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Saison cyclonique 2025 : Haïti face à la double menace des ouragans et des gangs armés

Par Emmanuel Marino Bruno

P-au-P, 03 juin 2025 [AlterPresse] --- La saison cyclonique 2025, s’annonce très active, du 1er juin jusqu’au 30 novembre 2025, dans un contexte de crise sécuritaire sans précédent en Haïti, observe l’agence en ligne AlterPresse.

« La saison cyclonique n’est pas une fatalité », a déclaré le coordonnateur des actions au Conseil présidentiel de transition (Cpt), Fritz Alphonse Jean, lors d’une cérémonie officielle, le vendredi 30 mai 2025, au Centre d’opérations d’urgence national (Coun), de lancement des activités d prévention pour la saison cyclonique 2025.

« Seule une culture du risque ancrée dans la population, associée à une participation citoyenne active, permettra de sauver des vies et de limiter les impacts des catastrophes », avance le Cpt, appelant à une mobilisation nationale responsable et proactive en cette période.

Il plaide également pour une culture du risque et une mobilisation citoyenne, tout en insistant sur la nécessité de renforcer les infrastructures critiques du pays et de promouvoir une gestion transparente des ressources publiques.

De son côté, le titulaire du Ministère de l’intérieur et des collectivités territoriales (Mict), Paul Antoine Bien-Aimé, estime essentielle la solidarité en cas de catastrophe, affirmant combien « la vulnérabilité du territoire nous impose des actions rigoureuses et concertées ».

Le directeur général de la protection civile, Emmanuel Pierre, prévoit la mise en œuvre du plan national d’atténuation des risques hydrométéorologiques, le pré positionnement de matériels d’urgence dans au moins trois entrepôts départementaux, le déploiement du plan de communication pour les saisons pluvieuses et cycloniques, et l’utilisation accrue des outils numériques pour renforcer la diffusion des messages de prévention.

17 cyclones, dont 4 ouragans majeurs, annoncés

Les experts du Centre national des ouragans (National hurricane center / Nhc, centre de prévisions météorologiques localisé sur le site de l’Université internationale de Floride à Miami, en Floride, aux États-Unis d’Amérique) et d’autres agences météorologiques internationales anticipent environ 17 cyclones, durant la saison cyclonique 2025.

7 de ces cyclones pourraient devenir des ouragans et 4 atteindraient le stade d’ouragans majeurs (catégorie 3 ou plus).

Ces données soulignent l’urgence d’une préparation rigoureuse et collective, prévient l’Alliance pour la gestion des risques et la continuité des activités (Agerca), dans une note.

Les premiers noms des cyclones annoncés sont Andrea, Barry, Chantal, Dexter, Erin, Fernand, Gabrielle, Humberto, Imelda, Jerry, Karen, Lorenzo, Melissa, Nestor, Olga, Pablo, Rebekah, Sebastien. Tanya, Van, Wendy.

La saison cyclonique 2025 s’ouvre dans une conjoncture, marquée par un niveau de criminalité généralisée, les déplacements forcés de milliers de personnes et une situation humanitaire préoccupante, relève l’Agerca, qui exprime sa solidarité avec les familles déplacées ou affectées.

Difficultés d’accès aux zones vulnérables pour les secours, surpopulation dans les abris temporaires, accès limité aux ressources de base et aux soins, ralentissement des réponses humanitaires, sont parmi les conséquences dramatiques, que pourraient entrainer, dans ce contexte, l’arrivée d’un cyclone majeur, avertit-elle.

L’Agerca estime crucial pour chaque citoyenne, chaque citoyen, chaque institution, chaque communauté, de prendre des mesures de prévention dès maintenant.

Elle invite la population à s’informer uniquement à travers les canaux officiels, à vérifier avant de partager et à éviter de relayer des rumeurs ou des images non vérifiées.

Pour sa part, la plateforme Groupe d’appui aux rapatriés et refugiés (Garr) préconise une bonne gestion de cette période cyclonique 2025, qui entraîne, généralement, de nombreux déplacements de personnes à travers Haïti.

La plateforme Garr évoque les calamités, que les gangs infligent aujourd’hui à la population, ainsi que le risque d’une augmentation du nombre de personnes déplacées internes.

Les zones sous menace des gangs armés

Les autorités étatiques n’ont annoncé aucune disposition sécuritaire, qui permettrait de rendre possible la mise en œuvre de ces plans d’urgence, en cas de catastrophes naturelles pendant la saison cyclonique 2025.

Comment l’Etat va-t-il s’y prendre pour venir en aide aux communautés affectées, en cas d’éventuels sinistres dans des zones, qui sont sous la terreur des gangs armés ?

Le contrôle des infrastructures clés, notamment des routes et des ports par les gangs terroristes, risque de rendre encore plus difficile l’acheminement de l’aide humanitaire, en cas de catastrophes naturelles.

Depuis 2023, plus d’un million de personnes ont été contraintes de se déplacer en raison des violences des gangs terroristes.

Beaucoup de ces personnes vivent dans les camps dans les conditions insalubres et surpeuplées. Elles deviennent particulièrement vulnérables aux effets des catastrophes naturelles.

De plus, les inondations, susceptibles d’être causées par des ouragans, pourraient exacerber les risques d’attraper des maladies infectieuses dans les camps de personnes déplacées.

Lors d’un point de presse donné le mercredi 28 mai 2025, le porte-parole du secrétaire général des Nations unies, Stéphane Dujarric, a alerté sur la propagation de la maladie du choléra dans les zones urbaines densément peuplées, y compris dans les sites d’accueil de personnes déplacées, où l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et aux soins de santé demeure limité.

28 décès, liés au choléra, ont été dénombrés dans les départements du Plateau central, de l’Artibonite et de l’Ouest, où se trouve la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, entre fin décembre 2024 et le 17 mai 2025, a indiqué Dujarric, citant les chiffres fournis par l’Organisation mondiale de la santé (Oms).

Le choléra demeure une urgence majeure de santé publique, en particulier dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince ainsi que dans la ville du Cap-Haïtien, ont souligné les Nations unies. [emb rc apr 03/06/2025 12:10]

Photo : Compte X du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies en Haïti (Ocha)

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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