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Rivière Massacre : La Pohdh dénonce les mesures de représailles du gouvernement dominicain contre Haïti

P-au-P., 21 septembre 2023 [AlterPresse] --- La Plateforme des organisations haïtiennes des droits humains (Pohdh) dénonce les mesures de représailles, adoptées par le gouvernement dominicain contre la république d’Haïti, dans une note dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

La Pohdh condamne la fermeture unilatérale de la frontière haïtiano-dominicaine, en violation de l’article 13 de la Déclaration universelle des droits humains (Dudh) et de l’article 12 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (Pidcp) garantissant le droit à la libre circulation.

« Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays », stipule l’article 13 de la Déclaration universelle des droits humains.

« Quiconque se trouve légalement sur le territoire d’un État a le droit d’y circuler librement et d’y choisir librement sa résidence », dispose l’article 12 cité par la Pohdh.

La République Dominicaine « semble s’accorder un droit de veto sur tout projet haïtien d’exploitation de cette ressource transfrontalière. Les onze (11) prises d’eau dominicaines sur la rivière sont créées sans consultation ».

La Pohdh déplore le manque de volonté de la République Dominicaine pour faire respecter les documents légaux, traitant de la gestion et de l’utilisation de la rivière Massacre.

Elle fustige la passivité, l’incompétence et l’indifférence du gouvernement de facto en Haïti, qui n’a jamais veillé au respect des principes dans les initiatives de la partie voisine, dans le cadre du dossier relatif à la rivière Massacre.

Par ce comportement, l’État haïtien se fait complice de l’État dominicain au détriment des intérêts du peuple haïtien, reproche-t-elle.

« Ce différend doit être résolu par le dialogue, de manière pacifique et équitable, en tenant compte des intérêts de chaque pays, au regard des conventions, traités et accords régissant la matière », reste persuadée la Pohdh.

« La rivière Massacre constitue un cours d’eau international, conformément à la Convention des Nations unies de 1997, qui établit des principes généraux pour un usage juste et équitable des ressources en eau partagées ».

La Plateforme des organisations haïtiennes des droits humains cite « le traité bilatéral de 1929, entre Haïti et la République Dominicaine, qui constitue un élément fondamental en matière de gestion de cette rivière qu’il convient de respecter ».

cette tension, liée à l’utilisation de la rivière Massacre, « répond à un enjeu majeur de droits humains et de souveraineté alimentaire », car elle permet la réalisation du droit à l’alimentation, la production agricole et le développement économique des deux peuples, estime la Pohdh.

« Le projet d’irrigation à Ouanaminthe, dans le Nord-Est d’Haïti, s’avère important pour diminuer la dépendance alimentaire du pays vis-à-vis de la République Dominicaine », a analysé le porte-parole du Mouvement paysan de papaye (Mpp), Chavannes Jean-Baptiste, dans une interview accordée à la plateforme AlterPresse/AlterRadio.

« Le projet d’irrigation en cours à Ouanaminthe dans le département du Nord-Est est un projet visant à arroser 3 mille hectares de terre dans la vaste plaine de Maribahoux, qui produit du riz, du maïs et d’autres types de produits alimentaires », a expliqué le Mpp.

« La plaine de Maribahoux peut produire tous les produits alimentaires que nous nous procurons en République Dominicaine ».

En signe de protestation contre la poursuite des travaux de construction à Ouanaminthe (Nord-Est d’Haïti) d’un canal sur la rivière Massacre, le président dominicain Luis Rodolfo Abinader Corona avait annoncé la fermeture de toute la frontière haïtienne-dominicaine (terrestre, maritime et aérienne), à compter du vendredi 15 septembre 2023, dès 6:00 am (10:00 gmt).

Dans un communiqué officiel, transmis à AlterPresse, le gouvernement de facto en Haïti avait déclaré prendre acte de la décision de la République Dominicaine de fermer ses frontières avec la République d’Haïti.

« La République d’Haïti peut souverainement décider de l’exploitation de ses ressources naturelles. Elle a, comme la République Dominicaine, avec laquelle elle partage la rivière Massacre, l’entier droit d’y faire des prises, conformément à l’accord de 1929 », selon le communiqué.

Le gouvernement de facto en Haïti avait indiqué qu’il prendra toutes les dispositions que de droit pour protéger les intérêts du peuple haïtien, tout en privilégiant toujours le dialogue.

Le Ministère haïtien de l’agriculture annonce des dispositions

Le Ministère haïtien de l’agriculture, des ressources naturelles et du développement rural (Marndr) annonce des dispositions (non encore précisées) pour accompagner, à travers la direction départementale du Nord-Est, le chantier de construction d’un canal sur la rivière Massacre à Ouanaminthe, sur la frontière avec Dajabón, comme l’a exigé le gouvernement de facto dans sa déclaration en date du 13 septembre 2023.

« Le Marndr décide d’accompagner les travaux de construction du canal, afin de veiller au respect des normes techniques et éviter que ceux-ci aient des impacts sur la vie de la population et les plantations », lit-on dans une note en date du 21 septembre 2023 de ladite institution.

Le Ministère de l’agriculture déclare rester disponible pour discuter, avec tous les concernés, de la construction du canal pour une meilleure planification des chantiers. [je emb rc apr 21/09/2023 16:00]

Crédit photo : Jéthro Claudel Pierre Jeanty

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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