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Haïti-Transition : Plusieurs partis politiques dénoncent un pacte controversé et un pouvoir « sans limites » à Alix Didier Fils-Aimé

P-au-P, 27 février 2026 [AlterPresse] --- Plusieurs partis politiques dénoncent un « Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections » controversé, visant à perpétuer l’ordre établi, à conférer un pouvoir illimité au premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et à consolider la domination étrangère, dans des déclarations recueilles par l’agence en ligne AlterPresse.

Dans une interview accordée à l’émission FwoteLide sur AlterRadio, suivie par AlterPresse le mercredi 25 février 2026, le Dr. Dunois Éric Cantave, l’un des signataires de l’accord du 30 août 2021, dit accord de Montana, y voit, selon ses propres termes, « la confirmation d’une occupation américaine d’Haïti ».

Dr. Cantave s’interroge sur l’intitulé même du document, qu’il qualifie d’« apocryphe ».

« N’auraient-ils pas mieux fait de compléter le titre, en disant : pacte national pour la stabilité, l’organisation des élections, le maintien du statu quo et la sauvegarde du système ? », ironise-t-il, estimant que le texte viserait avant tout à perpétuer l’ordre établi.

Il qualifie le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé de « fantoche » et appelle à une prise de conscience nationale, au-delà de la simple dénonciation.

Pour lui, la priorité doit être le « rapatriement de la souveraineté », avant toutes initiatives électorales.

Dr. Dunois Éric Cantave met en garde contre des « élections frauduleuses » et des « endettements illégaux et inconsidérés », qu’il considère comme des mécanismes d’hypothèque de l’avenir national.

Dans la même veine, l’anvvien sénateur Jean William Jeanty, dirigeant du regroupement politique Front patriotique populaire (Fpp), estime que le pacte de gouvernabilité constituerait une manœuvre visant à « consolider la domination étrangère ».

Jeanty appelle à une mobilisation populaire, pour contrer ce qu’il présente comme un projet d’élimination politique du peuple haïtien.

Le parti politique Fusion réclame un dialogue franc et inclusif

De son côté, le parti politique Fusion des sociaux-démocrates haïtiens (Fusion) exprime de profondes préoccupations concernant l’élaboration unilatérale du soi-disant « pacte national » .

Selon le parti politique Fusion, ce pacte a été imposé, sans consultations sérieuses préalables.

Un tel accord aurait dû résulter d’une véritable négociation avec les protagonistes clés des secteurs politiques, économiques et de la société civile.

Le parti politique Fusion appelle à un dialogue franc et sincère, qu’il considère comme la meilleure voie pour résoudre pacifiquement les problèmes politiques du pays.

Alerte sur un pouvoir illimité

Dans une prise de position commune, la Centrale unitaire des travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé (Cutraseph) et le Jeune Barreau de Port-au-Prince critiquent le « pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections ».

Selon ces organisations, ce document « taillé sur mesure » conférerait un pouvoir illimité au premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé, et à son équipe, aggravant ainsi la crise globale en Haïti.

Elles appellent la population haïtienne et la diaspora à se mobiliser, pour dénoncer ledit pacte et exiger un véritable dialogue politique entre Haïtiennes et Haïtiens, en vue de trouver un accord solide permettant de résoudre la crise actuelle, de restaurer la dignité nationale et de garantir la tenue d’élections libres et transparentes.

Ce pacte est rejeté par plusieurs autres partis et organisations politiques, dont le regroupement issu du Consensus politique pour le redressement national et la réorientation de la transition, qui plaide pour une nouvelle transition d’une année.

Dans une note de dénonciation, le parti politique Pitit Dessalines, dirigé par Jean-Charles Moïse, membre du Consensus, qualifie le pacte de « fiasco », dénonçant « un échec cuisant » et « une imposture flagrante légalisant l’illégalité ».

Cependant, intervenant également à l’émission FwoteLide, le porte-parole du parti politique Fanmi Lavalas, Jodson Durogène, dit partager les priorités exprimées dans le pacte visant le rétablissement de la sécurité et l’organisation des élections.

Il espère la résolution du problème de la sécurité et un dialogue avec tous les secteurs, faisant valoir que le pacte mise sur la poursuite du dialogue national.

En présence de représentantes et représentants du corps diplomatique en Haïti, une cérémonie de présentation du « Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections » s’est tenue le lundi 23 février 2026, à la Villa d’Accueil, à la suite de l’échéance le 7 février 2026, du mandat du Conseil présidentiel de transition (Cpt) décrié.

Ce pacte national a vu le jour la veille de l’ouverture de la 50ᵉ réunion ordinaire de la Conférence des chefs de gouvernement de la Communauté des Caraïbes (Caricom), le mardi 24 février 2026.

Parmi les signataires dudit pacte, figurent les partis politiques Fanmi Lavalas, Organisation du peule en lutte (Opl), le Parti haïtien tèt kale (Phtk), les partis politiques Congrès patriotique, Engagés pour le développement (Ede), Alliance pour une société sans exclusion (Ase) et Renmen Ayiti. [mff emb rc apr 27/02/2026 16:00]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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