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« Haïti ne doit pas rester un pays sous le contrôle des gangs » : L’appel de Mgr. Max Leroy Mésidor

Depuis Fort-Liberté, à la clôture de la 144e assemblée de la Conférence épiscopale (catholique romaine) d’Haïti (Ceh), Mgr. Max Leroy Mésidor a lancé un vibrant appel contre la mainmise des gangs armés sur le pays. Le président de la Ceh exhorte à un « nouveau chemin » fondé sur le dialogue, la solidarité avec les personnes déplacées et l’investissement dans l’éducation, alors qu’Haïti reste plongée dans une crise multidimensionnelle.

Fort-Liberté (Haïti), 28 sept. 2025 [AlterPresse] --- « Haïti ne peut pas mourir, Haïti ne doit pas mourir ! Haïti ne doit pas rester un pays sous le contrôle de groupes armés qui sèment la peur et la souffrance dans le cœur des enfants de Dieu »

C’est par ce cri d’espérance et d’exhortation que Mgr. Max Leroy Mésidor, archevêque métropolitain de Port-au-Prince et président de la Conférence épiscopale d’Haïti (Ceh), a ponctué l’homélie de clôture de la 144e assemblée ordinaire de la Ceh, tenue du 22 au 26 septembre 2025 à Fort-Liberté (Nord-Est), apprend l’agence en ligne AlterPresse.

Une parole de résistance et de réconfort

Devant les fidèles rassemblés à la cathédrale, l’archevêque a dressé un tableau sombre mais lucide de la situation nationale : insécurité généralisée, déplacements massifs de familles, écoles et paroisses fermées, effondrement économique, jeunesse contrainte à l’exil ou happée par la délinquance.

Dans ce contexte de ténèbres, il a convoqué la voix du prophète Aggée : « Courage, peuple du pays, car je suis avec vous. Le plus beau jour de cette maison viendra » (Ag 2, 4-9). « Nous aimerions entendre cette parole et la voir se réaliser aujourd’hui en Haïti », a-t-il insisté, invitant la population à croire qu’un avenir meilleur reste possible malgré la violence qui s’étend.

L’urgence d’un « nouveau chemin »

Pour Mgr. Mésidor, l’espérance ne peut pas être seulement un sentiment, elle doit se traduire en actes concrets. Il a appelé à un dialogue véritable, nécessitant une trêve dans les violences pour poser les bases d’une paix durable.

Il a aussi exhorté à tendre la main aux personnes déplacées internes, dont le nombre dépasse les 600,000 en 2025 selon l’Organisation internationale pour les migrations (Oim), contraints de quitter leurs quartiers à cause des attaques armées.

L’archevêque a également plaidé pour la reconstruction d’infrastructures essentielles, comme les écoles, les hôpitaux et les routes, largement détruites ou paralysées par la crise sécuritaire.

Il a insisté sur l’investissement prioritaire dans l’éducation, « afin d’offrir aux enfants et aux jeunes les outils dont ils ont besoin pour déployer toutes leurs capacités », alors que des centaines d’établissements scolaires ont dû fermer leurs portes face à l’insécurité.

Appels aux autorités, aux groupes armés et à l’Église

Dans son homélie, Mgr. Mésidor a rappelé aux responsables politiques leur devoir de « semence et signe d’espérance » : respecter leur serment, protéger les biens publics, combattre l’impunité et restaurer la sécurité.

Aux groupes armés, il a demandé de prendre conscience « de tout le mal qu’ils font au pays » et de renoncer à semer la mort et la peur.

À l’Église elle-même, il a lancé un appel à être plus proche du peuple, « plus prophétique et plus engagée » dans la construction d’une société fondée sur la justice et l’amour.

Haïti dans une spirale de violences

L’intervention de Mgr. Mésidor survient alors que la situation nationale s’aggrave. Selon les Nations unies, au moins 3,137 personnes ont été tuées entre janvier et juin 2025 à cause des violences des gangs. La moitié de la population fait face à une insécurité alimentaire aiguë.

Le 20 septembre 2025, une attaque de drones dans le quartier Simon Pelé, à Port-au-Prince, a tué au moins 15 personnes, dont 8 enfants, selon le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh).

Quelques jours plus tard, un massacre à Labodri, entre Cabaret et Arcahaie (au nord de la capitale), a fait une quarantaine de morts, tandis que des commissariats étaient incendiés à Liancourt (Artibonite, Nord) et Bassin Bleu (Nord-Ouest).

Face à cette spirale, le président du Conseil présidentiel de transition, Laurent Saint-Cyr, a plaidé à l’Organisation des Nations unies (Onu) pour une mobilisation internationale rapide, rappelant combien « Haïti veut la paix, attend la paix et a droit à la paix ».

« Pour que vive Haïti »

Reprenant la question posée par Jésus dans l’Évangile – « Pour vous, qui suis-je ? » –, Mgr. Mésidor l’a adressée tour à tour aux dirigeants politiques, aux groupes armés, à l’Église et à chaque Haïtienne et Haïtien, les invitant à un examen de conscience et à un choix de fidélité au Christ.

« Malgré tout ce que nous vivons, restons des pèlerins d’espérance », a-t-il exhorté, en confiant la nation à Notre-Dame du Perpétuel Secours.

« Pour que vive Haïti, pour que revienne la paix, avec Jésus-Christ, tout est encore possible », a conclu l’archevêque. [apr 28/09/2025 00:20]



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