P-au-P, 23 février 2026 [AlterPresse] --- Plusieurs partis et organisations politiques dénoncent le document dénommé « Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections », signé le dimanche 22 février 2026 à Pétionville (est de Port-au-Prince), tandis que d’autres l’applaudissent, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.
La signature de ce document, censé contribuer à stabiliser le climat en vue des prochaines élections, intervient dans un contexte marqué par de profondes divisions politiques, des actes de terreur et d’autres violences persistantes des gangs armés, une crise humanitaire et l’absence d’élections depuis plus de dix ans.
Parmi les partis politiques signataires dudit docuemnt, figurent Fanmi Lavalas, le Parti haïtien tèt kale (Phtk), Congrès patriotique, Engagés pour le développement (Ede), l’Alliance pour une société sans exclusion (Ase) et Renmen Ayiti.
Dans une note de dénonciation datée du dimanche 22 février 2026, dont l’authenticité a été confirmée par le dirigeant du parti politique Pitit Dessalines, Jean Charles Moïse, le regroupement de partis et organisations politiques, issu du Consensus politique pour le redressement national et la réorientation de la transition, annonce avoir rejeté ledit pacte, proposé par le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
Il indique avoir expulsé quatre de ses membres, dont les partis politiques Ede, Ansanm nou fò, Akò 14 out 2025 et Travay ansanm pou sove Ayiti (Tapsa) pour avoir choisi de signer ce pacte, jugé illégal.
Cette décision a été prise par l’Assemblée des signataires du Consensus politique pour le redressement national et la réorientation de la transition, à l’issue d’une session extraordinaire tenue avec le Comité de pilotage du consensus, le dimanche 22 février 2026.
L’accord dénommé Consensus politique pour le redressement national et la réorientation de la transition plaide pour une nouvelle transition d’une année.
Il appelle à la mise en place d’un exécutif bicéphale, à l’élaboration d’un plan stratégique immédiat de sécurité qui devrait rendre les élections possibles, ainsi qu’au respect strict de la souveraineté nationale et de l’intégrité des finances publiques.
Une conférence de presse est annoncée pour le mardi 24 février 2026, afin de présenter une feuille de route visant « un dialogue national sincère », selon ce regroupement de partis et organisations politiques.
Un pacte « mort-né », selon le parti politique Pitit Dessalines
Dans une note de dénonciation, le parti politique Pitit Dessalines, dirigé par Jean Charles Moïse, membre du Consensus politique pour le redressement national et la réorientation de la transition, qualifie ledit pacte de « fiasco », soulignant « un échec cuisant » et « une imposture flagrante légalisant l’illégalité ».
« Cette tentative désespérée ne réussira pas à masquer l’illégalité absolue d’un pouvoir, qui s’affranchit du cadre constitutionnel », prévient le parti politique Pitit Dessalines, qui y voit une farce politique et une forfaiture juridique.
Le parti politique Pitit Dessalines met en garde contre toutes tentatives de légitimer cette initiative, qu’il considère comme un aveu d’échec pour la démocratie.
« En violation flagrante de l’article 3 du décret du 27 mai 2024, cet accord omet sciemment de définir la durée du mandat du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, ouvrant la voie à une présidence de doublure illimitée », insiste-t-il.
Le parti politique Pitit Dessalines accuse également certains médias, proches du bureau du premier ministre, de tenter de présenter ce pacte comme un large consensus, alors que la rencontre de signatures s’est terminée dans le fracas et la division entre groupes rivaux, le dimanche 22 février 2026.
« Ce pacte n’est soutenu que par des entités sans représentativité, prêtes à sacrifier le pays pour des miettes de pouvoir », fustige le parti politique, appelant les intellectuelles et intellectuels, historiennes et historiens, citoyennes et citoyens engagé.e.s à rompre le silence.
Des voix favorables au pacte
Sur X, le dirigeant du parti politique Renmen Ayiti, Jean-Henry Céant, confirme avoir signé ledit document « Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections », mettant en avant la nécessité d’un dialogue et le besoin de voir le pays retrouver la sécurité, la stabilité, la paix et le développement.
Me. Michel André, membre de l’Accord du 21 décembre 2022 sou Ariel Henry et ardent défenseur de l’ancien premier ministre Ariel Henry (20 juillet 2021 - 11 mars 2024), affirme également que son groupe a signé le pacte, qu’il considère comme « un acte de responsabilité » pour mettre fin à la transition politique.
Actuellement, le pouvoir exécutif est exercé par le Conseil de gouvernement dit Conseil des ministres, sous la direction du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, depuis la fin, le 7 février 2026, du mandat du Conseil présidentiel de transition (Cpt), créé par l’accord politique du 3 avril 2024.
Un nouveau pacte de 30 articles, « le Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections » a ainsi vu le jour le dimanche 22 février 2026, avec pour objectif principal d’encadrer la période intérimaire post-7 février 2026, sans préciser de date de fin de ladite nouvelle période de transition politique en Haïti.
Les deux priorités concerneraient le rétablissement de la sécurité et l’organisation d’élections crédibles et inclusives, dans un environnement sûr et stable, selon ce qui est prévu dans ledit pacte du dimanche 22 février 2026.[emb rc apr 23/02/2026 13:40]
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