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Québec-Haïti : La nécessité de la solidarité dans la lutte des travailleuses et travailleurs

Par le Regroupement des Haïtiens de Montréal contre l’Occupation d’Haïti (Rehmonco)

Transmis à AlterPresse le 24 novembre 2025

Nous dénonçons et condamnons les attaques systématiques du gouvernement du Québec contre les droits syndicaux. En effet, avec l’adoption d’une panoplie de lois, ce gouvernement s’inscrit dans une logique systématique de précarisation des conditions de travail des travailleuses et travailleurs, en réduisant toutes capacités de lutte et de négociation du secteur syndical. À titre d’exemple, le projet de loi 1 menace de démanteler la Charte des droits et libertés.

Ce faisant, l’adoption de ce projet de loi amènerait à la destruction des outils juridiques protégeant tant soi peu les libertés. C’est le cas également du projet de loi 8 (devenu maintenant le PL3), qui remet en cause les moyens de pression dont disposent les syndicats des travailleuses et travailleurs pour exiger de meilleures conditions de travail. En adoptant un tel projet de loi, le gouvernement cherche à précariser les conditions de vie des travailleuses et travailleurs au profit du patronat.

Face à de telles attaques contre les travailleuses et travailleurs, il est essentiel de soutenir la grande manifestation du mouvement syndical le 29 novembre 2025. Nous encourageons toutes les travailleuses, tous les travailleurs, toutes les personnes conscientes de l’importance des droits et des acquis sociaux à manifester massivement contre la régression des droits des travailleuses et des travailleurs au Québec.

Et comme toute attaque contre les travailleuses et travailleurs, dans n’importe quelle partie du globe, est une attaque contre toutes les travailleuses et tous les travailleurs dans le monde entier, nous tenons, du même coup, à dénoncer et condamner la forte précarisation des conditions de travail en Haïti.

Comme les anciens gouvernements du régime néoduvalieriste Tèt Kale (Phtk), le gouvernement de coalition d’Alix Fils-Aimé profite du climat d’insécurité à grande échelle pour maintenir les travailleuses et travailleurs dans des conditions de travail infrahumaines. C’est le cas, par exemple, des travailleuses et travailleurs du secteur industriel, où le gouvernement a bloqué, de façon unilatérale, l’ajustement du salaire minimum, alors que l’inflation varie autour de 30 à 40% au rythme annuel depuis environ 3 ans.

En outre, les travailleuses et travailleurs du secteur de la santé sont également fortement éprouvé.e.s par la ganstérisation de la société. De surcroit, l’État haïtien en profite, depuis plusieurs années, pour les maintenir dans des conditions de vie et de travail exécrables. C’est pourquoi il est urgent d’appuyer également la mobilisation des résidentes et résidents de l’hôpital Isaïe Jeanty à Chancerelles pour exiger de meilleures de travail

Les enseignantes et enseignants de la fonction publique, tant des écoles que de l’Université, n’ont pas eu également d’ajustements salariaix depuis plusieurs années. Ce processus de précarisation affecte également le secteur sanitaire. Comme dans les autres secteurs, les travailleuses et travailleurs de la santé sont contraint.e.s de survivre avec des salaires de misère, alors qu’elles et qu’ils doivent faire face à une inflation galopante au quotidien.

Pour toutes ces raisons, nous soutenons la grève des enseignantes et enseignants de l’Université d’État d’Haïti (Ueh)- Campus Limonade. Nous dénonçons le rectorat de l’Ueh, qui se lance dans une politique de faux-semblant consistant à prendre des mesures cosmétiques, à travers une vaste campagne médiatique. Alors que l’institution universitaire se meurt sous les effets conjugués de la crise socio-politique du pays et de la crise de gouvernance de l’Ueh, le nouveau recteur, Dieuseul Prédélus, est en train de poser des actions, qui n’ont pas de prise sur la situation de dégradation de l’institution. Comme d’habitude, la grève des enseignantes et enseignants témoigne de la grande myopie du rectorat de l’Ueh.

Soulignons que toutes les entités facultaires de l’Ueh, se trouvant dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, sont vandalisées. Comme son prédécesseur, Fritz-Deshommes, le nouveau recteur de l’Ueh, Dieuseul Prédélus, « oublie » de demander au pouvoir exécutif de rétablir la sécurité dans le pays. Il s’en fiche de la violence qui s’abat sur les les travailleuses et travailleurs, les étudiantes et étudiants de l’institution universitaire. A l’échelle du pays, cette insouciance met en lumière l’absence de l’Ueh dans la lutte du peuple haïtien pour exiger ne serait-ce que le rétablissement de la sécurité dans le pays.

Les droits et les acquis sociaux des travailleuses et travailleurs doivent être défendus aussi bien au Québec, en Haïti, que dans n’importe quel autre pays.

Le programme néolibéral, pris en charge en grande partie actuellement par les gouvernements d’extrême-droite, devient de plus en plus hégémonique au niveau mondial.

À nous aussi, travailleuses et travailleurs de tous les secteurs de mondialiser la lutte. La solidarité est donc de mise.

Voilà pourquoi, du Québec à Haïti, fidèle à ses convictions, le Rehmonco soutient fermement la lutte des travailleuses et travailleurs pour exiger de meilleures conditions de travail et défendre leurs droits et acquis sociaux.

Pour authentification,

Renel Exentus, Frank W. Joseph

Montréal, le 24 novembre 2025

Contact : rehmoncohaiti1915@gmail.com

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