P-au-P., 08 avril 2026 [AlterPresse] --- La Centrale unitaire des travailleuses et travailleurs des secteurs publics et privés d’Haïti (Cutraseph) qualifie de « criminelle » la décision du gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé d’augmenter une nouvelle fois les prix des produits pétroliers.
Dans une prise de position dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse, l’organisation syndicale accuse les autorités de vouloir « couvrir une décision criminelle » au détriment d’une population déjà écrasée par de multiples crises économiques et sociales.
Le gouvernement justifie cette hausse par l’augmentation des prix du pétrole sur le marché mondial, liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
La Cutraseph reconnaît partiellement la validité de cet argument, mais dénonce une manipulation des faits.
Le coordonnateur Josué Mérilien rappelle qu’en 2008, le baril de pétrole atteignait 152 dollars américains, avant de chuter à près de 20 dollars en 2020, en pleine pandémie de Covid-19.
En 2009, avec un baril autour de 80 dollars, le gallon de gazoline se vendait à 196 gourdes en Haïti, contre 123 gourdes pour le kérosène.
Aujourd’hui, malgré une hausse internationale, le baril oscille entre 100 et 102 dollars, soit environ 22 à 23 % de plus qu’en 2009.
Pourtant, sur le marché haïtien, le gallon de gazoline atteint désormais 725 gourdes, soit une hausse de plus de 600 % tandis que le kérosène grimpe à 845 gourdes, soit une augmentation proche de 700 %.
« Rien ne justifie une telle flambée », estime la Cutraseph, qui qualifie la mesure de « crime économique » contre la population.
L’organisation avertit que les conséquences seront immédiates : aggravation du coût de la vie, difficultés accrues pour les enseignants incapables d’assumer les frais de transport, impacts directs sur les élèves et les familles déjà fragilisées.
Appel à la mobilisation nationale
Face à cette situation, la centrale appelle les citoyennes et citoyens des dix départements du pays à se mobiliser pour contraindre le gouvernement à retirer cette décision jugée « injuste et dangereuse. »
Le lundi 6 avril 2026, plusieurs chauffeurs de transports publics ont entamé un mouvement de protestation dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, érigeant des barricades de pneus enflammés et paralysant la circulation, notamment sur l’axe routier de Delmas.
Les protestataires dénoncent la hausse des prix du carburant et accusent le gouvernement de mépriser la situation socio-économique de la population.
Depuis le 1er avril, plusieurs syndicats de transport avaient annoncé leur intention de se mobiliser.
Non associés à la commission de consultation mise en place par le gouvernement le 29 mars, ils exigent le retrait de la décision.
Cette augmentation, recommandée par le conseil consultatif le 31 mars, est entrée en vigueur le 2 avril 2026 sur l’ensemble du territoire national. [mff emb apr 08/04/2026 10 :30]
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