Par Emmanuel Marino Bruno
Belladère (Haïti), 30 avril 2025 --- L’Organisation internationale pour les migrations (Oim) alerte sur une forte augmentation des expulsions par voie terrestre en République Dominicaine, au cours du mois d’avril 2025, dans une note dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
L’Oim informe avoir dénombré, pour ce mois d’avril 2025, environ 20,000 migrantes et migrants haïtiens (enfants, femmes et hommes) vulnérables, renvoyés en Haïti.
Depuis janvier 2025, c’est le chiffre mensuel le plus élevé d’expulsions de migrantes et migrants enregistré, relève l’Oim.
La directrice générale de l’Oim, l’Américaine Amy Pope (première femme élue, en mai 2023, à la tête de l’Oim), note une aggravation constante de la situation déjà fragile en Haïti, à cause des expulsions, de la terreur et d’autres violences des gangs armés.
Elle appelle à beaucoup plus d’efforts, dans ce contexte où le nombre de personnes migrantes extrêmement vulnérables, notamment les femmes, les enfants et les nouveau-nés, qui sont expulsées de force de la République Dominicaine, continue d’augmenter considérablement.
Plus de 51,000 personnes ont été contraintes de se déplacer en raison des violences des gangs, qui ont éclaté fin mars 2025 à Mirebalais et Saut d’Eau, souligne l’Oim.
« La plupart ont trouvé refuge chez des familles d’accueil, tandis que plus de 12,500 personnes se sont abritées dans 95 nouveaux sites de déplacement spontanés, avec un accès limité aux services de base. À Belladère uniquement, plus de 4,000 déplacées ont trouvé refuge ».
Au moins soixante (60) individus, dont des bandits armés et des évadés de prison, ont été tués au centre-ville de Mirebalais, entre le lundi 31 mars et le mercredi 2 avril 2025, a dénombré le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh).
Plus de 500 détenu/e.s se sont évadé-e-s de la prison civile de Mirebalais, la faveur des assauts des gangs armés le lundi 31 mars 2025.
Depuis l’intronisation du Conseil présidentiel de transition (Cpt), le jeudi 25 avril 2024 en Haïti, le Rnddh a dénoncé 13 épisodes de violences de gangs.
La commune de Belladère (Plateau central) est isolée du reste du pays, avec l’emprise criminelle des gangs sur Mirebalais, empêchant l’accès sécurisé aux travailleuses et travailleurs humanitaires, aux fournitures médicales et à l’aide humanitaire, signale l’Organisation internationale pour les migrations.
« Cet isolement aggrave déjà des conditions désespérées pour les personnes expulsées et les communautés déplacées, qui ne peuvent pas retourner dans leurs localités d’origine. Les biens essentiels, comme la nourriture, l’eau et les médicaments, deviennent rares ».
Le chef de mission de l’Oim en Haïti, le Français Grégoire Goodstein, considère comme complexe cette crise « qui dépasse la capitale, avec les expulsions transfrontalières et les déplacements internes, qui convergent dans des endroits, comme Belladère ».
« Fournir une aide devient de plus en plus difficile, car les actrices et acteurs humanitaires se retrouvent piégé-e-s, aux côtés des personnes qu’elles et qu’ils tentent de soutenir ».
L’Oim intensifie son intervention humanitaire à Belladère et Ouanaminthe
Face à la crise, l’Oim déclare intensifier en urgence son intervention humanitaire dans les villes frontalières de Belladère et Ouanaminthe (Nord-Est), en collaboration avec l’Office national de la migration (Onm) et d’autres agences gouvernementales.
Depuis le mardi 22 avril 2025, en moyenne 15 femmes enceintes et 15 mères allaitantes ont reçu quotidiennement une aide.
Depuis cette date, une assistance a été offerte à 3,500 Haïtiennes et Haïtiens, expulsé-e-s à un moment d’urgence humanitaire dans le département du Plateau central.
En coordination avec la Direction générale de la protection civile (Dgpc), l’Oim affirme répondre à cette crise, en élargissant son aide vitale par la fourniture, notamment, de l’eau potable et des kits d’hygiène adaptés aux besoins des femmes et des enfants.
« Des soins de premiers secours, des orientations médicales et un soutien psychosocial sont également mis à disposition pour les plus vulnérables. Des solutions d’hébergement temporaire ont été mises en place, comme l’accueil en hôtel pour les mères allaitantes ».
En collaboration avec l’Onm et le ministère de la santé publique, l’Oim affirme offrir un soutien médical immédiat et garantir la vaccination des nouveau-nés et des mères. [emb rc apr 30/04/2025 10:40]
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