Par Colette Lespinasse
Transmis à AlterPresse le 14 septembre 2025
Le vendredi 12 septembre 2025, l’association Solidarité des femmes haïtiennes journalistes (Sofehj) a réalisé, à Pétionville, un atelier de travail sur la masculinité positive.
La thématique est un peu nouvelle dans le milieu. Elle vise particulièrement les hommes, qui évoluent dans les médias, afin de les porter à participer efficacement dans la construction d’une société plus juste, plus égalitaire, plus inclusive et débarrassée des stéréotypes de genre, qui entretiennent les inégalités, les discriminations de genre et les aces de violences sur les filles et les femmes.
Le concept de MASCULINITÉ POSITIVE fait référence à un ensemble d’attitudes et de comportements masculins, qui promeuvent le respect, l’égalité des genres, l’empathie et le bien-être individuel et communautaire.

La masculinité positive est en nette opposition à la masculinité toxique, qui encourage dans les discours, les comportements et les actions, la DOMINATION DE L’HOMME ET LES ACTES DE VIOLENCEs SUR LES FEMMES. Elle implique l’engagement des hommes dans la lutte contre les Violences basées sur le genre (Vbg), le partage des responsabilités familiales et domestiques, l’égalité, l’équité, et le développement de qualités au service de la communauté, ont expliqué plusieurs personnes qui ont pris la parole dans cet atelier.
D’entrée de jeu, pour bien planter le décor, une membre de la Sofehj a osé une légère modification dans le contenu de l’hymne national en chantant « pour le Pays, pour les ancêtres, formons des filles, formons des fils ».

En utilisant ce langage inclusif, l’animatrice a voulu donner un avant-goût de ce que peut promouvoir la masculinité positive et comment les acteurs médiatiques peuvent participer dans cette nouvelle construction.
Objectifs poursuivis par la Sofehj en organisant un atelier de travail sur la masculinité positive
« L’idée de cette formation est liée à l’examen critique, que la Sofehj (créée le 23 août 2008) avait organisé à l’interne à l’occasion de ses 17 ans d’existence. De cette démarche autocritique, il est ressorti que la structure a fait d’énormes avancées sur le plan de sa structuration organisationnelle. Mais, elle n’a pas trop contribué à promouvoir, auprès de ses sympathisants de sexe masculin, le concept de la MASCULINITÉ POSITIVE, qui pourrait aider à déconstruire des stéréotypes de genre et les normes sociales qui enferment généralement les hommes dans des rôles rigides et parfois néfastes », a déclaré Martine Isaac, coordonnatrice de la Sofehj, dans des propos de circonstance.

La Sofehj invite les hommes de la Presse haïtienne à faire front commun avec les actrices de cette communauté, en vue de contribuer à l’émergence d’une nouvelle société hattienne, débarrassée d’un ensemble de mécanismes qui favorisent les inégalités sociales, dont celles fondées sur le sexe et qui, de ce fait, concourent aux acters de violences systématiques et systématisées.
Applaudissant cette initiative de la Sofehj, la titulaire au Ministère à la condition féminine et aux droits des femmes, Pedrika Saint-Jean, en a profité pour dénoncer l’utilisation abusive, faite par certains acteurs médiatiques de leurs espaces, pour détruire la réputation de femmes, qui prennent des risques en s’investissant dans la politique.

Invitant à plus de responsabilité des acteurs médiatiques, le Mcfdf se dit déterminé à poursuivre le combat pour une plus grande participation des femmes haïtiennes à la vie politique de leur pays. Le Mcfdf exprime sa satisacation de l’intégration, dans la proposition controversée d’une nouvelle Constitution, de l’exigence de 50% de présence des femmes dans tous les espaces.
L’agence Onu Femmes Haïti a décidé de mettre les hommes au cœur des efforts de la lutte contre les actes de violences envers les femmes, informe Marie Goretti Mduwayo, représentante d’Onu Femmes en Haïti.
Onu Femmes fait la promotion d’un pacte médiatique pour mobiliser les médias autour des Objectifs de développement durable (Odd), particulièrement autour des Odd 5 sur l’égalité des sexes, qui visent à éliminer toutes les formes de violences envers les femmes et les filles, et les Odd 16 sur la paix, la justice et des institutions solides, qui cherchent à promouvoir des sociétés pacifiques et à assurer l’accès à la justice pour toutes et tous.
Pour les 21 jours de mobilisation de cette année 2025 (du 25 novembre au 10 décembre 2025), dans le cadre de la Journée internationale contre les violences à l’égard des femmes, Onu Femmes compte mettre l’accent sur la violence numérique, qui s’exerce à travers des médias et les violences dans les moments électoraux, au cours desquels sont exacerbés les tensions, rivalités et discours discriminatoires.
Onu Femmes Haïti invite les médias à participer à la consolidation d’une société plus inclusive et à la réduction des violences, en accordant plus d’importance aux voix des femmes et la sécurité des femmes dans leurs actions médiatiques.
L’intervention de la communicatrice sociale et militante des droits humains, Colette Lespinasse, s’est faite sous forme de dialogue avec le public, pour clarifier certains concepts et faire comprendre la nécessité de déconstruire, pour reconstruire une nouvelle société débarrassée des tares héritées de l’éducation donnée aux hommes et aux femmes, qui empêchent souvent l’établissement de relations plus égalitaires entre eux/elles.
Plusieurs travailleuses et travailleurs et de presse, dont des journalistes de télévision, de la radio, de médias en ligne, des caméramen/women présents à l’atelier, ont pris la parole pour expliquer leur compréhension des stéréotypes et identifier plusieurs formes, que ces stéréotypes revêtent dans le travail médiatique quotidien.
« La déconstruction suppose une prise de conscience, un positionnement, sans lesquels le changement souhaité n’arrivera pas », avertit Colette Lespinasse, qui propose une approche de droits humains et l’adoption des valeurs et principes de la Déclaration universelle des droits humains (Dudh), comme l’Égalité, le Respect, la Justice, l’Équité, la Participation, la Non-discrimination, sur lesquels la Sofehj devrait s’appuyer pour promouvoir la masculinité positive.
Joel Lorquet, journaliste senior, qui a bossé durant plus de quarante ans dans plusieurs médias du pays, a mis l’accent sur le rôle transformateur, que peuvent jouer les travailleuses et travailleurs de presse dans la construction d’une nouvelle société plus juste et plus égalitaire.
Il en a profité pour prodiguer un ensemble de conseils aux acteurs médiatiques masculins, en vue d’améliorer positivement leur travail.
Parmi ces conseils, Joel Lorquet leur a demandé d’éviter les violences sexistes à travers leurs langages, les images qu’ils projettent et les a conviés à donner plus de visibilité aux femmes et à déconstruire les fausses croyances envers elles. Il les a aussi exhortés à sélectionner des sujets et à traiter l’information de manière à valoriser des hommes engagés dans des rôles respectueux et égaux, ainsi qu’à créer un environnement rédactionnel inclusif.
« En tant qu’acteurs médiatiques, si vous changez, le public changera aussi sa mentalité envers les femmes. Montrer que les hommes peuvent être différents », a insisté Joel Lorquet.
L’atelier du vendredi 12 septembre 2025 sur la masculinité positive s’est terminé dans une ambiance festive, avec un cocktail d’hommages à l’endroit de deux institutions et d’une personnalité, qui ont supporté la Sofehj tout au cours de ses 17 années d’existence.
Il s’agit de l’Association des journalistes haitiens (Ajh), représentée en la circonstance par le journaliste Romel Pierre, Panos Haiti (absent à l’occasion) et de Marie Raphaëlle Pierre, journaliste à Radio IB, qui a reçu une plaque d’honneur.
L’atelier de travail du vendredi 12 septembre 2025 sur la masculinité positive, qui a réuni des travailleuses et travailleurs de presse de différents médias et genres journalistiques, a bénéficié de la présence de la titulaire au Ministère à la condition féminine et aux droits des femmes, Pedrika Saint-Jean, de celle de représentantes et représentants de plusieurs institutions nationales, comme le Ministère de l’information et de la culture (Mcc) et du Conseil électoral provisoire (Cep), et internationales, dont Onu Femmes, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), du Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa).
Photos : Colette Lespinasse
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