À l’émission FwoteLide sur AlterRadio 106.1 FM, l’agent exécutif intérimaire de Kenscoff, Massillon Jean, appelle la population à faire preuve de vigilance et exhorte les autorités centrales à intervenir rapidement pour sécuriser les zones encore épargnées par les groupes criminels.
P-au-P, 03 sept. 2025 [AlterPresse] --- Entre 400 et 500 personnes ont été tuées dans les violences perpétrées par des gangs armés dans la commune de Kenscoff (à l’est de la capitale, Port-au-Prince) depuis leurs premières attaques lancées le lundi 27 janvier 2025, selon les estimations du Conseil exécutif intérimaire de Kenscoff.
Lors de son intervention à l’émission FwoteLide, diffusée sur AlterRadio 106.1 FM, l’agent exécutif intérimaire de la commune, Massillon Jean, a dressé un tableau particulièrement sombre de la situation.
Plus de sept mois après l’invasion des gangs armés, les habitantes et habitants de Kenscoff sont décapitalisés, ayant perdu leurs maisons, jardins et bétails, déplore-t-il.
Dans la nuit du dimanche 31 août au lundi 1er septembre 2025, des groupes criminels ont incendié une quinzaine de maisons ainsi qu’un véhicule, rapporte-t-il.
Ils ont également volé le bétail de paysannes et paysans dans la quatrième section communale de Belle Fontaine, toujours sous la menace des gangs.
Les deux principaux hôtels de la commune Le Montcell à Bélot et The Lodge à Furcy ont été incendiés par les bandits, rappelle Massillon Jean.
De nombreuses maisons appartenant à des familles vulnérables ont également été détruites par le feu dans les sections communales de Soucailles, Nouvelle Touraine et Bongard, ajoute-t-il.
Les attaques se concentrent désormais sur la quatrième section communale de Belle Fontaine, notamment à Gelin, où plusieurs familles ont été contraintes de fuir, selon le Conseil exécutif intérimaire.
« La situation est extrêmement grave », affirme Massillon Jean, tout en précisant qu’un calme apparent règne au centre-ville.
Il exhorte la population à redoubler de vigilance et appelle l’État central à prendre des mesures urgentes pour sécuriser les zones encore non occupées par les gangs armés.
Il demande également à la Police nationale d’Haïti (Pnh) d’effectuer des fouilles systématiques à l’entrée de Kenscoff et sur les axes stratégiques afin d’empêcher les bandits de se renforcer.
« Nous avons interdit aux stations d’essence de vendre du carburant dans des gallons jaunes afin d’éviter qu’il ne soit utilisé pour alimenter les gangs armés », précise-t-il.
Dans une note datée du 29 août 2025, le Conseil exécutif intérimaire de Kenscoff a également décidé d’interdire toute activité d’organisations non gouvernementales (Ong) sans autorisation préalable, dans le but d’assurer la transparence sur l’ensemble du territoire communal.
Cette mesure viserait à protéger la population contre des pratiques abusives qui exploiteraient les besoins ou les souffrances des citoyens à des fins de profit personnel ou de manipulation, souligne-t-il.
Le Conseil exécutif intérimaire a exprimé sa satisfaction suite à la libération, le vendredi 29 août, de neuf personnes dont la missionnaire irlandaise Gena Heraty, un enfant de trois ans et sept employés de l’organisation Nos Petits Frères et Sœurs, enlevées le 3 août 2025 à l’orphelinat Sainte-Hélène par des gangs armés.
Entre le 27 janvier et le 27 mars 2025, les attaques des gangs contre Kenscoff ont causé la mort d’au moins 262 personnes et fait 66 blessés, selon un rapport publié en avril 2025 par le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (Binuh).[emb apr 03/09/2025 13:15]
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