Español English French Kreyòl

Español English French Kreyòl

Haïti – Sécurité alimentaire : Bel Air et Pichon dans le Sud-Est face au défi de produire pour nourrir

Des pratiques agricoles adaptées face aux défis climatiques

La sécheresse et l’érosion des sols constituent un problème majeur pour les communautés de Bel Air et de Pichon, dans le Sud-Est d’Haïti, dont les productions agricoles ont subi un coup. Ainsi, des actions concertées ont été entreprises par l’entremise du Ministère de l’environnement (Mde), à travers le programme de l’Alliance mondiale contre le changement climatique (Amcc+), afin de réduire l’impact des changements climatiques.

Par Charilien Jeanvil

À Bel-Air et Pichon, des initiatives d’irrigation, d’agroforesterie et de reboisement renforcent la production agricole face aux défis climatiques.

P-au-P, 8 mai 2026 [AlterPresse] --- Face aux défis croissants liés aux changements climatiques, notamment la sécheresse et l’érosion des sols, les communautés de Bel Air et de Pichon se trouvent confrontées à d’importantes difficultés de production agricole, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.

Cette situation fragilise grandement leur sécurité alimentaire et leurs moyens de subsistance.

La raréfaction des ressources aqueuses engendre un stress hydrique préjudiciable à l’irrigation des terres et des cultures, compromettant ainsi la production alimentaire. Cette pénurie d’eau est également source de tensions entre les usagers, comme le souligne l’accompagnateur Chrislhomme Philomé.

Toutefois, grâce à l’engagement du projet de l’Alliance mondiale contre le changement climatique (Amcc+), du Ministère de l’environnement (Mde) et de ses partenaires, des avancées notables ont été réalisées.

La mise en place d’un système d’irrigation alimenté par un bassin approvisionné à l’aide de l’énergie photovoltaïque a permis d’augmenter significativement le débit d’eau. Ce dispositif favorise désormais l’irrigation d’une grande partie de la localité de Préchet, comme l’indique avec satisfaction l’ingénieur-agronome Nathan Jean-Pierre, coordonnateur de projet à Helvetas.

Les axes d’intervention du projet

Le projet accorde une attention particulière à la sensibilisation des personnes quant à l’importance des jardins agroforestiers.

Dans cette optique, une pépinière a été installée, permettant à environ 300 agricultrices et griculteurs de bénéficier de la distribution d’essences forestières et fruitières. En parallèle, ces bénéficiaires sont accompagnés dans la mise en œuvre de systèmes agroforestiers durables.

Spot audio sur la sécurité alimentaire en Haïti


Télécharger l’audio

Par ailleurs, des travaux d’aménagement ont été réalisés sur les versants dégradés, incluant la construction de murets et l’introduction de pratiques visant à limiter l’érosion, telles que la plantation de bambous. Ces initiatives contribuent également à réduire la quantité de sédiments se déversant dans la mer.

Comme l’explique l’ingénieur-agronome Joël Similien, officier de suivi et évaluation du projet « Inovee », l’objectif global consiste à améliorer la gestion des ressources en terre et en eau dans la zone intermédiaire de Cascade Pichon.

Un autre volet essentiel repose sur l’implication d’une trentaine de participant.e.s dans des champs-écoles. Celles-ci et ceux-ci expérimentent des techniques innovantes, notamment la fragmentation des semences d’igname ainsi que la méthode du « Plants issus de fragments » (Pif).

Ces pratiques permettent d’accroître à la fois la quantité et la qualité des semences, en garantissant leur résistance aux maladies, remarque Chrislhomme Philomé, responsable de la composante économique du projet « Inovee ».

Un impact significatif

L’amélioration du système d’irrigation et l’augmentation du débit d’eau ont eu des retombées positives sur la production agricole locale.

Selon Chrislhomme Philomé, cette évolution constitue « une véritable bouffée d’oxygène » pour les familles, dont les revenus ont sensiblement augmenté.

Elle favorise également la diversification des cultures, avec le développement de la filière du maraîchage en complément des cultures traditionnelles, telles que les haricots et le maïs, permettant ainsi une meilleure exploitation des principales saisons agricoles.

L’ingénieur-agronome Joël Similien constate, pour sa part, des changements rapides et tangibles.

Environ 250 hectares ont été reboisés, contribuant à atténuer les effets des changements climatiques et à réduire la pollution marine liée aux sédiments. Il souligne également une évolution palpable des comportements, résultant des efforts de sensibilisation et de l’implication active des communautés dans les projets d’aménagement.

Une approche visant l’encadrement et l’implication

Selon l’ingénieur-agronome Jean Sorel Nelson, responsable de projet à Caritas Suisse, ces actions renforcent la capacité d’adaptation des communautés face aux aléas climatiques.

Ces avtions visent à réduire leur vulnérabilité tout en promouvant l’utilisation des énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire.

Il insiste également sur l’importance de consolider les moyens de subsistance et de sensibiliser les populations à une gestion durable des ressources ligneuses, essentielle dans la lutte contre le changement climatique.

Une implication accrue des actrices locales et acteurs locaux apparaît déterminante pour assurer la réussite des initiatives entreprises.

L’ingénieur-agronome Nathan Jean Pierre souligne la nécessité de favoriser le dialogue et la concertation entre les parties prenantes, notamment à travers la redynamisation de la table de concertation communale.

Des réunions régulières permettent désormais d’identifier des solutions concertées pour une gestion durable des ressources naturelles dans la commune de Belle-Anse.

Il apparaît indispensable de préserver les ressources naturelles et d’adapter les pratiques, non seulement dans le domaine agricole, mais également dans l’ensemble des modes de vie, afin de répondre durablement aux défis imposés par les changements climatiques.

Il importe de considérer la forte vulnérabilité climatique d’Haïti, avec plus de 93 % du territoire national exposé aux risques d’ouragans, d’inondations et de sécheresses, réduisant drastiquement les cultures et les productions.

Le programme Amcc+, mis en œuvre avec l’appui de l’Union européenne (Ue), s’appuie sur l’adaptation et l’atténuation, ses principaux axes. Il vise à accroître la résilience climatique du pays, en combinant adaptation aux impacts et réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Coordonné à l’échelle nationale par le Ministère de l’environnement, il cible prioritairement la deuxième section communale de Cascade Pichon, à Belle-Anse et Jacmel, dans le département du Sud-Est.

Ce programme s’inscrit dans le prolongement des engagements, pris dans le cadre de l’Accord de Paris, adopté en 2015 et ratifié par le Parlement haïtien en février 2017. [cj gp apr 08/05/2026 16 :00]


Article rédigé dans le cadre du programme AMCC+ Haïti, conduit par le Ministère de l’Environnement avec le soutien de l’Union européenne.

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


Depuis 2001

Explorer toutes les archives