Español English French Kreyòl

Español English French Kreyòl

Haïti – Sécurité : Les gangs étendent leur emprise malgré l’embargo sur les armes, alerte un rapport de l’Onu

P-au-P., 26 juin 2025 [AlterPresse] --- Les violences des gangs en Haïti s’intensifient et devienbent plus brutales, alerte un rapport du groupe d’experts de l’Organisation des Nations unies (onu), chargé de surveiller les sanctions du Conseil de sécurité.

Malgré un embargo sur les armes instauré en 2022 et renforcé par la suite, les gangs continuent de s’armer, notamment via le détournement de stocks de la Police nationale d’Haïti (Pnh) et de la République dominicaine, avec la complicité présumée d’agents corrompus, selon le rapport consulté par AlterPresse.

Entre octobre 2024 et février 2025, les groupes armés ont accru leur puissance de feu en se procurant davantage de fusils-mitrailleurs, aggravant les difficultés pour des forces de sécurité dépassées et sous-équipées.

Le rapport fait état de massacres, d’enlèvements, de meurtres et de viols commis dans un contexte d’impunité, en l’absence de réponse étatique structurée.

Depuis le début de la crise, près de 1,3 million de personnes ont été déplacées. Plus de 1,600 personnes ont été tuées entre janvier et mars 2025. L’économie, la justice et les services publics sont en ruine.

Le déploiement partiel de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas), dirigée par le Kenya, et qui vient de boucler sa première année, n’a pas permis d’enrayer l’expansion des gangs, notent les experts.

Ces derniers s’inquiètent aussi de la multiplication des groupes d’autodéfense, responsables de lynchages collectifs, et de leurs liens croissants avec des policiers. Des accusations d’exécutions extrajudiciaires visent également des agents de la Pnh.

Le rapport dénonce enfin le soutien dont bénéficieraient les gangs de la part de certaines figures politiques et sécuritaires, désireuses de s’en servir comme instruments de pouvoir.



Dans une interview accordée le 20 juin 2025 à un panel de médias, dont AlterPresse, le coordonnateur des actions au Conseil présidentiel de transition (Cpt), Fritz Alphonse Jean, a reconnu qu’Haïti traverse un moment de rupture historique. Il évoque une alliance tacite entre certains acteurs locaux opposés aux réformes et des puissances internationales complaisantes.

Selon lui, plusieurs responsables au sein de l’État auraient sciemment collaboré avec les gangs pour des intérêts électoraux, politiques ou économiques, rendant aujourd’hui toute action crédible contre ces groupes extrêmement difficile. [gp apr 26/06/2025 20:00]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


Depuis 2001

Explorer toutes les archives