P-au-P., 17 juin 2026 [AlterPresse] --- Les policiers sont traités comme les « parents pauvres » des politiques publiques en matière de sécurité, estime le Syndicat national des policiers haïtiens (Synapoha).
À l’occasion du 31ᵉ anniversaire de la création de la Police nationale d’Haïti (Pnh), le vendredi 12 juin 2026, le Synapoha insiste sur la nécessité d’améliorer leurs conditions de travail et leur rémunération.
Il appelle à la mise en place d’une police mieux équipée, mieux financée et dotée de ressources humaines suffisantes pour lutter efficacement contre les groupes armés qui terrorisent la population haïtienne.
Dans un message audio transmis à AlterPresse, le porte-parole du Synapoha Mathieuny Sidel plaide pour un renforcement global de la Pnh afin qu’elle puisse accomplir pleinement sa mission : protéger la population et restaurer la sécurité sur l’ensemble du territoire.
Dressant un constat alarmant sur l’évolution de l’institution policière, le syndicat déplore l’absence de mesures de renforcement, qui empêche la Pnh de remplir efficacement sa mission première : assurer la sécurité et prévenir la criminalité.
Selon lui, les progrès réalisés demeurent insuffisants face aux défis sécuritaires auxquels le pays est confronté.
Le porte-parole souligne notamment une grave pénurie d’effectifs.
Il reproche aux autorités successives ainsi qu’au Conseil supérieur de la police nationale (Cspn) de n’avoir jamais adopté les mesures nécessaires pour accroître durablement le nombre de policiers.
Cette insuffisance oblige aujourd’hui les autorités à recourir à des solutions de circonstance pour tenter de renforcer les capacités opérationnelles de la Pnh, regrette-t-il.
Pour l’organisation syndicale, l’aggravation de la crise actuelle résulte d’un manque de planification et de décisions qui auraient dû être prises depuis plusieurs années.
Ces négligences ont fragilisé les efforts visant à garantir la sécurité publique, laissant la population en première ligne face à l’insécurité.
Le Synapoha qualifie ainsi de « maigre » le bilan de la Pnh à l’occasion de ses 31 ans.
De nombreux citoyens ne peuvent toujours pas circuler librement d’une zone à une autre en raison de la violence persistante, constate le syndicat.
Assassinat de 35 policiers nationaux depuis juin 2025
De juin 2025 à juin 2026, 35 agents de la Pnh ont été assassinés, selon un rapport du Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) publié le 12 juin 2026.
Parmi eux, 21 ont péri dans des affrontements avec des bandits armés, tandis que trois autres ont été enlevés et demeurent portés disparus.
En 2025, 45 policiers ont été tués entre janvier et décembre.
Depuis janvier 2026, les violences des gangs ont causé plus de 2, 300 morts, 1, 100 blessés et près de 100 enlèvements, selon les Nations unies. [mff emb apr 17/06/2026 12 :45]
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