P-au-P, 26 mai 2026 [AlterPresse] --- Le consortium Rezilyans Ayiti [1] a lancé une intervention humanitaire d’urgence, en vue de venir en aide à plus de 400 mille personnes touchées par l’escalade des actes de terreur et d’autres violences des gangs armés, les déplacements répétés et de graves défis humanitaires, selon un document dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
D’une durée de six (6) mois, d’avril à octobre 2026, ce projet vise à améliorer les conditions de vie des communautés vulnérables dans 10 communautés de l’Ouest, du Plateau central et de l’Artibonite.
Il entend soutenir les ménages déplacés et les communautés hôtes, grâce à une assistance financière polyvalente.
Financée par le Fonds humanitaire régional pour l’Amérique latine et les Caraïbes, cette initiative envisage de renforcer la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement, ainsi que les services de nutrition.
Elle prévoit notamment d’améliorer la prévention, le dépistage et la prise en charge de la malnutrition aiguë globale dans les camps de personnes déplacées et les communautés hôtes.
« L’intervention intègre également des services de protection de l’enfance, incluant le soutien psychosocial, la gestion de cas et la sensibilisation communautaire, afin d’identifier, en toute sécurité, les enfants affectés et de les orienter vers des services essentiels, en accordant une attention particulière aux filles et aux groupes les plus vulnérables ».
Une grande partie de la population vit dans la précarité, une situation aggravée par les déplacements massifs, l’accès limité aux services essentiels et les risques accrus de protection, nécessitant ainsi une réponse humanitaire rapide, coordonnée et multisectorielle, a souligné le consortium Rezilyans Ayiti.
Environ 6,4 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population, ont besoin d’une assistance humanitaire.
5,8 millions de personnes sont exposées à une insécurité alimentaire aiguë, selon le dernier rapport du Cadre intégré de la classification de la sécurité alimentaire (Ipc) publié en avril 2026.
L’inflation mensuelle devrait passer de 4.7 % en mai 2026 à 4.8 % en juin 2026 en Haïti, en raison du choc énergétique, lié à la crise géopolitique au Moyen Orient et aux incertitudes qui en découlent, selon une note d’analyse publiée par la Banque de la république d’Haïti (Brh) dite Banque centrale, sur l’évolution de l’indice des prix à la consommation (Ipc) au cours du mois de mars 2026.
En glissement annuel, elle atteindrait 25.3 % en mai 2026 et 28.9 % en juin 2026, selon les prévisions.
Pratiquement, depuis début avril 2026, il y a une augmentation significative des prix de divers biens, particulièrement des prix de tous les biens essentiels à la consommation en Haïti, alertent les consommatrices et consommateurs au niveau national.
Persistance des violences armées à Port-au-Prince
Entre le 6 mars et le 16 mai 2026, au moins 390 personnes ont été tuées en raison d’intenses affrontements entre gangs armés rivaux à Cité Soleil (nord de Port-au-Prince) et Croix des Bouquets (nord-est), a indiqué Stéphane Dujarric, porte parole du Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, lors d’un point de presse donné le mercredi 20 mai 2026.
Au moins 87 maisons et bâtiments publics ont été incendiés, perturbant des services essentiels tels que la santé, l’éducation et le commerce.
En 10 jours, 30 mille personnes ont été contraintes de fuir leurs domiciles suite à une nouvelle vague d’attaques violentes et atroces perpétrées par des bandes armées dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, depuis le dimanche 10 mai 2026, selon le Programme alimentaire mondial (Pam).
À travers le pays, plus de 1.4 million de personnes, soit plus de 12 % de la population, ont été contraintes de quitter leurs domiciles, principalement en raison de violences criminelles.
La représentante spéciale du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies pour les enfants et les conflits armés, la diplomate maltaise Vanessa Frazier, a déploré la situation d’enfants enfermés « dans un cycle ininterrompu de violences » des gangs en Haïti, selon un article publié par Onu info.
Les enfants haïtiens sont confronté.e.s à des niveaux de violences « sans précédent », liés à l’expansion des gangs armés, a-t-elle dénoncé au terme de sa première visite officielle de quatre jours dans le pays, le dimanche 17 mai 2026, lors d’une interview accordée à Onu info.
Les Haïtiennes et Haïtiens vivent dans la peur constante, l’intimidation, les déplacements forcés, la violence et le traumatisme, a relevé Frazier.
Le mercredi 20 mai 2026, le gouvernement haïtien a annoncé une politique de tolérance zéro à l’encontre des gangs armés.
Cette disposition viserait également leurs relais, leurs soutiens logistiques, leurs financiers, ainsi que tous ceux qui, directement ou indirectement, participent au maintien de l’insécurité.
Le gouvernement a ordonné un renforcement immédiat et continu des opérations menées par la Police nationale d’Haïti (Pnh), appuyée par les Forces armées d’Haïti (Fad’H) et la Force de répression des gangs (Frg), jusqu’au rétablissement total de l’autorité de l’État dans toutes les zones affectées.
Ces mesures ont été annoncées à la suite d’une réunion tenue le 20 mai, à Port-au-Prince, entre le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, les plus hauts responsables de la Pnh, le Haut État-Major des Fad’H, le titulaire du Ministère de la défense Mario Andrésol, ainsi que les responsables de la Frg. [apr 26/05/2026 11:25]
Photo : Le bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha).
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[1] Le consortium Rezilyans Ayiti est un partenariat humanitaire regroupant le Plan international, le Centre d’animation paysanne et d’action communautaire (Capac), Mercy Corps, le Conseil norvégien pour les réfugiés (Nrc) et Save the Children.
MÉMOIRE D’ALTERPRESSE
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Haïti-Omd : Le défi du consensus 29 novembre 2013




