Ecovert-Haïti souligne la dégradation des bassins versants, due aux pratiques agricoles non régulées, aux constructions anarchiques et au manque de systèmes d’assainissement adéquats, favorisant l’infiltration de matières fécales et de résidus chimiques dans les nappes souterraines.
P-au-P, 06 février 2026 [AlterPresse] --- L’organisation Ecovert-Haïti pointe l’échec manifeste du Ministère du commerce et de l’industrie (Mci) dans sa mission de protection des consommatrices et consommateurs, après la publication d’ une étude, réalisée entre août 2025 et janvier 2026, révélant combien 92 % des eaux en sachets dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, sont contaminées par des bactéries.
« Comment expliquer que les deux institutions placées sous sa tutelle, la Direction du contrôle de qualité (Dcq) et le Bureau haïtien de normalisation (Bhn), soient restées inactives pendant plus de vingt ans ? », s’interroge l’organisation, dans une note consultée par l’agence en ligne.
Ecovert-Haïti dénonce l’inaction de l’État face à une crise de l’eau potable, dont la contamination à des taux alarmants menace directement la santé publique et la sécurité nationale.
Elle appelle au renforcement du contrôle technique des entreprises de traitement d’eau et des camions-citernes, par le biais d’inspections régulières et de sanctions en cas de non-conformité.
L’étude, publiée fin janvier 2026 par le Mci, a révélé de graves défaillances dans le respect des normes sanitaires, applicables à l’eau destinée à la consommation humaine dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince.
Selon cette enquête, réalisée entre août 2025 et janvier 2026, 92% des eaux vendues en sachets dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, présentaient une contamination bactérienne.
L’étude a porté sur 109 échantillons d’eau traitée, incluant l’eau vendue en sachets, en bouteilles ainsi que celle commercialisée dans les kiosques.
Les données recueillies révèlent combien 83.5 % des échantillons analysés contenaient des bactéries, principalement des coliformes, alors qu’aucune bactérie ne devrait être détectée dans ce type de produits, conformément aux normes sanitaires en vigueur, déplore le Mci.
Face à ce danger sanitaire et écologique, l’organisation Ecovert-Haïti préconise l’application immédiate des normes adoptées par le Bureau haïtien de normalisation et la mise en œuvre effective des protocoles de régulation, afin de mettre fin à l’inertie administrative.
Elle déplore également l’absence de politiques d’évaluation environnementale et de protection des zones de recharge, qui entraîne une contamination massive des ressources hydriques, des sources jusqu’aux nappes phréatiques.
Ecovert-Haïti souligne la dégradation des bassins versants, due aux pratiques agricoles non régulées, aux constructions anarchiques et au manque de systèmes d’assainissement adéquats, favorisant l’infiltration de matières fécales et de résidus chimiques dans les nappes souterraines.
La crise sanitaire est aggravée par le développement incontrôlé des industries d’eau en sachets et en bidons depuis les années 2000.
« Sans encadrement ni recyclage, ce secteur est devenu le principal responsable de la pollution plastique, qui obstrue nos rues, nos égouts et nos littoraux, augmentant les risques d’inondations et de maladies hydriques », dénonce l’organisation.
Ecovert-Haïti met en lumière l’incapacité chronique de la Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement (Dinepa) à desservir une population de plus de 12 millions d’habitantes et d’habitants.
Selon elle, ce vide institutionnel a laissé le champ libre à un secteur privé informel, dont les technologies sont souvent insuffisantes pour garantir la potabilité de l’eau.
L’organisation plaide pour une politique rigoureuse d’aménagement du territoire national, visant à protéger les zones de recharge et les nappes phréatiques contre la contamination fécale et chimique, et pour une transition vers une gestion restauratrice des écosystèmes aquatiques à l’échelle nationale, incluant les villes de province où la situation est tout aussi alarmante. [mff emb rc apr 06/02/2026 15:40]
Photo : Extrait de l’étude, réalisée entre août 2025 et janvier 2026 par le Ministère du commerce et de l’industrie (Mci)
Suivez-nous – Abonnez-vous
MÉMOIRE D’ALTERPRESSE
Depuis 2001
