P-au-P., 24 avril 2026 [AlterPresse] --- La Compagnie de développement industriel (Codevi), située à Ouanaminthe dans le Nord-Est d’Haïti, est temporairement fermée, confirme l’organisation syndicale démocratique pour la défense des droits des ouvrières et ouvriers de la zone.
Les travailleuses et travailleurs de la Codevi maintiennent leur revendication d’un ajustement du salaire minimum à 3,000 gourdes par jour (US $ 1.00 = 135.00 gourdes ; 1 euro = 154.00 gourdes ; 1 dollar caanadien = 96.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 2.40 gourdes aujourd’hui), souligne le syndicaliste Lucène Étienne, président de l’organisation, lors d’une interview téléphonique à l’émission FwoteLide sur AlterRadio 106.1 FM, suivie par AlterPresse.
Dans une note officielle, la direction de la Codevi a annoncé, le mardi 21 avril 2026, une fermeture temporaire de l’entreprise, en réaction aux mobilisations ouvrières initiées par plusieurs organisations syndicales depuis le lundi 13 avril 2026,
Alors que la pression économique pèse sur les travailleuses et travailleurs, dans un contexte marqué par la flambée des prix du carburant, le salaire journalier ne devrait pas être inférieur au prix d’un gallon de carburant, estiment les syndicats soutenant les ouvrières et ouvriers.
Deux journées de grève ont eu lieu, les lundi 13 et mardi 14 avril 2026, suivies de mobilisations dans les rues pour réclamer un salaire minimum de 3 ,000.00 gourdes, accompagné de mesures sociales concrètes, d’une baisse des prix du carburant et de réformes au sein de l’Office national d’assurance-vieillesse (Ona) et de l’Office d’assurance accidents du travail, maladie et maternité (Ofatma).
Les syndicats avaient informé le Ministère des affaires sociales et du travail (Mast) de leur intention de tenir ces mouvements.
Les ouvrières et ouvriers ont rejoint leurs lieux de travail dans les usines de la Codevi, le mercredi 15 avril 2026, avant de retourner manifester pour une revalorisation du salaire minimum journalier.
Il n’existe pas de tension directe entre ouvrier.ère.s et employeur.e.s, mais plutôt des revendications adressées aux autorités publiques, notamment au Conseil supérieur des salaires (Css) et au gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé, precisent les syndicats, qui exhortent l’État haïtien à intervenir, afin d’éviter une aggravation de la crise sociale.
En 2025, plusieurs mobilisations avaient été déclenchées pour réclamer une augmentation substantielle du salaire minimum journalier et de meilleures conditions de travail.
À l’époque, les syndicats réclamaient 2,500.oo gourdes par jour, des subventions pour les transports et le logement, un appui scolaire pour les enfants des ouvrières et ouvriers, ainsi qu’une couverture médicale renforcée, rappelle Dominique St-Éloi, coordonnateur général de la Centrale nationale des ouvrières et ouvriers haïtiens (Cnoha).
La Codevi avait suspendu temporairement ses activités le 8 octobre 2025, suite à des grèves enclenchées par les ouvrier.ère.s, le 6 octobre 2025, pour protester contre de nouveaux prélèvements décidés par la Direction générale des impôts (Dgi).
La compagnie emploie environ 18,000 ouvrières et ouvriers, principalement dans la sous-traitance textile destinée à l’exportation.
Jusqu’à présent, aucun suivi n’a été effectué sur le rapport remis au gouvernement en avril 2025 par le Conseil supérieur des salaires, concernant un ajustement salarial en faveur des ouvrières et ouvriers, a regretté l’organisation.
Actuellement, une ouvrière ou un ouvrier du secteur industriel perçoit en moyenne 685.00 gourdes par jour, alors qu’un gallon de carburant coûte entre 725.00 et 950.00 gourdes selon les départements.
Les agentes et agents de sécurité gagnent environ 615.00 gourdes par jour, tandis que les employé.e.s de maison touchent parfois à peine 350.00 gourdes par jour. [mff emb rc apr 24/04/2026 10:00]
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