P-au-P., 8 juillet 2026 [AlterPresse] --- Une délégation de haut niveau de la Communauté des Caraïbes (Caricom) est attendue en Haïti à la fin du mois de juillet 2026 afin d’évaluer les progrès réalisés en matière de sécurité et l’état des préparatifs des prochaines élections, a annoncé le premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé.
L’annonce a été faite ce mercredi, à son retour de la 51e Réunion ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Caricom, tenue du 5 au 8 juillet à Gros Islet, à Sainte-Lucie, constate AlterPresse.
Selon le chef du gouvernement, les discussions avec les dirigeants de la région ont porté sur le renforcement de la sécurité, la situation migratoire des ressortissants haïtiens, notamment après la fin du statut de protection temporaire (TPS) aux États-Unis, ainsi que sur l’accompagnement du processus électoral.
Il a également évoqué le renouvellement du mandat de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas), dirigée par le Kenya, le déploiement complet de ses effectifs, de nouvelles perspectives de coopération avec la Roumanie et la Corée du Sud, ainsi qu’un don de 500 tonnes de riz promis par le Guyana.
Sécurité, élections et fortes attentes autour de la mission de la Caricom
La visite de la Caricom est annoncée dans un contexte de dégradation persistante de la situation sécuritaire et de fortes tensions politiques autour de la transition et du processus électoral.
Malgré le déploiement de la Mmas depuis juin 2024 et la création, en 2026, d’une Force de répression des gangs, les groupes armés continuent d’étendre leur influence dans plusieurs zones de la région métropolitaine de Port-au-Prince.
De nouvelles attaques ont encore été signalées cette semaine à Kenscoff, où la coalition criminelle « Viv Ansanm » poursuit ses offensives.
Sur le plan politique, plusieurs partis réunis au sein du Consensus politique pour le redressement national et la réorientation de la transition contestent la légitimité d’Alix Didier Fils-Aimé, estimant que le mandat de la transition est arrivé à expiration le 7 juin 2026.
D’autres organisations, dont Lòd Demokratik et le Collectif des avocats pour la défense des droits humains (Caddho), demandent à la Caricom de favoriser un cadre de concertation réunissant les principales forces politiques, sociales, économiques et citoyennes afin de parvenir à une transition consensuelle.
Parallèlement, le gouvernement et le Conseil électoral provisoire (CEP) ont arrêté un budget prévisionnel de 120 millions de dollars américains pour les prochaines opérations électorales.
L’exécutif affirme également avoir convenu avec le CEP et des représentants de partis politiques de modifications au décret électoral du 2 juin 2026.
Une démarche contestée par plusieurs formations politiques, qui affirment n’avoir jamais été consultées et continuent de mettre en doute les conditions d’organisation des scrutins annoncés pour la fin de l’année 2026. [apr 08/07/2026 21 :00]
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