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Haïti-Transition politique : Appels au dialogue et au consensus national face aux tensions politiques

P-au-P, 10 février 2026 [AlterPresse] --- Plusieurs partis politiques et organisations de la société civile encouragent un dialogue républicain et la mise en place d’un consensus national, afin d’assurer une transition politique apaisée, à la suite de la fin, le 7 février 2026, du mandat du Conseil présidentiel de transition (Cpt), dans un contexte de fortes tensions politiques, dans des notes séparées consultées par l’agence en ligne AlterPresse.

En Avant plaide pour un dialogue républicain

Dans une lettre ouverte adressée aux forces vives du pays, le parti politique En Avant invite les secteurs organisés de la vie nationale à un dialogue républicain mené dans les règles de l’art.

Selon lui, seul un tel dialogue peut conférer la légitimité politique nécessaire aux autorités en place pour assurer une gestion sereine des affaires de l’État, dans une année électorale qui s’annonce houleuse.

Les discussions devraient permettre, entre autres, de définir en commun le format définitif de la gouvernance et le profil des ministres appelés à former le nouveau cabinet, lequel devra être composé de citoyens compétents, intègres et non partisans.

Le parti politique En Avant souligne l’urgence de créer des conditions sécuritaires et politiques propices à la tenue d’élections crédibles à la fin de 2026, afin de mettre un terme à une transition longue et pénible.

Il regrette que les secteurs vitaux de la vie nationale, les organisations représentatives de la société civile et les regroupements politiques n’aient pas su dégager un consensus suffisant pour organiser le remplacement ordonné du Cpt.

Une transition sous tension

La concentration du pouvoir exécutif entre les mains du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé suscite de vives inquiétudes quant à la légitimité d’un tel acte.

Cette nouvelle orientation de la transition intervient dans un climat de tensions politiques déjà fortes, marqué par la fin du mandat du Cpt.

Ce dernier avait initié un processus de mise en place d’un Collège présidentiel et d’un nouveau Premier ministre, processus resté inachevé.

Le dialogue national et le consensus politique pour une transition apaisée sont-ils encore possibles face à l’amplification des divergences entre acteurs politiques  ?

La crédibilité des élections prévues en 2026 ne risque-t-elle pas d’être compromise surtout dans un contexte où les gangs accentuent l’insécurité et fragilisent l’État  ?

Pitit Dessalines dénonce un pouvoir «  monocéphale  »

Dans une note de mise en garde, le parti politique Pitit Dessalines, qui avait Emmanuel Vertilaire comme représentant au Cpt, réclame la mise en place sans délai d’un consensus national, afin de restaurer un exécutif conforme à l’esprit de la Constitution, ainsi que la publication urgente d’un calendrier électoral contraignant pour un retour à l’ordre démocratique.

Il exige le retrait immédiat du décret, adopté en Conseil des ministres le 7 février 2026, plaçant l’intégralité du pouvoir exécutif sous l’autorité exclusive d’Alix Didier Fils Aimé.

«  Le cumul de ces fonctions par une seule personne, non issue du suffrage universel, crée un régime monocéphale de fait qui échappe à tout contrôle démocratique  ».

Le parti politique Pitit Dessalines dénonce une rupture manifeste avec les principes fondamentaux de la Constitution de 1987 et une violation grave de l’ordre républicain.

Il estime que l’exercice du pouvoir exécutif par Alix Didier Fils Aimé au-delà du 7 février 2026 manque de la légitimité populaire indispensable pour engager la Nation.

La Cutraseph et le Jeune Barreau de Port-au-Prince soutiennent une transition de rupture

Dans une prise de position commune, la Centrale unitaire des travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé (Cutraseph) et le Jeune Barreau de Port-au-Prince déclarent appuyer la position du collectif Nou Rasanble, qui prône une transition de rupture face au pouvoir jugé illégitime d’Alix Didier Fils Aimé.

Ils invitent le peuple haïtien, ainsi que les organisations politiques et sociales crédibles, à une réflexion citoyenne approfondie sur la nouvelle donne politique initiée le 7 février 2026, qu’ils qualifient de «  troublante, menaçante et inacceptable  ».

Ils encouragent notamment une mobilisation contre toute tentative de réédition d’un pouvoir autoritaire et rétrograde.

L’Oidh réclame un exécutif bicéphale et un pacte de gouvernabilité

De son côté, l’Observatoire international pour la démocratie et la gouvernance (Oidh) exhorte le Conseil des ministres, dirigé par le premier ministre Alix Didier Fils Aimé, à convoquer sans délai toutes les forces vives de la nation afin de trouver un accord politique pour doter le pays d’un exécutif bicéphale chargé de conduire Haïti vers les élections.

L’Oidh insiste sur la nécessité d’instaurer un dialogue sincère et inclusif, avec la participation de toutes les composantes de la société, en vue de conclure un pacte de gouvernabilité sur 25 ans. [emb rc apr 10/02/2026 13:20]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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