P-au-P, 07 février 2026 [AlterPresse] --- À la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (Cpt), le 7 février 2026, le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, désormais plus haute autorité de l’État, a promis la reprise du territoire, la neutralisation des gangs et l’organisation d’élections libres, tout en s’engageant à la non-ingérence de l’État et à l’égalité de traitement des candidats.
Dans son premier discours à la nation, prononcé au soir d’une date hautement symbolique de l’histoire politique en Haïti, Fils-Aimé a affirmé que la transition restait inachevée et que sa mission demeurait clairement définie : sécurité et retour à la légitimité démocratique par les urnes, observe AlterPresse.
Reprise du territoire et lutte contre les gangs
Affirmant que « l’État ne reculera pas », le chef du gouvernement a promis que les gangs et leurs soutiens ne trouveraient « aucun refuge ». Il a annoncé une mobilisation continue de la Police nationale d’Haïti (Pnh), des Forces armées d’Haïti (Fad’H) et de la Force de répression des gangs (Frg), appelées à agir avec « rigueur, coordination et continuité » pour reprendre chaque zone occupée.
Cette déclaration intervient dans un contexte sécuritaire alarmant. Selon un rapport du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh), plus de 8,100 personnes ont été tuées entre janvier et novembre 2025 dans des violences liées aux gangs.
Malgré l’appui de la Frg, les groupes armés continuent d’exercer une influence dans plusieurs communes des départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Plateau central.
Autorisée par le Conseil de sécurité de l’Onu en septembre 2025 et déclarée opérationnelle en octobre 2025, la Frg ne devrait être pleinement déployée qu’en octobre 2026. D’ici là, la charge principale des opérations repose sur les forces nationales, récemment renforcées par de nouveaux moyens.
Élections libres et neutralité de l’État
Au cœur de ses engagements, Alix Didier Fils-Aimé a insisté sur l’organisation d’élections libres et inclusives, présentées comme l’aboutissement incontournable de la transition.
Il a assuré que l’État n’interviendrait en faveur d’« aucun candidat », se limitant à garantir la liberté du processus électoral, la transparence, la justice et l’égalité de traitement entre tous les acteurs politiques.
Le pouvoir, a-t-il déclaré, sera remis à des dirigeantes et dirigeants « librement élu.e.s par le peuple ».
Silence sur l’exécutif bicéphale
Fait notable, le premier discours de Fils-Aimé ne fait aucune référence explicite au caractère bicéphale de l’exécutif, pourtant consacré par l’accord politique du 3 avril 2024, socle de la transition.
Ce silence contraste avec l’appel, lancé plus tôt par le conseiller-président sortant, Laurent Saint-Cyr, en faveur de la poursuite du dialogue politique autour d’un exécutif bicéphale.
En s’exprimant comme seul détenteur de l’autorité exécutive, le premier ministre semble ainsi assumer pleinement la direction du pays à l’entame de la dernière phase de la transition, tout en appelant à l’unité nationale.
Dernière étape de la transition
Reconnaissant l’ampleur de la crise sociale et humanitaire, Fils-Aimé a annoncé un plan d’urgence en faveur des communautés vulnérables, liant étroitement sécurité et dignité.
Il a appelé les forces politiques, la société civile, le secteur privé, les organisations religieuses, les jeunes, les femmes, les paysannes et paysans et la diaspora à dépasser les divisions.
L’unité nationale, a-t-il martelé, constitue la condition de la réussite de cette dernière étape de la transition, face à un pays qu’il a décrit comme engagé dans un combat décisif pour sa stabilité et sa démocratie. [apr 07/02/2026 21:00]
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