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Haïti : L’Onu appelle à accélérer la réponse sécuritaire après le nouveau massacre des gangs à Kenscoff

P-au-P, 28 août 2026 [AlterPresse] --- Réuni en urgence le vendredi 28 août 2026, après l’attaque meurtrière menée par des gangs à Kenscoff, à l’est de Port-au-Prince, le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu) appelle à accélérer la réponse sécuritaire sur le terrain.

L’Onu exhorte la Force de répression des gangs (Frg) à renforcer sa présence dans la région de Port-au-Prince, et les forces nationales à accroître leur déploiement à Kenscoff.

Le déploiement complet de cette force internationale doit être accéléré, presse Carlos Ruiz Massieu, le représentant du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh).

La coordination des opérations entre la Police nationale d’Haïti, les Forces armées d’Haïti et la Frg s’avère tout aussi importante, soutient l’Onu, qui fait écho à la réunion, tenue le 26 août 2026 par les autorités haïtiennes avec la Police nationale, les Forces armées d’Haïti et la Force de répression des gangs.

L’attaque du centre-ville de Kenscoff, dans la nuit du 23 au 24 août 2026, a fait au moins 47 morts et des dizaines de blessés. Une cinquantaine de personnes ont été prises en otage, tandis que des dizaines de maisons et de nombreuses têtes de bétail ont été incendiées.

Le délégué d’Haïti, Pierre Ericq Pierre, a dit souhaiter une réponse « rapide, coordonnée et résolue » de la communauté internationale, après le massacre et les prises d’otages dans la commune de Kenscoff.

Il a évoqué des « actes d’une extrême barbarie », nouvelle démonstration de la capacité de violence et de terreur des groupes criminels armés.

Pierre Ericq Pierre a souligné « l’impérieuse nécessité » pour la communauté internationale d’accélérer le déploiement de la Frg, afin d’atteindre dans les meilleurs délais l’effectif prévu de 5,500 membres et de lui donner les moyens nécessaires à l’accomplissement de sa mission.

Il a cité des pays comme la Côte d’Ivoire, la Mongolie et le Tchad, qui se sont engagés à rejoindre la Frg. Des négociations avancent également, indique-t-il, avec le Bangladesh, le Guatemala, la Jamaïque et le Sri Lanka.

Carlos Ruiz Massieu a parallèlement appelé à la libération « immédiate et inconditionnelle » de toutes les personnes enlevées, parmi lesquelles figurent des mères allaitantes et leurs nourrissons ainsi que des enfants.

La sécurité seule ne suffira pas

Haïti a notamment été appuyée par les États-Unis, la France et le Panama dans son plaidoyer pour l’accélération du déploiement de la Frg.

Le représentant du Binuh a indiqué que les opérations sécuritaires ne suffiront pas.

« Elles doivent s’accompagner du rétablissement de l’autorité de l’État, des services essentiels, des écoles et des établissements de santé, ainsi que de possibilités de subsistanc e », argue-t-il.

Le Brésil a également fait remarquer que la sécurité seule ne suffira pas.

Ainsi, des responsables de l’Onu ont-ils plaidé pour une approche combinant sécurité, aide humanitaire, stabilité politique et renforcement de l’État, afin de résoudre la crise haïtienne.

Trois priorités s’imposent : « stopper la violence », financer durablement l’aide humanitaire et s’attaquer aux causes de la crise, notamment en matière de sécurité, de stabilité politique et d’accès aux services essentiels, ajoute Indrika Ratwatte, le nouveau secrétaire général adjoint par intérim aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence des Nations unies (Ocha).

« Le peuple haïtien mérite mieux que la simple survie », a-t-il poursuivi.

« Plus de la moitié de la population haïtienne - quelque 6,4 millions de personnes - ont besoin d’une aide humanitaire », a rappelé Indrika Ratwatte.

Combattre l’impunité

L’Onu appelle dans la foulée à mettre fin à l’impunité en Haïti, plaidant pour que les auteurs de l’attaque de Kenscoff, mais aussi ceux qui financent, arment et facilitent les activités des gangs, soient poursuivis.

L’Onu réclame plus loin l’ouverture rapide d’enquêtes sur cette attaque par les unités judiciaires spécialisées chargées des crimes de masse, des violences sexuelles et des crimes financiers.

Pour le chef du Binuh, cette nouvelle attaque contre Kenscoff illustre la capacité des gangs à étendre leur influence au-delà de la capitale et à défier directement l’autorité de l’État. La commune subit les assauts des malfrats depuis janvier 2025.

Un impact dévastateur

Entre avril et juin 2026, les violences liées aux gangs ont fait 1,408 morts et 656 blessés, souligne le Binuh.

« Les Haïtiennes et Haïtiens continuent de payer un coût humain dévastateur et intolérable », a déploré Carlos Ruiz Massieu.

L’Onu dénombre plus de 1,4 million de personnes déplacées internes, en raison de la terreur et d’autres violences des gangs.

Les services de base, notamment l’accès aux soins et à l’éducation, sont en grande partie paralysés, particulièrement dans la capitale, dans les départements du Plateau central et de l’Artibonite.

À Port-au-Prince, seulement 10 % des établissements de santé disposant de capacités d’hospitalisation restent opérationnels, dont un seul hôpital public, précise l’Onu.

Plus de 1,600 écoles restent fermées, affectant 7.500 enseignants et privant plus de 240.000 élèves d’enseignement, ajoute l’Onu.

Les enfants sont parmi les premières victimes. Outre leur recrutement et leur utilisation par les gangs, plus de 2,6 millions d’entre elles et d’entre eux ont besoin d’une aide humanitaire, alerte le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).

Les cas de Violences basées sur le genre (Vbg) explosent, avec plus de 5,500 incidents recensés au cours des six premiers mois de l’année 2026. [cj 28/08/2026 17:40]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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