Antigua & Barbuda 24 juin 2025 [AlterPresse] --- Le secrétaire général de l’Organisation des États américains (Oea), le Surinamien Albert Ramchand Ramdin (né le 27 février 1958), demande de privilégier un leadership haïtien dans la recherche d’une issue à la crise en Haïti.
Il a tenu ces propos lors de la conférence de presse inaugurale de la 55e session ordinaire de l’Assemblée générale de l’Oea, qui se déroule du 25 au 27 juin 2025 à Saint John’s, à Antigua-et-Barbuda, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
La conduite du processus doit appartenir aux Haïtiennes et Haïtiens, insiste Albert Ramdin, lors de cette conférence de presse.
Le secrétaire général de l’Oea estime également indispensable une approche structurelle.
« Pendant des années, aous avons travaillé à mettre en place une démarche de transformation en profondeur. Les États membres de l’Oea attendent désormais que ces efforts soient consolidés et qu’on évite de retomber dans les mêmes cycles ».
Lors d’un symposium de haut niveau, tenu le jeudi 22 mai 2025 à Washington (Etats-Unis d’Amérique), autour de la crise aiguë qui secoue le pays, le titulaire du Ministère de la justice et de la sécurité publique (Mjsp), Patrick Pellissier avait alerté sur une crise sécuritaire sans précédent en Haïti.
« Plus de 60 gangs armés, dont plusieurs coalitions criminelles, ont été créés. En 2024, les gangs ont constitué une seule et grande fédération appelée Viv Ansanm, avait-il relevé.
Présents, notamment dans les départements du Plateau central, de l’Artibonite et de l’Ouest, les gangs occupent plus de 80% des territoires dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince.
Les conclusions du symposium du jeudi 22 mai 2025 ont insisté sur la mise en œuvre d’actions concrètes et urgentes, pour rétablir la sécurité, la gouvernance et la légitimité démocratique en Haïti, avait souligné la représentante permanente d’Haïti auprès de l’Organisation des États américains (Oea), Myrtha Désulmé.
Albert Ramdin reconnait combien la construction d’un avenir viable pour Haïti prendra du temps et nécessitera des ressources importantes, ainsi qu’un engagement soutenu, en particulier des institutions financières.
Le défi sécuritaire est prioritaire, souligne-t-il, répondant à une question d’un journaliste concernant le type de soutien attendu par Haïti des États membres de l’Oea.
Toutefois, « nous ne pouvons pas attendre que la sécurité soit pleinement rétablie pour agir », dit-il.
Ramdin encourage à avancer de façon simultanée sur plusieurs fronts, annonçant que le plan en cours prévoit certaines étapes à réaliser en séquence, tandis que d’autres pourront être mises en œuvre en parallèle.
Il fait référence aux discussions sur la réforme constitutionnelle ou l’agenda économique, qui peuvent progresser parallèlement à un renforcement de l’environnement sécuritaire.
« Pour que l’assistance humanitaire soit effective, il faut une capacité minimale de distribution sécurisée vers les bénéficiaires. C’est une condition essentielle pour mobiliser l’aide, qu’il s’agisse de nourriture, d’eau, de soins médicaux, d’éducation ou d’équipements de base ».
Albert Ramdin déclare être convaincu combien l’engagement est fort, au sein de l’hémisphère pour fournir cette aide.
« Il faut maintenant mettre en place un modèle clair, avec un calendrier réaliste, qui devrait permettre de soutenir Haïti jusqu’à l’établissement d’un gouvernement et d’un parlement légitimes, garants de la stabilité du pays ». [emb rcapr 24/06/2025 13:30]
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