P-au-P, 1er avril 2026 [AlterPresse]--- Le gouvernement a décidé d’augmenter significativement les prix des produits pétroliers sur le marché national, en dépit des mises en garde lancées par plusieurs organisations syndicales, observe l’agence en ligne AlterPresse.
Le gallon de gazoline passe de 560.00 gourdes à 725.00 gourdes, celui du diesel de 620.00 gourdes à 850.00 gourdes et celui du kérosène, plus connu sous le nom de gaz blanc, de 615.00 gourdes à 845.00 gourdes (Ndlr : US $ 1.00 = 135.00 gourdes ; 1 euro = 153.00 gourdes ; 1 dollar canadien = 95.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 2.40 gourdes aujpourd’hui).
Cette mesure, prise sur recommandation du Conseil consultatif en date du 31 mars 2026, doit entrer en vigueur le jeudi 2 avril 2026 sur l’ensemble du territoire national, selon un avis relayé sur les réseaux sociaux et signé par Serge Gabriel Collin, titulaire du Ministère de l’économie et des finances (Mef), et Sandra Paulémon, titulaire ad intérim du Ministère du commerce et de l’industrie (Mci), en l’absence de James Monazard.
Beaucoup s’élèvent contre les dépenses ostentatoires publiques (avec des trains de vie scandaleux de fonctionnaires, cartes de téléphones et de débit, voitures de luxe, paiement de frais de résidences à partir du budget de l’État, locations partisanes d’immeubles à des prix exorbitants, paiements de lobbyings politiques, gaspillages de fonds publics dans des dépenses somptuaires, etc.) dans l’administration publique en Haïti, décidées par les différents gouvernements au pouvoir et sans aucun résultat concret sur les conditions de la vie de la population, notamment en matière de sécurité publique et de vie chère sur le territoire national.
La Centrale nationale des ouvrières et ouvriers haïtiens (Cnoha) avait mis en garde contre toutes augmentations des prix du carburant sur le marché national, rappelant combien les fluctuations passées ont aggravé la misère, la criminalité et une hausse des prix des biens les plus essentiels à la consommation.
Lors d’une intervention à l’émission FwoteLide, diffusée sur AlterRadio 106.1 f.m. et suivie par AlterPresse, Dominique St Éloi, coordonnateur de la Cnoha, appelle les autorités à revoir leur politique économique, afin de réduire le coût de la vie.
Il préconise un ajustement rapide du salaire minimum journalier, la mise en place de subventions sociales permanentes, la gratuité des transports pour les salarié.e.s, ainsi qu’une baisse des coûts des logements, médicaments et services hospitaliers.
La Cnoha continue de réclamer un salaire minimum de 2,500.00 gourdes en faveur des ouvrières et ouvriers pour une journée de 8 heures de travail, rejetant le montant de 920.00 gourdes, proposé par le Conseil supérieur des salaires (Css), jugé insuffisant face à l’inflation.
Risque d’aggravation du coût de la vie
Une augmentation des prix des produits pétroliers sur le marché national ne saurait, en aucun cas, être justifiée dans les circonstances actuelles, estime le Collectif du 4 décembre 2013 dans une note.
Cette hausse entraînerait inévitablement une aggravation du coût de la vie et une détérioration supplémentaire des conditions d’existence, déjà précaires de la majorité des citoyennes et citoyens, avertit-il.
Le Collectif du 4 décembre 2013 évoque un contexte, marqué par une précarité économique aiguë, des déplacements forcés de population sous la menace de groupes armés, la persistance de la criminalité et la paralysie de la circulation sur plusieurs axes routiers.
La population subit de plein fouet les effets de cette crise multidimensionnelle, note-t-il.
« Les périodes antérieures de baisse des prix des produits pétroliers sur le marché international (depuis l’année 2022) n’ont ni été répercutées au bénéfice des consommatrices et consommateurs, ni mobilisées de manière significative pour répondre aux urgences sociales et aux besoins structurels du pays ».
Toutes nouvelles hausses des prix du carburant sur le marché national frapperaient de plein fouet les travailleuses et travailleurs, déjà vulnérables dans l’économie en Haïti, a prévenu le secrétaire général de la Centrale autonome des travailleuses et travailleurs haïtiens (Cath), le syndicaliste Fignolé St-Cyr.
Déplorant qu’aucune mesure concrète n’ait été adoptée près d’un an après la remise du rapport sur le salaire minimum journalier en Haïti, la Cath presse le gouvernement d’appliquer les recommandations du Conseil supérieur des salaires (Css). [mff emb rc apr 1er/04/2026 14:25]
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