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Haïti-Transition : Plusieurs organisations dénoncent la concentration du pouvoir politique aux mains d’Alix Didier Fils-Aimé et exigent une alternative durable à la crise

P-au-P, 03 mars 2026 [AlterPresse] --- Plusieurs organisations, partis politiques et regroupements de la société civile, dont le Consensus politique pour le redressement national de la transition et l’Assemblée des signataires de l’accord du 30 août 2021 dit accord de Montana, s’élèvent contre la concentration du pouvoir politique aux mains d’Alix Didier Fils-Aime en Haïti. Ces structures politiques réclament une alternative durable à la crise multidimensionnelle, qui frappe le pays depuis plusieurs années, dans une déclaration conjointe datée du lundi 2 mars 2026 et transmise à l’agence en ligne AlterPresse.

La concentration excessive du pouvoir politique aux mains d’Alix Didier Fils-Aimé est contraire à l’esprit républicain et à la tradition constitutionnelle haïtienne, estiment ces structures politiques.

Les organisations signataires de cette position commune, en date du 2 mars 2026, plaident pour la mise en place d’un exécutif bicéphale, qui devrait garantir l’équilibre entre les fonctions présidentielles et gouvernementales.

Elles préconisent sur une solution durable, fondée sur la responsabilité nationale et le contrôle souverain des choix institutionnels.

L’exécutif est concentré entre les mains d’Alix Didier Fils-Aimé, après la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (Cpt), le 7 février 2026, laissant un vide institutionnel.

Le gouvernement des États-Unis d’Amérique et d’autres partenaires internationaux ont ouvertement exprimé leur appui à Fils-Aimé face à une tentative du Cpt de le révoquer, dans une résolution adoptée le mercredi 21 janvier 2026..

Des sanctions d’annulation de visas américains des conseillers-présidents, qui ont signé la résolution de révocation d’Alix Didier Fils-Aime, le 21 janvier 2026, ont été imméditament prises par l’administration politique de Donald Trump.

Cette ingérence américaine dans les affaires internes d’Haïti a été vivement critiquée par plusieurs secteurs politiques et de la société civile, l’assimilant à une atteinte à la souveraineté du pays.

Les structures politiques, signataires de la déclaration conjointe du 2 mars 2026, appellent à une renégociation lucide et équilibrée des relations internationales, fondée sur le respect mutuel, la dignité des peuples et la reconnaissance de la contribution historique d’Haïti.

Elles exhortent les partenaires étrangers à privilégier la coopération équitable, la coresponsabilité et la non-ingérence.

Nécessité d’un accord politique inclusif

Ces structures politiques appellent à un accord politique participatif et transparent, qui repose sur des mécanismes institutionnels clairs et une architecture cohérente de transition.

« La gestion politique du pays ne peut pas se construire sur des arrangements précaires, une centralisation contestée ou des engagements opaques », préviennent-elles.

Elles dénoncent le « Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections », qu’elles jugent dépourvu de consensus national et de cadre institutionnel consolidé.

Elles expriment de profondes préoccupations face aux dérives institutionnelles, induites par ce pacte conclu dimanche 22 février 2026 avec Alix Didier Fils-Aimé.

Il s’agit d’un arrangement politique circonstanciel et limité, conclu entre des protagonistes fragilisés en quête de repositionnement, sans consensus national inclusif réel ni base légale et légitime solide. Un tel arrangement ne saurait garantir la stabilité politique, ni assurer l’organisation d’élections crédibles, ni répondre durablement aux exigences profondes d’une transition refondatrice, avertissent-elles.

Le « Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections », contesté par plusieurs partis politiques pour le pouvoir politique illimié conféré à Alix Didier Fils-Aimé, a été présenté officiellement le 23 février 2026 à la Villa d’Accueil, siège des autorités de transition,

Le document viserait à créer les conditions sécuritaires pour la tenue de prochains scrutins, dont le premier tour présidentiel devrait avoir lieu le 30 août 2026.

Les structures politiques, signataires de la déclaration conjointe du 2 mars 2026, souhaitent l’organisation d’élections honnêtes et sécurisées, dans un délai raisonnable, afin de restaurer la confiance nationale et la légitimité institutionnelle.

Après quinze mois de gestion politique, depuis le lundi 11 novembre 2024, sous la direction d’Alix Didier Fils Aimé, ces structures politiques affirment « constater une absence d’amélioration sécuritaire et institutionnelle, relevantant combien de vastes territoires restent toujours sous le contrôle de groupes criminels, tandis que les institutions publiques et privées demeurent fragilisées ». [emb rc apr 03/03/2026 11:55]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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