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Haïti-Zones côtières : Un équilibre fragile à préserver

Les pressions exercées sur les écosystèmes côtiers compromettent la fertilité des terres, au détriment de l’agriculture locale, de l’environnement et des communautés déjà vulnérables aux effets du changement climatique. Face à cette situation, l’Alliance mondiale contre le changement climatique (Amcc+), en collaboration avec le Ministère de l’environnement (Mde) et ses partenaires, dont l’Union européenne (Ue), s’emploie à mettre en œuvre des solutions adaptées dans la commune de Belle-Anse, dans le département du Sud-Est d’Haïti, en misant à la fois sur les expertises locales et l’implication citoyenne.

Par Charilien Jeanvil

Belle-Anse mise sur les solutions locales pour protéger ses écosystèmes côtiers

P-au-P, 05 juin 2026 [AlterPresse] --- Les zones côtières d’Haïti, qui s’étendent sur plus de 1,700 kilomètres, occupent une place essentielle dans la vie socio-économique du pays. Véritable richesse tant sur les plans économique qu’environnemental, elles représentent un levier important pour le développement durable national, à condition d’être préservées et gérées de manière structurée.

Les écosystèmes côtiers jouent également un rôle majeur dans la lutte contre l’érosion des sols et les inondations, assurant ainsi une protection naturelle indispensable de l’environnement. Pourtant, les fortes pressions exercées sur ces espaces provoquent une déforestation accrue, l’érosion des terres et la dégradation des sols. Cette détérioration réduit la fertilité des terres et leur capacité de rétention d’eau, avec de lourdes conséquences pour l’agriculture locale, l’environnement et les communautés déjà exposées à des catastrophes naturelles récurrentes.

À ces défis s’ajoutent de profondes mutations sociales et environnementales. La pression démographique continue de s’accentuer, tandis que les mangroves font l’objet d’une surexploitation persistante.

Face à ces menaces, le Ministère de l’environnement (Mde), dans le cadre de l’Alliance mondiale contre le changement climatique (Amcc+) et en collaboration avec ses partenaires, avec l’appui de l’Union européenne (Ue), s’efforce d’apporter des réponses adaptées à ces défis qui compromettent l’existence même des communautés côtières.

Au Parc national naturel Lagon des Huîtres, situé dans la commune de Belle-Anse, dans le département du Sud-Est, une grande partie des 9,640 hectares du site était menacée de disparition. Cet espace constitue pourtant un écosystème côtier remarquable, riche en mangroves, en biodiversité et en attraits touristiques, notamment grâce à ses grottes et à ses récifs coralliens.

Dans le cadre du projet Inovee, des travaux de restauration et de conservation ont été entrepris afin de préserver cet espace de palétuviers, véritable niche écologique pour de nombreuses espèces, particulièrement les espèces halieutiques, explique Louisius Désiral, membre de la Station apicole de Préchet-Mouillage.

« Il s’agit d’une zone de reproduction essentielle, les mangroves favorisant la fécondation des poissons. Les feuilles de mangrove servent également de source de nourriture aux petits poissons », précise l’apiculteur, tout en soulignant l’importance du parc pour les récifs coralliens et les herbiers marins.

À travers le projet Inovee, les populations locales ont été sensibilisées aux comportements favorisant la préservation de leur environnement. Les habitant.e.s ont ainsi appris à protéger les mangroves, les récifs coralliens ainsi que les espèces animales et végétales menacées, se réjouit l’un des bénéficiaires.

Le projet a également apporté un soutien important aux associations de pêcheurs ainsi qu’aux agricultrices et agriculteurs, tout en favorisant une plus grande inclusion des femmes dans les initiatives communautaires. Au-delà de la protection contre les aléas hydroclimatiques, ces initiatives visent à produire des résultats durables au sein des communautés.

Spot audio : Protéger les zones côtières, c’est protéger la vie


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La protection des côtes apparaît aujourd’hui comme une nécessité impérieuse. L’élévation du niveau de la mer, conséquence directe des changements climatiques, contribue progressivement à la disparition des mangroves et à la réduction des espaces marins du parc.

L’écosystème marin fait face à de multiples difficultés, notamment le déboisement et l’absence d’aménagement des versants. Les pluies entraînent d’importantes quantités de sédiments qui polluent le milieu marin. La destruction des palétuviers empêche la stabilisation de ces sédiments et supprime les refuges naturels de nombreuses espèces, compromettant ainsi leur reproduction et leur survie, souligne l’agronome Joël Similien, officier de suivi et évaluation du projet Inovee.

Les responsables du projet ont combiné leur expertise à une approche participative impliquant activement les membres de la communauté dans les activités de replantation de mangroves et de restauration environnementale. Cette démarche ouvre des perspectives plus encourageantes en matière de gestion durable des zones côtières.

« Le littoral n’était pas suffisamment protégé contre l’impact des vagues. Le projet a permis de sensibiliser les pêcheur.e.s à de meilleures pratiques et d’impliquer les résident.e.s du parc dans les efforts de préservation », affirme l’ingénieur-agronome Similien.

Il se félicite également des avancées réalisées dans la restauration des mangroves et des récifs coralliens, qui ont contribué à réduire la quantité de sédiments déversés dans le milieu marin.

Selon lui, ces résultats auront des retombées positives tant pour la biodiversité que pour l’ensemble de la communauté.

Le rôle de l’État dans la gestion durable des zones côtières

L’ingénieur-agronome Nathan Jean-Pierre, coordonnateur de projet à Helvetas, rappelle les interventions réalisées sur le littoral et dans le parc national Lagon des Huîtres.

Près de 25 hectares de mangroves avaient été dévastés par des événements climatiques. Grâce à un appui substantiel accordé à la direction du parc, les superficies dégradées ont pu être restaurées. Ainsi, 76,000 plantules de mangroves ont-elles été mises en terre au moyen de techniques de semis direct et de transplantation.

Le projet a également permis de structurer le comité du bassin versant conformément aux orientations du Ministère de l’environnement. Les riveraines et riverains ont bénéficié de formations sur différents aspects liés à la protection durable des bassins versants et des milieux marins, notamment à travers la restauration des mangroves, des écosystèmes côtiers et des récifs coralliens, précise l’ingénieur-agronome Similien.

La protection des zones côtières ne peut être garantie sans une organisation efficace fondée sur la planification, l’application de règles claires, des actions concrètes et la participation active de l’ensemble des actrices et acteurs concerné.e.s.

En collaboration avec la fédération des pêcheurs, les autorités locales et la direction du parc, un pacte de gouvernance a été signé, afin d’engager chaque partie prenante dans la protection de cet espace considéré comme un bien commun, informe Nathan Jean-Pierre.

Cette approche participative, combinée à la mise en place d’une gouvernance locale renforcée et conforme aux politiques publiques du Ministère de l’environnement ainsi que du Ministère de l’agriculture, des ressources naturelles et du développement rural (Marndr), s’inscrit dans une dynamique visant à préserver les écosystèmes, renforcer l’économie locale et protéger durablement les communautés côtières.

Ces initiatives visent également à accroître la résilience climatique d’Haïti, conformément à l’objectif principal du programme Amcc+. [cj gp apr 05/06/2026 15:00]


Article rédigé dans le cadre du programme Amcc+ Haïti, conduit par le Ministère de l’environnement avec le soutien de l’Union européenne.

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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