À Saint Michel de L’Attalaye, dans l’Artibonite, des attaques répétées de gangs armés depuis juillet provoquent morts, blessés et déplacements de population. L’agent exécutif intérimaire Williamson Gaspard appelle l’État à renforcer la sécurité dans cette commune stratégique.
P-au-P., 22 sept. 2026 [AlterPresse] --- La situation reste préoccupante à Saint Michel de L’Attalaye, dans le département de l’Artibonite (Nord), où des membres de gangs armés multiplient les attaques depuis juillet dernier, faisant des morts et des blessés, alerte l’agent exécutif intérimaire de la commune, Williamson Gaspard, qui lance un pressant SOS à l’État et aux forces de l’ordre.
Une nouvelle attaque, perpétrée le mardi 15 septembre 2026 à Marmont Paul, septième section communale de Saint Michel de L’Attalaye, a fait un mort et deux blessés, dont une fille et un garçon.
Les deux personnes blessées continuaient de recevoir des soins à l’hôpital, selon Williamson Gaspard, qui avait confirmé ces informations à AlterPresse et AlterRadio le mercredi 16 septembre 2026.
Cette nouvelle attaque constitue, selon l’agent exécutif intérimaire, la troisième enregistrée dans la zone de Mamon en quelques semaines.
La répétition des incursions armées contraint des habitantes et habitants à abandonner leurs domiciles pour se réfugier notamment dans le centre-ville de Saint Michel de L’Attalaye.
« Les habitantes et habitants de Mamon sont obligé.e.s de quitter » la zone, a expliqué Williamson Gaspard. Des personnes déplacées ont rejoint le centre-ville, où certaines familles les accueillent. L’administration communale dispose aussi de quelques espaces pouvant être mis à leur disposition, a-t-il indiqué.
Un appel pressant à l’État
Face à cette situation, Williamson Gaspard réclame une intervention des autorités centrales pour renforcer la sécurité dans la commune.
« Nous demandons à l’État central de tourner les yeux vers la commune de Saint-Michel », a-t-il déclaré, déplorant l’insuffisance de la présence des forces de l’ordre face à la menace.
L’agent exécutif intérimaire souligne la position stratégique de Saint Michel de L’Attalaye, située entre plusieurs zones de l’Artibonite, le Plateau central et le Nord.
« Saint Michel de l’Attalaye n’est pas supposée être traitée en parent pauvre », a-t-il soutenu, estimant que la commune ne devrait pas attendre de nouvelles attaques pour bénéficier d’un dispositif sécuritaire adapté.
Une série d’attaques depuis juillet
Les violences actuelles s’inscrivent dans une succession d’attaques, enregistrées dans la zone depuis juillet 2026.
Le dimanche 16 août 2026, des membres des gangs Kokorat San Ras et Gran Grif avaient attaqué Marmont Paul, tuant une personne, blessant plusieurs autres par balles et incendiant de nombreuses maisons, selon une source à AlterPresse. Plusieurs habitantes et habitants avaient été contraint.e.s de fuir leurs domiciles.
Le 28 juillet 2026, des hommes armés, venus de Marchand-Dessalines, avaient déjà tenté une incursion à Saint Michel de L’Attalaye. Les assaillants avaient semé la panique à Marmont, provoquant la fuite de vendeuses et vendeurs d’un marché public et emportant des marchandises, un véhicule et des téléphones portables, selon des témoignages recueillis par AlterPresse.
Des habitantes et habitants avaient ensuite érigé des barricades et repoussé les assaillants.
Une menace aux implications plus larges
Au cours de l’entretien, AlterRadio a mis en perspective ces attaques répétées, avec l’emprise de groupes armés sur une grande partie de l’Artibonite et les déplacements de milliers de personnes provoqués par les violences.
La situation géographique de Saint Michel de L’Attalaye constitue un autre élément de préoccupation. La commune assure des liaisons avec le Plateau central et le Nord, ce qui pourrait donner une portée plus large à une éventuelle progression des groupes armés dans cette zone.
AlterRadio a également évoqué les massacres enregistrés dans l’Artibonite et les inquiétudes liées à la circulation d’armes et de munitions dans le Nord, tout en appelant les autorités à renforcer les dispositions de sécurité et la protection de la population.
Williamson Gaspard estime, pour sa part, que les moyens actuellement disponibles restent insuffisants.
« La présence policière n’est vraiment pas suffisante », a-t-il affirmé, renouvelant son appel à une intervention des autorités nationales. [gp apr 22/09/2026 12 :00]
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