P-au-P., 14 sept. 2026 [AlterPresse] --- Le Groupe des personnalités éminentes (Epg) de la Communauté des Caraïbes (Caricom) exhorte les partenaires internationaux à honorer leurs engagements sécuritaires envers Haïti, à l’issue de sa visite à Port-au-Prince, du 2 au 9 septembre 2026, dans une déclaration consultée par AlterPresse.
Ces engagements ont été pris dans le cadre de la résolution 2793 du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu), adoptée le 30 septembre 2025, visant à remplacer la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) par la Force de répression des gangs (Frg) en Haïti.
« Haïti est à un moment critique », souligne la Caricom, qui encourage la communauté internationale à recentrer ses efforts en appui aux mesures importantes prises par les Haïtiens pour la stabilité et le retour à une gouvernance démocratique.
L’Epg a présenté les points de vue recueillis auprès d’acteurs politiques, de la société civile, du gouvernement et de la Frg.
La Caricom estime que la situation sécuritaire demeure particulièrement préoccupante, marquée par la propagation des violences meurtrières et des enlèvements, ainsi que par les difficultés freinant le déploiement des troupes de la Frg.
Toutes les parties prenantes ont insisté sur l’importance de garantir un environnement sûr pour l’inscription des électeurs, la campagne politique, la liberté de circulation et la protection des citoyens, rapporte-t-elle.
Elles ont aussi réclamé le déploiement rapide de forces et de ressources supplémentaires, ainsi qu’une coordination stratégique entre les contingents étrangers et les forces haïtiennes.
Les premiers contingents de la Frg ont commencé à fouler le sol haïtien dès avril 2026. Cette force devrait être composée de 5 550 soldats et policiers.
Les partis politiques dénoncent lourdeur et lenteur du processus électoral
Lors des discussions avec la Caricom, plusieurs partis politiques ont dénoncé la lourdeur des nouvelles exigences du décret électoral modifié, la lenteur de l’enregistrement et l’absence de contrôle de l’État sur certains territoires.
Certains acteurs ont plaidé pour une meilleure sensibilisation du public et une multiplication des centres d’inscription.
Plusieurs partis ont même évoqué la possibilité d’un report de la date électorale du 13 décembre 2026.
Tous ont exprimé leur souhait d’élections « justes, crédibles, impartiales et inclusives » afin de mettre fin aux arrangements transitoires successifs.
Par ailleurs, l’organisation régionale a toutefois relevé des avancées positives, notamment les préparatifs électoraux après plus de dix ans d’interruption.
La Coalition des forces républicaines (Cfr), lancée officiellement le 4 septembre 2026 et regroupant 44 partis et organisations, a exigé le maintien du Conseil électoral provisoire (Cep) pour finaliser les scrutins.
Dans un message publié ce lundi 14 septembre sur le reseau social X, Me Michel André du Secteur démocratique et populaire (Sdp), membre de la Cfr, a reproché au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de créer sa propre plateforme politique, y voyant un conflit avec les forces politiques du pays.
Il a précédemment affirmé qu’« il n’y aura pas d’élections le 13 décembre », rappelant que la majorité des acteurs consultés par la Caricom privilégient la sécurité et une gouvernance stable avant toute échéance électorale.
Dans des déclarations formulées à l’occasion du séjour du Groupe des personnalités éminentes de la Caricom à Port‑au‑Prince, pour dialoguer avec les autorités, les protagonistes politiques et la communauté internationale, plusieurs partis et organisations ont mis en garde contre un processus électoral entaché d’irrégularités, dans un contexte déjà marqué par les violences de gangs lourdement armés.
Ces structures ont appelé à un processus « transparent » et « inclusif » en vue de la tenue d’élections crédibles, prévues par l’institution électorale pour le 13 décembre 2026.
La visite de l’Epg avait pour objectif d’évaluer la conjoncture politique et d’engager un dialogue sur les préparatifs du premier tour des élections, selon la Caricom.
Lors de son séjour, la délégation, composée des anciens Premiers ministres Kenny Anthony (Sainte-Lucie), Orette Bruce Golding (Jamaïque) et Perry Christie (Bahamas), a rencontré la ministre des Affaires étrangères, Raina Forbin, le 2 septembre 2026.
Les discussions ont porté sur les conditions nécessaires à la tenue d’élections libres, crédibles et sécurisées, alors que le Cep prépare les scrutins présidentiel et législatifs du 13 décembre 2026. [emb apr 14/09/2026 12 :00]
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