P-au-P., 06 mai 2026 [AlterPresse] --- L’organisation syndicale Batay Ouvriye considère comme une avancée l’augmentation à 1 000 gourdes du salaire minimum journalier dans la branche de la sous-traitance.
Lors d’une intervention à l’émission Fwote Lide, diffusée sur AlterRadio 106.1 f.m et consultée par AlterPresse, Yannick Étienne de Batay Ouvriye parle d’une avancée, mais souligne que la satisfaction n’est pas totale.
Pour cette revalorisation, l’État s’est appuyé sur les recommandations du Conseil supérieur des salaires (Css), qui suggérait 950 gourdes pour la sous-traitance.
Batay Ouvriye estime que le salaire pourrait atteindre 1 300 gourdes, et appelle à une renégociation des tarifs de production, pouvant permettre de dépasser 1 500 gourdes comme salaire journalier pour les ouvrières et ouvriers de la branche textile.
La mise en application du nouveau salaire minimum nécessite la publication d’un arrêté officiel. Un Conseil des ministres doit adopter la mesure avant sa parution dans le journal officiel Le Moniteur, souligne l’organisation.
Ce salaire ne permettra pas de faire face au coût de la vie et à l’inflation galopante, déplore Pierre Télémaque, membre de l’intersyndicale de Batay Ouvriye.
Il dit attendre la publication prochaine de l’arrêté officiel qui doit consacrer l’augmentation du salaire minimum.
Télémaque reproche à l’État d’avoir laissé passer plus d’un an sans donner suite au rapport du Conseil supérieur des salaires (Css) sur l’ajustement du salaire minimum.
Il appelle les autorités à prendre en compte les revendications de la population, qui réclame notamment une baisse des prix du carburant, facteur aggravant du coût de la vie.
La population haïtienne est fortement affectée par la crise socio-économique aggravée par l’escalade de la terreur et d’autres violences des gangs armés, qui provoquent le déplacement de plus de 1,4 million de personnes.
Le gouvernement haïtien et les syndicats de la sous-traitance ont trouvé un terrain d’entente autour d’une augmentation du salaire minimum journalier à 1 000 gourdes, tandis que les agents de sécurité bénéficient eux aussi d’une revalorisation à 925 gourdes.
Le segment G, qui concerne les agents de sécurité, a aussi bénéficié d’une augmentation. Pour ce segment, le gouvernement a retenu 925 gourdes comme nouveau seuil, alors que le salaire minimum était fixé à 625 gourdes en 2002, selon Batay Ouvriye.
Le Css avait proposé 900 gourdes.
Les syndicats ont obtenu que le salaire de la production soit également fixé, ce qui permettrait d’augmenter les revenus, indique Yannick Étienne.
Des mesures d’accompagnement
Le gouvernement a aussi annoncé une aide financière de 625 millions de gourdes en faveur des ouvrières et ouvriers.
Cette année, une allocation de 25 000 gourdes est prévue. Elle devrait être versée en cinq tranches de 5 000 gourdes durant les cinq derniers mois de l’exercice fiscal 2025-2026, rappelle Batay Ouvriye.
Lors d’une rencontre le lundi 4 mai 2026, l’offre de 1 000 gourdes proposée par le gouvernement pour le segment F a été acceptée par Batay Ouvriye, après le rejet d’une précédente proposition de 810 gourdes.
Lors d’une conférence, le ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Collin, a précisé que cette revalorisation sera progressivement étendue à d’autres catégories de travailleurs, sans calendrier précis.
Dominique Saint-Éloi, de la Centrale nationale des ouvrières et ouvriers haïtiens (Cnoha), a aussi exprimé sa satisfaction après l’annonce d’une hausse du salaire minimum dans la sous-traitance, désormais fixé à 1 000 gourdes par jour.
Les négociations ont été « rudes », mais elles ont permis d’obtenir ce résultat, souligne la Cnoha.
Dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, des ouvrières et iouvriers de la Société des parcs industriels (Sonapi) manifestent depuis fin avril 2026 pour exiger une revalorisation salariale à 3,000.00 gourdes par jour.
À Ouanaminthe (Nord-Est), les activités de la Compagnie de développement industriel (Codevi) ont été récemment perturbées par des mouvements de grève, impliquant plusieurs milliers d’ouvrières et d’ouvriers, qui réclamaient un relèvement du salaire minimum journalier. [apr 06/05/2026 16:00]
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