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Haïti-Politique : Levée de boucliers au Plateau central contre le projet de référendum constitutionnel

Correspondance spéciale Ronel Odatte

Hinche (Haïti), 06 février 2025 [AlterPresse]--- Plusieurs associations de la société civile à Hinche déclarent s’opposer à toute éventuel changement de Constitution dans les conditions actuelles, dans des déclarations dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Une nouvelle Constitution taillée sur mesure ?

Le Mouvement des jeunes de Hinche (Mjh) critique le comportement des autorités, qui voudraient, à tout prix ,doter le pays d’une nouvelle Constitution taillée sur mesure, dans une note datée du lundi 3 février 2025.

Les conditions ne sont pas favorables à l’organisation du prochain référendum constitutionnel en Haïti, estiment les signataires de cette note, s’interrogeant sur la face cachée de ce projet, qui ressemblerait à une démarche visant à liquider Haïti.

« Les tenants du pouvoir doivent s’organiser pour résoudre les problèmes de la criminalité, de la misère et de la cherté de la vie, qui sévissent dans le pays ».

De son côté, l’Alliance universitaire d’Haïti (Auh) se montre également très critique vis-à—vis des responsables haïtiens, qui se sont donné corps et âme dans cette démarche d’offrir à la nation haïtienne une nouvelle Constitution.

« On ne peut pas changer une Constitution à partir de simples réflexions ou des analyses superficielles. Il faut aller au-delà, car toute nouvelle Constitution devrait être une opportunité, visant à créer une nouvelle société plus juste et plus prospère », fait remarquer le dirigeant de l’Auh, Dr. Junior Chérélus.

Le projet est mal entamé, affirme Chérélus, qui se dit attristé de voir des responsables de Port-au-Prince venir se réunir, la semaine dernière, à Hinche, avec des citoyennes et citoyens pour parler de référendum constitutionnel, alors que les vrais secteurs concernés n’ont pas été invités à y prendre part.

Le Mouvement paysan de Papaye (Mpp) et le parti politique Konbit travayè peyizan pou libere Ayiti (Kontra pèp la) qualifient de « diabolique » l’idée d’organiser un référendum constitutionnel dans un pays, où les gangs armés dictent leurs lois.

Les autorités gouvernementales devraient plutôt travailler dans l’objectif de résoudre le problème de la criminalité, conseille Philfrant Saint-naré, port parole adjoint du Mpp et l’un des dirigeant du parti politique Kontra pèp la.

« Il faut se rappeler qu’une bonne partie d’Haïti est aux mains des gangs armés. En plus, le pays n’est pas dirigé. L’accord du 3 avril 2024 a été systématiquement violé », note Philfrant Saint-naré, qui invite le Conseil présidentiel de transition (Cpt) à jeter l’éponge.

Les conditions ne sont pas propices pour parler de référendum constitutionnel, a souligne Philfrant Saint-naré, à l’occasion d’une série d’assises sur la réforme constitutionnelle, organisées à Hinche, les vendredi 24 et samedi 25 janvier 2025.

Y ont pris part des membres d’associations de la société civile, des fonctionnaires de l’État et d’autres citoyennes et citoyens de Hinche.

Des associations de défense des droits humains et des organisations paysannes, comme le Mpp, n’ont pas été invitées, relève Saint-naré.

Une délégation, ayant à sa tête l’ancien député Franck Lauture, a conduit, les 24 et 25 janvier 2025 à Hinche, des ateliers de réflexion sur la réforme constitutionnelle.

Consultations dans les départements du Sud, du Sud-Est, de la Grade Anse et des Nippes

Après une première journée d’assises marquante dans le Sud, les consultations se poursuivent avec succès dans plusieurs autres départements, notamment dans les départements du Sud-Est, de la Grande-Anse (une partie du Sud-Ouest d’Haïti) et des Nippes (autre partie du Sud-Ouest), a annoncé le gouvernement de transition dans une note en date du mercredi 5 février 2025.

D’autres assises sont prévues dans les jours à venir, afin de poursuivre cette consultation nationale et d’assurer une large représentativité des opinions et propositions citoyennes, selon le gouvernement.

« Cette initiative s’inscrit dans une démarche inclusive et participative, visant à recueillir les contributions de toutes les parties prenantes, pour garantir une réforme constitutionnelle représentative et adaptée aux aspirations de la population ».

Les questions essentielles, liées à la gouvernance, aux libertés et droits fondamentaux, ainsi qu’à l’organisation institutionnelle du pays, ont été au cœur des échanges.

Le gouvernement de transition en profite pour réaffirmer son engagement en faveur d’un processus transparent et démocratique, « en impliquant activement les citoyennes et citoyens dans l’élaboration d’une Constitution moderne, répondant aux réalités et défis de la nation ». [ro emb rc apr 06/02/2025 11:50]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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