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Migration/RD : Plusieurs femmes et enfants expulsé-e-s abandonné-e-s à leur sort en Haïti

Par Charilien Jeanvil

Cap-Haitien, 20 mai 2025 [AlterPresse] --- Le Conseil exécutif intérimaire de la municipalité du Cap-Haitien (Nord) alerte sur la situation de plusieurs personnes, pour la plupart des femmes et des enfants vulnérables, victimes récemment de la politique migratoire agressive de la République Dominicaine voisine.

Le Conseil exécutif intérimaire au Cap-Haitien ne dispose pas d’infrastructures adéquates pour recevoir et prendre soin de ces personnes, déportées et en situation de grande vulnérabilité, explique l’agente exécutive intérimaire Yvrose Pierre, qui participait à l’émission FwoteLide sur AlterRadio 106.1 fm, suivie par AlterPresse.

L’afflux quotidien des migrantes et migrants préoccupe le Conseil exécutif intérimaire au Cap-Haitien, qui interpelle l’État haïtien, dont le Ministère à la condition féminine et aux droits des femmes (Mcfdf) ainsi que le Ministère des affaires sociales et du travail (Mast), pour « des réponse urgentes et appropriées à cette crise humanitaire ».

Actuellement, la mairie du Cap-Haitien héberge, dans un espace de bureau restreint, plusieurs personnes expulsées de la République Dominicaine, qui sont incapables de regagner leurs villes d’origine.

L’administration communale au Cap-Haitien n’dest pas en mesure d’accueillir davantage de personnes. Elle ne dispose pas de moyens pour nourrir ces personnes, regrette Yvrose Pierre, qui officie comme mairesse intérimaire de la ville du Cap.

« Ces gens dont des mères de famille et des enfants sont livrés à eux-mêmes et sont exposés à toutes sortes de violence », a souligné la première citoyenne du Cap-Haitien.

Une migrante violée à répétition raconte ses déboires en République Dominicaine

Une migrante haitienne a été violée à plusieurs reprises en République Dominicaine, rapporte, écoeurée, l’agente exécutive intérimaire du Cap-Haitien

Elle s’inquiète de la gravité de la situation et du danger, qu’encourent adolescentes et mères de famille en République Dominicaine.

Le Conseil exécutif intérimaire de la municipalité du Cap-Haitien plaide pour une prise en charge de ces Haïtiennes et Haïtiens, qui « méritent d’être traitées avec dignité ».

L’Office national de la migration (Onm) est aussi impuissant face à cette situation, se désole Yvrose Pierre, qui questionne l’efficacité des représentations départementales du Mcfdf et du Mast dans le Nord.

L’administration communale du Cap-Haitien déclare être ouverte à tout organisme, toute institution, toute citoyenne ou tout citoyen, qui voudraient aider ces compatriotes en situation de vulnérabilité.

La République Dominicaine a durci le ton dans le cadre de sa politique d’expulsions massives de personnes d’ascendance haïtienne.

Même les bébés ne sont pas épargnés.

Un nourrisson a été expulsé, sans sa mère, sur la frontière de Ouanaminthe, cette semaine, a déploré la plateforme Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr), se basant sur le témoignage d’une organisation locale.

Cette situation attise la colère et suscite de l’indignation générale.

Le Collectif HaitianosRD a dénoncé l’expulsion illégale de la République Dominicaine vers Haïti, le jeudi 8 mai 2025, de Manitha Jean-Louis, une mère haïtienne allaitante en situation de santé délicate et de son bébé dominicain.

« Le gouvernement dominicain doit permettre le retour de Manitha Jean-Louis dans sa communauté de Monte Plata et lui garantir des soins médicaux ainsi qu’à son bébé Milagros, jusqu’à son rétablissement complet », réclame le Collectif HaitianosRD, qui exige une « indemnisation pour sa détention et son expulsion illégales ».

« La détention ne doit jamais être utilisée dans le cas de mineures et mineurs, de femmes enceintes ou allaitantes, de personnes âgées, de demandeuses et de demandeurs d’asile », stipule le règlement sur la loi sur les migrations en Dominicaine, dans son article 134, fait remarquer le Collectif HaitianosRD.

Il invite les organisations féministes, les avocates et les avocats engagé-e-s à se pencher sur les cas d’expulsions des Haïtiennes et Haïtiens en République Dominicaine et les attaques contre les femmes haïtiennes et les Dominicaines d’origine haïtienne.

Nouvelles dénonciations de la plateforme Garr

Katia Bonté, la coordonnatrice de la plateforme Garr, qui participait au forum FwoteLide, condamne cette politique migratoire « raciste et discriminatoire », visant particulièrement les migrantes haïtiennes et migrants haïtiens en République Dominicaine.

L’on assiste à la répétition d’une série de pratiques, dépourvues d’humanité, en République dominicaine contre les les migrantes Haïtiennes et migrants Haïtiens. Même les femmes enceintes, les enfants et les personnes à mobilité réduite ne sont pas épargnés.

« Des agents de l’immigration dominicaine effectuent des patrouilles constantes, à proximité des hôpitaux, pour traquer toute patiente ou tout patient d’origine haïtienne », déplore Katia Bonté.

La coordonnatrice de la plateforme Garr dénonce les 15 mesures, instaurées en avril 2025 par le président Luis Abinader, notamment celles sanctionnant des propriétaires louant leurs biens à des personnes en situation irrégulière et celles contraignant les personnels des hôpitaux à exiger une pièce d’identité, une lettre de travail et une preuve de domicile pour fournir des services, avec un tarif convenu pour chaque prestation à une migrante ou un migrant.

Pire, les travailleuses et travailleurs haïtiens sont exploités sur le marché du travail dominicain.

La défenseure des droits humains exhorte l’État à divorcer d’avec son attitude révulsive et de créer les conditions pour que ldess compatriotes cessent de s’exporter ailleurs en quête d’un mieux-être.

La plateforme Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés a enregistré plus de 23 mille migrantes et migrants haïtiens, expulsés au mois d’avril 2025 dans les différents points frontaliers du pays, dans le cadre de la politique migratoire restrictive et répulsive du gouvernement dominicain, visant spécifiquement les personnes de nationalité haïtienne.

1,758 mineurs, dont 30 non accompagnés de leurs parents, font partie des personnes expulsées de la République Dominicaine.

La République Dominicaine a expulsé 86,406 migrantes et migrants sans papiers au premier trimestre de 2025, a indiqué à l’Agence France Presse, la Direction générale de migration (Dgm) dominicaine, depuis l’annonce, en octobre 2024, du président Luis Abinader d’un programme visant à rapatrier 10,000 Haïtiennes et Haïtiens par semaine.

Ces déportations sont effectuées en violation des droits humains et de toutes les conventions en la matière, s’insurge la plateforme Garr.

Les sources officielles font état d’environ 500,000 immigrés haïtiens vivant en République Dominicaine. [cj emb apr 13 :15 20/09/2025]

Photo : Site de l’Organisation internationale pour les migrations (Oim)

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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