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Haïti – Vbg : Acteurs et actrices locales de Jérémie s’engagent contre les « ententes à l’amiable »

À Jérémie, plus d’une trentaine d’acteurs et d’actrices locales s’engagent à bannir les “ententes à l’amiable” dans les cas de violences basées sur le genre.

Jérémie (Haïti), 22 août 2025 [AlterPresse] --- Plus d’une trentaine de représentants et représentantes d’institutions de la justice, de la police, de la santé, de l’éducation, des affaires sociales ainsi que d’organisations de la société civile de Jérémie (Grande Anse / une partie du Sud-Ouest), réuni.e.s le 22 août 2025 à l’initiative de la Solidarite fanm ayisyèn (Sofa), se sont engagés à lutter contre la pratique illégale des « ententes à l’amiable » dans les cas de Violences basées sur le genre (Vbg).

La rencontre, organisée à la bibliothèque Carl Edouard Peters de Jérémie autour du thème « Médiation pénale et violences basées sur le genre : un faux bon remède en Haïti », a attiré l’attention sur l’ampleur d’un phénomène préoccupant.

Selon le rapport-bilan de la Sofa pour le premier semestre 2025, 62 % des dossiers de Vng enregistrés dans la Grande Anse font l’objet de désistement ou d’arrangements en dehors des tribunaux, indique un communiqué de l’organisation transmis à AlterPresse.

Un juge d’instruction, un juge de paix, un avocat, une intervenante sociale et la directrice exécutive de la Sofa, Marie Frantz Joachim, ont unanimement confirmé que ces pratiques sont devenues courantes à Jérémie, en dépit de leur caractère illégal.

Ils et elles ont rappelé que le droit haïtien ne reconnaît pas la médiation pénale ni les ententes à l’amiable en matière criminelle, où l’instruction est obligatoire.

« Chaque fois qu’un cas de violence contre une femme est réglé par la médiation, c’est sa vie qu’on sacrifie », a dénoncé avec force Marie Frantz Joachim, dont les propos ont suscité une large adhésion parmi les participant·e·s.

À l’issue des échanges, les participant·e·s ont pris un engagement solennel à agir de manière concertée contre les violences basées sur le genre. Ils et elles se sont promis de décourager et de dénoncer toute tentative de règlement extrajudiciaire des cas de Vbg, une pratique qui fragilise l’accès à la justice et met en danger la vie des survivantes.

les participant·e·s ont également convenu de renforcer la collaboration entre institutions – justice, police, santé, affaires sociales et organisations communautaires – afin d’assurer une meilleure protection et un accompagnement adapté aux survivantes.

Enfin, l’assemblée a affirmé sa volonté de promouvoir une justice véritable, respectueuse des droits des victimes et déterminée à mettre fin à l’impunité des agresseurs.

Pour la SOFA, cette initiative représente une étape importante dans la mobilisation des acteurs et actrices locales de Jérémie afin que la justice soit rendue aux femmes et aux filles, et non négociée au détriment de leur sécurité et de leur dignité. [apr 25/08/2025 14:00]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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