Washington, 22 mai 2025 [AlterPresse] --- Haïti est confrontée à la plus grave situation sécuritaire de son histoire, souligne le titulaire du Ministère de la justice et de la sécurité publique (Mjsp), Patrick Pellissier, lors d’un symposium de haut niveau, tenu ce jeudi 22 mai 2025 à Washington (Etats-Unis d’Amérique), autour de la crise aiguë qui secoue le pays, suivi par l’agence en ligne AlterPresse.
Avec des chiffres à l’appui, le titulaire du Mjsp décrit un tableau extrêmement sombre de la situation actuelle en Haïti.
« Plus de 60 gangs armés, dont plusieurs coalitions criminelles, ont été créés. En 2024, les gangs ont constitué une seule et grande fédération appelée Viv Ansanm. Et chaque jour, ils occupent plus de territoires. Ils sont présents notamment dans les départements du Plateau central, de l’Artibonite et de l’Ouest, où ils occupent plus de 80% des territoires dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, relève-t-il.
Les gangs tderroristes armés sont devenus autonomes. Ils entretiennent des relations avec d’autres réseaux criminels à l’extérieur d’Haït.
Les activités criminelles des gangs armés comprennent les trafics d’armes et de munitions, de stupéfiants et d’organes humains, énumère Patrick Pellissier.
De plus, les gangs armés kidnappent, assassinent, violent et rançonnent régulièrement beaucoup de personnes, tout en incendiant de nombreuses maisons et infrastructures publiques et privées.
Depuis le 1er janvier 2025, 947 personnes ont été tuées au sein de la population, rapporte le ministre de la justice, qui assimile ce nombre élevé d’homicides à celui d’un bilan de guerre.
18 policiers nationaux et 8 membres des Forces armées d’Haïti (Fad’h) ont été tués, tandis que 231 personnes ont été blessées.
Nécessité d’un leadership clair en Haïti
Haïti est face à un défi qui dépasse les difficultés habituelles, estime le secrétaire général sortant de l’Organisation des États américains (Oea), l’Uruguayen Luis Almagro.
Almagro évoque l’expansion des violences des gangs armés, l’effondrement des institutions publiques dans des domaines cruciaux, le non renouvellement des institutions démocratiques, l’aggravation de l’urgence humanitaire et le déplacement massif de milliers de citoyennes et citoyens haïtiens en raison de la cfriminalité.
Aucune solution ne sera durable s’il n’y a pas de leadership clair en Haïti, des attitudes démocratiques légitimes et un engagement international constant, reste-t-il convaincu.
« Il faut également qu’il y ait des mesures claires, qui soient décidées. Nous avons besoin de l’appui de tous les pays de la région des Amériques pour pouvoir ressortir de cette situation d’insécurité dans le pays ».
Tout en se disant prête à continuer de jouer son rôle face à la crise multidimensionnelle sans précédent en Haïti, l’Oea estime nécessaire une coopération efficace réelle, de nouvelles ressources financières, de nouvelles ressources humaines et matérielles. [emb rc apr 22/05/2025 13:15]
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