Artibonite (Haïti), 1er mai 2025 [AlterPresse] --- Une nouvelle vague de violences armées a provoqué cette semaine le déplacement interne de près de 13.000 personnes dans la commune de Petite Rivière de l’Artibonite (département de l’Artibonite, Nord), selon un rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (Oim), consulté par AlterPresse.
12.902 personnes – soit 3.178 ménages – ont été contraintes de fuir leurs habitations dans la commune de Petite Rivière de l’Artibonite, en particulier dans ses 1ère et 2e sections communales, selon le dernier rapport de suivi des urgences No 63 de l’Oim, rendu public le 30 avril 2025.
Entre le 27 et le 30 avril 2025, des attaques sanglantes menées par des gangs armés ont frappé plusieurs localités de Petite-Rivière de l’Artibonite, causant la mort de plusieurs personnes, dont un enfant, et blessant un nombre indéterminé d’autres, selon des informations rapportées par plusieurs médias.
Des maisons ont été incendiées et plusieurs familles prises pour cibles, dans ce qui serait une opération de représailles ordonnée par un chef de gang.
Dans la nuit du 30 avril, une nouvelle offensive a semé la panique : tirs nourris, viols, incendies et tentatives désespérées de fuite en traversant le fleuve. Plusieurs personnes ont péri, touchées par balles ou noyées, apprend-on de même source.
Déplacements massifs vers des familles et des sites d’accueil
La grande majorité des déplacés, soit 90 %, ont trouvé refuge auprès de familles d’accueil, principalement à Verrettes, Saint-Marc et dans d’autres sections de Petite Rivière de l’Artibonite. Ces familles hébergent à elles seules 11 554 individus, répartis dans huit localités différentes, indique le rapport de l’Oim.
Les 10 % restants, soit 1 348 personnes, ont été relogés dans 16 sites, dont 11 ont été créés en urgence après les événements. Ces sites se trouvent principalement dans les communes de Verrettes, Saint-Marc et Petite Rivière de l’Artibonite. Parmi eux, des écoles, des églises ou d’autres infrastructures de fortune, transformées en centres d’accueil précaires.
Deux policiers kényans de la Mmas tués en un mois par des gangs armés de l’Artibonite
Deux policiers kényans, membres de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), ont été assassinés par des gangs armés à Savien, dans l’Artibonite, en l’espace d’un mois.
Le dernier en date, Benedict Kabirou, tué le 25 mars 2025, avait été porté disparu lors d’une opération de dépannage de véhicules blindés à Kafou Pèy. Les gangs ont tendu une embuscade, incendié trois blindés et diffusé des images humiliantes de l’officier avant son exécution.
Le 23 février 2025, un autre policier kényan, Samuel Tompoi Kaetuai, avait également été abattu dans la même zone.
Entre janvier et mars 2025, au moins 1 617 personnes ont été tuées et 580 blessées en Haïti à cause des violences, selon un rapport du Bureau intégré des Nations unies (Binuh).
Le nombre de personnes déplacées a atteint 1,041,229 au 31 mars 2025, en hausse de 48 % par rapport à septembre 2024.
Sur l’ensemble de l’année 2024, plus de 5,600 morts ont été recensés en lien avec les violences de gangs. [apr 1er/05/2025 22:00]
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