndicats exigeaient notamment un salaire minimum de 2,500.00 gourdes, la subvention des transports et du logement, un appui scolaire pour les enfants des ouvrières et ouvriers, ainsi qu’une couverture médicale renforcée.

Jusqu’à présent, aucun suivi n’a été effectué sur le rapport remis au gouvernement en avril 2025, concernant un ajustement salarial en faveur des ouvrières et ouvriers, regrette l’organisation.

Face à ce silence, plusieurs actions de protestation ont eu lieu, notamment en octobre 2025, puis les 2 et 3 février 2026, sans réaction des autorités.

Cette absence de dialogue aggrave une situation déjà critique, estime la Cnoha qui demande de garantir un minimum de dignité aux travailleuses et travailleurs et à leurs familles.

Par ailleurs, Dominique St-Éloi dénonce la hausse des prix du carburant, qui alourdit considérablement le coût de la vie.

Il reproche au gouvernement d’avoir refusé de réduire les prix à la pompe, lorsque ceux-ci étaient bas sur le marché international entre 2022 et 2025, laissant aujourd’hui la population en subir les conséquences.

Actuellement, une ouvrière ou un ouvrier du secteur industriel perçoit en moyenne 685.00 gourdes par jour, alors qu’un gallon de carburant peut coûter entre 725.00 et 950.00 gourdes selon les départements géographiques.

Les agentes et agents de sécurité gagnent environ 615.00 gourdes, tandis que les employé.es de maisons touchent parfois à peine 350.00 gourdes par jour.

Dans ce contexte d’inflation élevée, la Cnoha et ses organisations affiliées annoncent une nouvelle phase de mobilisation nationale.

Le lundi 13 avril 2026, les ouvrières et ouvriers sont descendu.e.s massivement dans les rues de Port-au-Prince, de Caracol et de Ouanaminthe (Nord-Est) pour réclamer un salaire minimum de 3,000.00 gourdes, accompagné de mesures sociales concrètes, une baisse des prix du carburant et des réformes au sein de l’Office national d’assurance-vieillesse (Ona) et de l’Office d’assurance accidents du travail, maladie et maternité (Ofatma). [mff emb rc apr 16/04/2026 15:00]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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