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Haïti/Rapt à Kenscoff : l’Archevêché dénonce un effondrement moral et appelle à l’action

P-au-P, 06 août 2025 [AlterPresse] — L’Archevêché de Port-au-Prince dénonce avec « véhémence » l’enlèvement de huit personnes, dont un enfant, à l’orphelinat Sainte-Hélène de Kenscoff, survenu dans la nuit du dimanche 3 août 2025.

« Ce nouvel acte de barbarie est le signe, parmi tant d’autres, d’un effondrement moral, d’une faillite de l’État et d’une société qui perd le sens de la vie et de la dignité humaine », déplore l’Archevêché, dans une note consultée par AlterPresse, en appelant les autorités à assumer leurs responsabilités.

« Si nous laissons l’indifférence et les querelles intestines, au nom de quelque intérêt que ce soit, nous rendre insensibles à la souffrance des victimes de toutes sortes, causées par la violence qui règne aujourd’hui en Haïti, alors nous deviendrons des complices de cette destruction lente mais certaine de ce pays. Car le silence face à l’inacceptable est une forme de renoncement à notre vocation humaine et chrétienne », ajoute l’institution catholique.

L’archevêque de Port-au-Prince enjoint les « autorités civiles, militaires et policières à garantir la sécurité de tous et à obtenir la libération immédiate des personnes enlevées ».

« Une fois de plus, des crimes commis avec un cynisme glaçant témoignent du naufrage de l’humanité dans notre société où l’impensable devient quotidien. Le crime ne connaît plus de limites. Et ce sont des lieux de soin, d’éducation, de refuge et d’espérance qui sont désormais pris pour cibles. Ce rapt constitue une atteinte à ce qu’une société porte en elle de plus noble : le service gratuit de l’autre, l’innocence de l’enfant sans défense, la foi incarnée dans des œuvres de miséricorde », poursuit l’Archevêché.

Il exprime sa solidarité fraternelle et sa proximité spirituelle à toute la famille de « Nos Petits Frères et Sœurs » et de la Fondation Saint Luc.

Le kidnapping, suivi de la séquestration de huit personnes, dont un enfant de 3 ans, a eu lieu à Tèt Bwa Pen, Obléon (Kenscoff, à l’est de la capitale, Port-au-Prince), vers 3:00 a.m. (7:00 GMT), le dimanche 3 août 2025.

En réaction, l’Hôpital Saint-Damien, le Pwogram Lavi et l’Hôpital Saint-Luc — tous rattachés au réseau « Nos Petits Frères et Sœurs » (Npfs) et à la Fondation Saint Luc — ont suspendu leurs activités depuis le dimanche 3 août, pour protester contre cet acte de « violences inacceptables », ont annoncé les deux entités.

Elles indiquent qu’elles ne reprendront leurs services qu’après la libération inconditionnelle des personnes enlevées.

Dans une note transmise à la rédaction d’AlterPresse, l’Institut du bien-être social et de recherches (Ibesr) informe avoir mis à disposition, en partenariat avec le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), des moyens de relocalisation pour les enfants et le personnel concernés.

« Toutefois, cette relocalisation avait été initialement jugée non urgente par les responsables du centre », précise l’Ibesr, entité publique chargée de la protection de l’enfance et de la famille.

Fondé en 1988 à Kenscoff, l’orphelinat Sainte-Hélène accueille environ 300 enfants, dont une cinquantaine à mobilité réduite (vivant avec des handicaps). [mff cj gp 06/08/2025 13:50]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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