La rentrée des classes pour l’année académique 2026-2027 est fixée au 7 septembre 2026 par le Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (Menfp). Cependant, des préoccupations majeures persistent quant à une rentrée effective et inclusive dans tous les départements du pays. Entre défis sécuritaires et infrastructurels, de nombreux établissements scolaires seront dans l’impossibilité de rouvrir leurs portes ce lundi.
Par Charilien Jeanvil
P-au-P., 5 sept. 2026 [AlterPresse] --- Des milliers d’enfants sont attendus dans les salles de classe ce lundi 7 septembre 2026. À environ 48 heures de cette reprise officielle, des préoccupations majeures émergent, constate AlterPresse. Outre les difficultés financières des parents, les défis sécuritaires et infrastructurels constituent des obstacles considérables, susceptibles d’affecter négativement la réouverture des écoles, voire le déroulement de l’année académique.
La violence des gangs dans les départements de l’Ouest, du Centre et de l’Artibonite affecte fortement les établissements scolaires, le personnel éducatif, les parents et les élèves. Cette réalité aggrave une situation déjà difficile dans les écoles à travers le pays, confrontées à d’importants déficits d’infrastructures.
Le constat est alarmant.
L’Union de parents d’élèves progressistes haïtiens (Upeph) alerte sur une absence de préparatifs susceptible de compromettre la réouverture des écoles sur le territoire national.
L’Upeph dénonce l’inaction du gouvernement et critique l’absence de dispositions adéquates pour rendre effective la rentrée des classes.
Employé.e.s de la fonction publique non rémunéré.e.s, augmentation excessive des frais scolaires, centaines d’écoles publiques non reconstruites ou non réparées dans plusieurs départements du pays, fermeture de plus de 1 700 établissements et destruction de plus de 500 autres : l’Upeph plaide pour des mesures fermes et d’accompagnement, dans un contexte marqué par la crise économique et la violence des gangs armés.
L’Union nationale des normaliennes/normaliens et éducatrices/éducateurs d’Haïti (Unnoeh) réclame, de son côté, la récupération des établissements scolaires occupés par des personnes déplacées fuyant la terreur et les violences des gangs armés, afin de garantir la réouverture effective des classes.
Ces mesures doivent permettre une reprise inclusive des activités scolaires et offrir aux élèves, aux enseignant.e.s et aux familles des conditions propices à l’enseignement et à l’apprentissage, souligne l’organisation.
Selon l’Unnoeh, 730 établissements scolaires à travers le pays nécessitent une réhabilitation urgente avant la rentrée du lundi 7 septembre 2026.
Elle dénonce également l’absence de dialogue social entre le Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (Menfp) et les syndicats d’enseignant.e.s.
Au Cap-Haïtien, dans le Nord, le Collège Régina Assumpta se trouve, par exemple, dans l’impossibilité de rouvrir ses portes le lundi 7 septembre.
Une partie de l’établissement a été détruite dans le cadre de travaux visant à permettre à un canal de drainage de rejoindre la mer, dans le cadre d’un projet global d’assainissement de la ville du Cap-Haïtien.
L’état actuel du site ne permet pas d’accueillir les élèves et étudiant.e.s dans des conditions acceptables à la date prévue pour la rentrée, confirme la direction du CRA.
Violation du droit à l’éducation ?
Le Regroupement éducation pour toutes et tous (Rept) réitère son appel au respect des obligations de l’État haïtien en matière de droit à l’éducation, tel que garanti par la Constitution, à l’approche de la rentrée des classes 2026.
« La rentrée scolaire doit être une véritable opération nationale visant à assurer à chaque enfant haïtien un accès équitable à une éducation publique, gratuite, inclusive et de qualité ».
Le Rept juge « inacceptable que plus de 800 000 enfants soient encore privés de leur droit fondamental à l’éducation » et demande au Menfp de « lancer, dans les meilleurs délais, une campagne nationale d’identification de tous les enfants non scolarisés et de procéder à leur intégration dans le Système d’information de gestion de l’éducation (Sige) ».
« Environ 1,2 million d’enfants ne fréquentent pas l’école, en particulier celles et ceux vivant dans les zones rurales, les quartiers défavorisés ou touchés par la criminalité », rappelle le Rept.
Une rentrée scolaire réussie ne se mesure pas seulement au nombre d’écoles ouvertes, mais aussi au nombre d’enfants effectivement accueillis, protégés et accompagnés vers la réussite, insiste l’organisation.
Des mesures insuffisantes ?
« Nous voulons nous assurer d’une rentrée scolaire sécurisée et inclusive en articulant nos ressources, nos efforts et nos forces. La réussite de l’année académique 2026-2027 est une responsabilité collective », a déclaré le ministre de l’Éducation nationale, Dr Vijonet Déméro, lors de la cérémonie annonçant la rentrée des classes, en juillet 2026.
Il insiste sur l’importance de préserver le fonctionnement des établissements scolaires, qu’il qualifie de « sanctuaire de la République ».
« Rien ne doit s’opposer à son fonctionnement », affirme-t-il, appelant à prendre toutes les dispositions nécessaires pour protéger les écoles.
Le titulaire du Menfp, Dr Vijonet Déméro, annonce une série d’actions pour la rentrée scolaire 2026, notamment la distribution de manuels scolaires et d’uniformes, la réparation de bâtiments publics, le paiement des enseignantes et enseignants du Programme spécial de gratuité de l’éducation (Prosgate), l’allocation directe aux parents via le « Cash transfert éducation », ainsi que le déploiement de facilitatrices et facilitateurs en santé mentale.
Cependant, des parents d’élèves consultés par AlterPresse émettent des réserves sur la transparence des programmes en cours, déplorant des méthodes jugées exclusives.
194 jours de classes
Le calendrier scolaire de l’année académique 2026-2027 est réparti sur 194 jours de classe, avec 864 heures d’apprentissage pour le préscolaire, 920 heures pour le fondamental (1er et 2e cycles), et 1 164 heures pour le 3e cycle fondamental et l’enseignement secondaire.

Du 14 au 17 juin 2027 auront lieu les examens officiels de la neuvième année fondamentale, du Centre d’éducation familiale (Cef), de l’École normale des instituteurs.trices (Eni) et de la Formation technique et professionnelle.
Les examens du Nouveau secondaire (NS4) et du Bac permanent se dérouleront du 28 juin au 1er juillet 2027. [cj gp 05/09/2026 18:50]
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