Voeux
Par Gotson Pierre
P-au-P., 24 déc. 2024 [AlterPresse] — Le constat en Haïti est désarmant : chaque année traine son cortège de difficultés insurmontables. Que vaudraient des « meilleurs voeux » de fin d’année 2024 et du nouvel an 2025 ?
Les 4 dernières années ont été plus éprouvantes les unes que les autres. 1500 jours, dont chaque minute a rapproché le pays d’un gouffre épouvantable. Ce qui se passe à la dimension du pays se reflète au niveau de la plupart des familles et individus. L’espoir souhaité ou exprimé à la période des fêtes parait résulter en vains voeux.
L’avenir projeté se mue chaque fois en triste présent. Une comptabilité macabre et continue de la violence des gangs : de 2021 à 2024, plus de 13000 morts, selon des statistiques onusiennes. Plus de 700000 déplacés entre 2023 et 2024. Des populations entières otages de la terreur et de la barbarie. Viols, vols, destructions et autres exactions. Accroissement de conditions d’existence infra-humaines.
Malheur largement partagé. Meurtrissures profondes. Douloureuse expérience de l’impuissance qui submerge.
Comme s’interrogent les victimes et leurs proches, comment un pays peut-il autant faire souffrir ses filles et ses fils ? Comment le silence assourdissant de ceux et celles qui se croient privilégiés peut-il entourer autant de détresse ? Comment les autorités peuvent-elles autant faire preuve d’irresponsabilité et de cynisme ? Jusqu’à quel point ne sont-elles pas complices du drame qui se trame sous leurs yeux et qui engloutit tant de vies et tant de biens ?
Et les protagonistes, savent-ils assez être clairvoyants, responsables ? Mesurent-ils l’ampleur du désastre et apprennent-ils à identifier réellement les leviers et la dynamique qui font mousser et s’étendre l’horreur ?
Pourtant, il nous faut quand-même espérer. Inventer l’espoir. Espérer envers et contre tout. Même si tout s’effondre. Pas facile de trouver l’énergie pour faire quelque chose, quand apparemment il n’y aurait plus rien à faire.
Mystique de l’espérance ? Ne rien attendre. Souffrance à dompter. Reculer, rebondir. Au fond du trou noir, lever les yeux vers la lueur qui pointe là-haut. Ne pas céder. S’accrocher pour remonter.
C’est l’espérance qui nous permet de nous agripper à la vie. Nous avons à faire de notre mieux. Nous activer, nous engager toujours. Toujours des combats à mener en faveur de l’humain, du bien commun et de notre bien-être. Nous avons à faire tout ce que nous pouvons, jusqu’au bout. Jusqu’au repos du guerrier.
Aucune garantie de réussite.
Mais, survivre. Vivre encore. [gp apr 24/12/2024 00:30]
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Haïti/Rép. dominicaine : D’anciennes femmes braceros témoignent 11 décembre 2007




