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Haïti-Politique : La crainte d’une solution (encore) imposée par la communauté internationale

Alors qu’une délégation de la Caricom visite Haïti, des structures sociopolitiques avertissent contre une nouvelle solution imposée par la communauté internationale. Elles expriment également leurs préoccupations sur le processus électoral.

Par Charilien Jeanvil

P-au-P, 09 sept. 2026 [AlterPresse] --- Des organisations sociopolitiques lèvent la voix pour prévenir et dénoncer toute tentative de nouvelle proposition de sortie de crise par la communauté internationale, alors que les tractations vont bon train autour de l’avenir politique du pays, observe AlterPresse.

Au moment où une délégation de la Communauté des Caraïbes (Caricom) visite Haïti, la Conférence des pasteurs haïtiens (Copah) lance une mise en garde et plaide pour une implication limitée de la Caricom au processus des discussions sur la conjoncture politique d’Haïti.

Intervenant à l’émission FwoteLide sur AlterRadio (106.1 Fm et www.alterradio.org), le président de la Copah, Dr Ernst Pierre Vincent, appelle la Caricom à exercer un rôle de facilitatrice dans la crise haïtienne, émettant des réserves sur la mission de la délégation de l’organisation régionale en visite actuellement en Haïti.

Le dirigeant religieux et engagé dit craindre une mission concoctée par des ambassades étrangères puissantes dans le pays en sous-traitant le dossier d’Haïti afin d’influencer d’éventuelles évolutions.

Dr. Vincent a exprimé ses préoccupations à la Caricom lors d’une rencontre le 3 septembre 2026. 

Les discussions entre la délégation de la Caricom et celle de la Copah ont porté sur trois points : la sécurité, les élections, la transition.

Le président de la Copah affirme avoir profité de l’occasion de poser un ensemble d’interrogations tout en exposant la position de la Copah par rapport à l’insécurité, la transition et la question des élections. 

La Caricom et la médiation

Dr. Ernst Pierre Vincent a fait état de plusieurs recommandations faites par la Copah à la Communauté des Caraïbes, dans le dossier d’Haïti. 

La Copah demande à la Caricom de réaffirmer son soutien à un processus politique haïtien, inclusif et souverain, fondé sur la participation citoyenne. 

La Caricom doit s’abstenir de soutenir tout engagement politique imposé de l’extérieur, souligne la Copah, alertant sur toute désignation de dirigeant.e.s imposé.e.s par l’international et ne bénéficiant de légitimité suffisante au sein de la population haïtienne.

La Copah appelle la Caricom à favoriser un dialogue inclusif, entre des secteurs clés de la société, capable d’aboutir à un large consensus national. 

La structure sociopolitique considère que la sortie durable de la crise doit être fondamentalement haïtienne dans sa conception, sa légitimité et sa mise en œuvre.

La Copah encourage une coopération internationale visant à renforcer les institutions nationales tout en respectant la souveraineté du pays.

Elle invite ainsi la Caricom à s’engager pour le renforcement des forces de sécurités nationales et de la justice. 

Dr Vincent suggère que la Caricom s’investisse pour soutenir la réponse internationale contre la violence des gangs.

« Au lieu d’imposer des solutions, la Caricom peut devenir un partenaire privilégié pour renforcer la capacité d’Haïti », avance le président de la Copah. 

La Conférence des pasteurs haïtiens met en garde contre l’application de toute solution inappropriée à la réalité haïtienne, fortement marquée par la violence infernale des gangs et la fragilité de l’État.

Une délégation de la Caricom séjourne, depuis le mercredi 2 septembre 2026, à Port-au-Prince.

Les membres de la délégation ont déjà rencontré le président du Conseil électoral provisoire, ainsi que des responsables de diverses structures politiques, dont l’ancien premier ministre Claude Joseph.

Les échanges ont porté sur le processus électoral, la situation politique du pays et la transition, précise le leader du parti politique Les Engagés pour le Développement (Ede).

La transition et les élections

Face à la situation dégradante du pays, marquée notamment par l’expansion des gangs armés, la violence et une crise humanitaire inquiétante, la Conférence des pasteurs haïtiens invite lesactrices et acteurs d’anticiper pour créer les conditions favorables à la tenue des élections. 

« Il faut prendre des dispositions pour la tenue des élections. La transition ne peut être un mode de gouvernance », déclare Ernst Pierre Vincent.

Cependant, les conditions actuelles ne permettent pas, dit-il, le respect du calendrier électoral dont le premier tour de la présidentielle est fixé au 13 décembre 2026. 

Claude Joseph du parti Ede, qui nourrit également de sérieux doutes sur le respect du calendrier électoral, l’a fait savoir au chef du gouvernement et au président du Cep.

Claude Joseph croit nécessaire d’amender le décret électoral, dont plusieurs articles sont considérés comme des irritants. 

L’ancien premier ministre de l’administration de Jovenel Moïse presse le chef du gouvernement Alix Didier Fils-Aimé à mettre en place une nouvelle équipe, capable de répondre aux défis sécuritaires et d’adresser les enjeux électoraux.

Il appelle à mettre la pression sur le gouvernement pour organiser les élections et finir avec ce processus de transition interminable.

La Conférence des pasteurs haïtiens considère, en outre, qu’une date électorale ne peut constituer une fin en soi, avançant que le calendrier doit rester subordonné à la réunion de conditions minimales permettant aux citoyens d’exercer librement leur droit de vote. 

La Copah interpelle dans la foulée, le pouvoir, à reconstruire les conditions de confiance nécessaires au fonctionnement durable des institutions démocratiques. Ce qui passe notamment par la protection des citoyens, le rétablissement de la liberté de circulation, la restauration de l’autorité de l’État. [cj gp 09/09/2026 10:15]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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