P-au-P, 12 mai 2026 [AlterPresse] --- Le Syndicat de la Police nationale d’Haïti (Spnh-17) exprime sa profonde inquiétude face aux violences des gangs armés dans la Plaine du Cul-de-Sac (périphérie nord), qui ont entraîné le déplacement de plusieurs milliers de personnes depuis le dimanche 10 mai 2026, dans une prise de position dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
Le Spnh-17 demande au Conseil supérieur de la Police nationale (Cspn) de reconnaître son échec devant la dégradation sécuritaire, dans un contexte où la Pnh est « « fragilisée et les policiers démotivés », en raison de la mauvaise gestion de l’institution.
La criminalité s’aggrave, malgré l’arrivée de nouveaux matériels, de moyens supplémentaires et d’effectifs renforcés, déplore le syndicat policier.
Il exige du Cspn et du directeur général de la Pnh, André Jonas Vladimir Paraison, des explications sur l’utilisation des chars d’assaut, des véhicules blindés légers, ainsi que des armes et munitions, fournis par la communauté internationale.
Une police divisée, où les agentes et agents subissent abus et persécutions, ne pourra jamais obtenir de résultats probants dans la lutte contre les gangs, souligne le Spnh-17.
Le syndicat policier appelle le Cspn à agir rapidement. Faute de quoi, les autorités risquent de perdre le contrôle de la situation.
Dans une note en date du lundi 11 mai 2026, la Pnh déclare être mobilisée pour favoriser le retour, dans leurs maisons, des personnes déplacées à la Plaine du Cul-de-sac.
Elle annonce avoir déployé, en ce sens, différentes unités spécialisées ainsi que neuf (9) blindés dans la Plaine du Cul-de-Sac notamment à Cazeau, Carrefour Drouillard et Terre Noire, à la suite de violents affrontements, depuis le dimanche 10 mai 2026, entre gangs armés rivaux.
Plusieurs personnes ont été tuées, dont certaines par balles perdues, tandis que des habitants ont fui la zone et que la circulation reste perturbée au niveau de la zone.
La Présidente directrice générale (Pdg) de Rhum Barbancourt, Delphine Gardère, a annoncé sur X qu’un de ses employés avait été tué dans la nuit du dimanche 10 mai 2026.
L’organisation Médecins sans frontières (Msf) a aussi annoncé l’évacuation et la suspension temporaire des activités de son hôpital de Cité Soleil, à Port-au-Prince, en raison de ces violences armées.
Elle indique avoir pris en charge plus de 40 blessés par balles en douze heures et accueilli plus de 800 habitantes et habitants, venu.e.s chercher refuge dans l’enceinte de l’hôpital.
Un agent de sécurité de Msf a également été blessé par balle dans l’enceinte de l’hôpital de Msf
L’organisation médicale affirme qu’aucun hôpital ne reste actuellement opérationnel dans le nord de Cité Soleil. Elle appelle les groupes armés à respecter la sécurité des civils et du personnel médical.
Des attaques armées avaient eu lieu le dimanche 8 mars 2026 dans les communes de Cité Soleil et de Croix-des-Bouquets (nord-est), contraignant environ 3,000 personnes à se déplacer, dont des bébés, des femmes enceintes et des femmes allaitantes, considérés comme particulièrement vulnérables, selon une note de l’Organisation internationale pour les migrations (Oim). [emb rc apr 12/05/2026 10:20]
Photo : Site de l’Organisation des Nations unies (Onu)
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Haiti : Assassinat d’un chauffeur de la coopération française 19 novembre 2009




