Delmas (Haïti), 06 mars 2025 [AlterPresse]--- Le Conseil exécutif intérimaire de la commune de Delmas (au nord-est de Port-au-Prince) préconise une cohésion institutionnelle, plus particulièrement au sein du de l’équipe actuelle de transition, pour contrecarrer la criminalité en Haïti, l
« L’heure est grave. Sans cohésion et sans union, Haïti continuera de s’effondrer »,
prévient le principal agent exécutif intérimaire de la commune de Delmas, Wilson Jeudy, lors d’un point de presse, donné le 3 mars 2025 et suivi par l’agence en ligne AlterPresse.
Vu les faiblesses existantes, personne n’est exempt du danger qu’encourt la patrie menacée, souligne Jeudy, invitant chacune et chacun à mettre de côté leur égoïsme et la division pour faire face à la situation actuelle.
De nombreuses personnes, déplacées par la terreur et d’autres violences des gangs armés, se sont réfugiées, depuis plusieurs mois, dans la commune de Delmas.
Beaucoup se sont réfugiées dans une école, qui accueillait 700 élèves.
« Delmas est à bout de souffle. Nous sommes plus que jamais menacés. Les gangs armés occupent presque tout le carrefour des routes de Delmas et de l’aéroport international de Port-au-Prince », rappelle Wilson Jeudy.
Pour sa part, le commissaire principal de police de Delmas, David Mathias Jean, a exprimé ses préoccupations face la situation actuelle, qu’il trouve extrêmement difficile.
Il appelle la population à faire front commun avec la Police nationale d’Haïti (Pnh),pour faire face à la criminalité, alimentée par les gangs armés dans le pays.
Impact des déplacements massifs de personnes sur la commune de Delmas
Un nombre indéterminé de personnes, déplacées du centre-ville de la capitale, Port-au-Prince, ont pris refuge à Delmas, pour fuir les violences des gangs armés.
Depuis plusieurs mois, une forte augmentation du commerce informel est observée sur la route de Delmas, entraînant une certaine dégradation de l’environnement local.
Cette situation a des conséquences sur la circulation automobile, qui devient très compliquée avec des embouteillages considérables sur plusieurs artères.
A Delmas, de plus en plus de marchandes et marchands étalent leurs marchandises de toutes sortes sur des étalages ou les accrochent à des murs.
Il y a désormais, dans la commune de Delmas, une grande concentration de personnes déplacées, qui ont perdu leurs maisons, leurs biens et leurs moyens de subsistance, en raison des assauts des gangs armés.
Cette arrivée massive des victimes de la criminalité n’est pas sans conséquences sur les ressources locales, notamment en termes de logements et de services de santé.
De plus, plusieurs camps de personnes déplacées ont été créés dans la promiscuité et des conditions de vie précaires à Delmas. Ce qui risque d’entraîner des problèmes de santé, notamment des maladies infectieuses.
Dans un rapport, le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) a fait état d’ au moins 269 personnes assassinées dans trois massacres orchestrés, entre décembre 2024 et février 2025, par les gangs armés de la coalition criminelle Viv Ansanm, à Wharf Jérémie (au nord de la capitale, Port-au-Prince), à Kenscoff et à Chateaublond, dans la commune de Pétionville (à l’est).
En dépit de leurs cellules de renseignements, les autorités de la transition n’ont rien fait en vue d’empêcher ces assassinats, a fustigé le Rnddh. [emb rc apr 06/03/2025 13:15]
Photo : Capture d’écran
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