P-au-P., 1er octobre 2026 [AlterPresse] --- L’agent exécutif intérimaire de Kenscoff, Massillon Jean, fait état de premiers résultats des opérations menées par la Police nationale d’Haïti (Pnh) depuis environ deux semaines contre les gangs armés, notamment dans la zone de Bois-d’Avril, tout en appelant à renforcer et consolider les espaces repris.
Invité à l’émission FwoteLide sur AlterRadio, il estime que les opérations doivent se poursuivre dans les autres secteurs contrôlés par les gangs, alors que plus de 35,000 personnes déplacées vivent toujours dans des centres d’hébergement ou auprès de familles d’accueil.
Bois-d’Avril repris, mais à consolider
Selon Massillon Jean, la police a repris le contrôle de Bois-d’Avril, un axe utilisé par les gangs pour leurs déplacements et opérations.
« La police a récupéré, ou est en train de reprendre le contrôle, de la zone de Bois-d’Avril », indique-t-il, en insistant sur la nécessité de consolider les positions, afin d’empêcher les gangs de reprendre les espaces concernés.
Il précise que les opérations ne se limitent pas à cette localité et doivent se poursuivre dans les différentes sections communales.
Belle-Fontaine et Grand-Fond figurent notamment parmi les zones, où les gangs continuent de poser des problèmes, selon l’agent exécutif intérimaire.
Des routes à aménager
Massillon Jean réclame par ailleurs l’appui du Ministère des travaux publics, transports et communications (Mtptc) et d’autres institutions pour faciliter les opérations de la police.
Il indique que le Mtptc a déjà mobilisé un rouleau et souhaite disposer de camions et d’un chargeur pour améliorer certaines voies d’accès.
« Il faut permettre à la police de poursuivre les opérations avec plus d’aisance », explique-t-il.
Pour lui, la reprise territoriale doit permettre, à terme, le retour de la population dans ses quartiers et la reprise des activités.
Un signe d’espoir ?
La commune reste fortement affectée par les violences des gangs.
Kenscoff avait connu un premier massacre majeur en janvier 2025, qui avait fait au moins 139 morts ou disparus. De nouvelles attaques, notamment en juillet et août 2026, ont aggravé la situation.
Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) a recensé 164 personnes tuées au cours des violences de juillet et août, ainsi que des dizaines de disparus et 71 personnes enlevées.
Selon Massillon Jean, les 35,000 personnes déplacées vivent dans des centres d’hébergement ou accueillies par des familles.
Il estime que les opérations actuelles suscitent toutefois de l’espoir au sein de la population et constituent un signal de la volonté de l’État de s’attaquer à l’insécurité.
Pas de retour précipité
L’agent exécutif intérimaire appelle néanmoins les personnes déplacées à ne pas retourner immédiatement dans les zones reprises par la police.
« Il ne faut pas que les gens se précipitent pour retourner dans les zones reprises », prévient-il, rappelant que les opérations se poursuivent et que les espaces doivent être sécurisés et consolidés.
Il invite la population à signaler aux autorités toute information susceptible de contribuer à la sécurisation des secteurs concernés.
Pour Massillon Jean, la priorité reste de poursuivre les opérations contre les groupes armés et d’empêcher leur retour dans les zones reprises. [apr 01/10/2026 12 :00]
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