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Haïti-Transition : Une partie du Conseil présidentiel de transition décide de révoquer Alix Didier Fils-Aimé, Laurent Saint-Cyr s’y oppose

P-au-P, 22 janvier 2026 [AlterPresse] --- Une partie du Conseil présidentiel de transition (Cpt) n’en démord pas, malgré le deuxième avertissement lancé par le gouvernement des États-Unis d’Amérique, l’exhortant à ne pas trenvoyer le chef du gouvernement de transition, apprend AlterPresse.

Dans une interview à la station privée Radio Kiskeya, le conseiller président Louis Gérald Gilles affirme que 5 membres du Cpt ont pris cette résolution le mercredi 21 janvier 2026.

Selon des médias locaux, cinq membres du Cpt auraient voté une résolution, le mercredi 21 janvier 2026, en faveur de la révocation du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, considéré comme le protégé des autorités politiques à Washington.

Les conseillers-présidents Leslie Voltaire, Edgard Leblanc Fils, Smith Augustin, Fritz Alphonse Jean et Louis Gérald Gilles sont les signataires de cette résolution.

Ces conseillers refuseront-ils de céder aux pressions américaines ? Leur posture ne risque-t-elle pas de fragiliser davantage leur autorité face aux critiques internationales ? Les secteurs de la vie nationale, déjà divisés, soutiendront-ils le Cpt ou s’aligneront-ils sur les pressions extérieures ?

Dans une lettre datée du 21 janvier 2026 et adressée aux autres membres du Cpt, le coordonnateur des actions au Cpt, Anthony Franck Laurent Saint-Cyr, déclare s’opposer à toute résolution visant à remettre en cause la stabilité gouvernementale à l’approche du 7 février 2026

Saint-Cyr dénonce toutes tentatives de précipitation ou de prise de décisions majeures, sans un dialogue élargi, structuré et véritablement représentatif des différents secteurs de la vie nationale, y compris de la diversité des sensibilités politiques ayant disposé, à des degrés divers, d’une légitimité électorale avérée.

« À l’approche d’échéances institutionnelles majeures pour la nation, toutes initiatives, susceptible d’alimenter l’instabilité, la confusion ou la rupture de confiance, comportent des risques sérieux pour le pays », écrit-il encore.

Dans ce contexte, Sanit-Cyr en appelle à la prudence, à la retenue et au sens de la responsabilité collective.

Il souligne la nécessité de préserver le dialogue, la stabilité institutionnelle et la continuité de l’État, en vue du rétablissement de la sécurité et de l’organisation des élections.

Un remaniement gouvernemental, décidé par un organe non élu, constituerait une manœuvre de déstabilisation, estime le gouvernement des États-Unis, dans un avertissement publié le 21 janvier 2026.

L’objectif des États-Unis demeure l’instauration d’un minimum de sécurité et de stabilité, souligne le gouvernement étasunien, mettant également en garde toutes personnes soutenant une telle démarche, qu ;il juge favorable aux gangs armés.

Cet avertissement survient dans un contexte de fortes tensions à Port-au-Prince, marqué par des blocages de rues, à l’approche de la fin du mandat du Cpt, le samedi 7 février 2026.

Dans une note officielle, rendue publique le mercredei 21 janvier 2026, le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a condamné fermement ces blocages, rappelant que « les revendications doivent s’exprimer dans le cadre des lois de la République et dans le respect de l’ordre public ».

Plusieurs secteurs encouragent un dialogue politique inclusif, afin de trouver des solutions haïtiennes à l’impasse actuelle et d’éviter un vide institutionnel à l’échéance du mandat du Cpt.

Réunion, le jeudi 22 janviuer 2026, du Ministère haïten de la justice avec l’ambassade des États-Unis en Haïti

Dans un communiqué officiel, le bureau de communication du gouvernement a indiqué, dans ce contexte de tensions politiques, que le Ministère de la justice et de la sécurité publique (Mjsp) a tenu, ce jeudi 22 janvier 2026, une réunion de haut niveau avec l’ambassade des États-Unis en Haïti.

Les échanges ont porté principalement sur les enjeux liés au rétablissement durable de la sécurité nationale ainsi que sur le dossier de l’assassinat, le 7 juillet 2021, de l’ancien président Jovenel Moïse.. L’enquête piétine encore en Haïti, tandis que des avancées ont été réalisées aux États-Unis, aboutissant à la condamnation et à l’incarcération de responsables.

Selon le gouvernement sortant, cette rencontre s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération bilatérale et de l’engagement commun en faveur de la justice et de la stabilité.

Fritz Alphonse Jean face aux pressions américaines

Fin novembre 2025, une mise en garde antérieure avait déjà été adressée par l’administration politique de Washington à Fritz Alphonse Jean, membre du Cpt, l’accusant de soutien aux gangs et à d’autres organisations criminelles.

Lors d’un point de presse tenu le 25 novembre 2025, Fritz Alphonse Jean avait catégoriquement rejeté ces accusations, les dénonçant comme une ingérence politique visant à le réduire au silence en raison de son appel au renvoi du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, aux côtés d’autres conseillers-présidents.

Il avait invité les États-Unis à présenter la moindre preuve de leurs allégations.

Dans une déclaration à l’Associated Press, Jean a confirmé que le Département d’État américain lui avait imposé des restrictions de visa.

Il a également condamné les menaces de sanctions, transmises via WhatsApp, à certains membres du Conseil présidentiel de transition par les ambassades des États-Unis et du Canada en Haïti.

« Mon souhait est de ne jamais avoir à activer ce mécanisme, au motif que votre contribution au Cpt aura facilité une transition paisible en mettant de l’avant la continuité et la stabilité », aurait écrit l’ambassadeur du Canada, André François Giroux, dans un message WhatsApp relayé sur les réseaux sociaux.

L’ambassadeur canadien aurait aussi demandé à Fritz Alphonse Jean de confirmer l’abandon des démarches, visant à remplacer le premier ministre Alix Didier Fisl-Aimé, affirmant qu’une telle décision irait à l’encontre des objectifs de continuité.

Dans un autre message, Fritz Alphonse Jean aurait réitéré son constat d’échec du gouvernement actuel, relevant combien certains membres du Cpt souhaitent le remplacer afin de garantir le bon fonctionnement des institutions nationales.

Échec du Cpt et rendez-vous électoral

Le Cpt doit quitter le pouvoir le samedi 7 février 2026, date d’expiration du mandat de ses neuf membres. Sa mission principale était de permettre une transition vers un pouvoir élu à cette échéance.

Initialement prévue avant février 2026, l’élection présidentielle a été fixée au 30 août 2026, selon une proposition de calendrier électoral soumise le 14 novembre 2025 par l’institution électorale au Cpt.

Le contexte sécuritaire demeure marqué par l’emprise croissante des gangs armés, opérant en toute impunité dans un pays, qui n’a pas connu d’élections depuis 2016.

La confrontation ouverte entre certains membres du Cpt et les États-Unis risquerait de contribuer à une déstabilisation supplémentaire du pays, avec un Conseil fragilisé et une intensification des pressions internationales, selon des observateurs politiques.

Toute éventuelle recomposition politique semble désormais devoir se faire sous contrainte extérieure, au détriment de la souveraineté nationale, dans un climat d’instabilité politique et sécuritaire. [emb rc apr 22/01/2026 13:10]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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