Ouanaminthe (Haïti), 08 oct. 2025 [AlterPresse] --- Plus de 18,000 ouvrières et ouvriers observent un arrêt de travail soudain depuis le lundi 6 octobre 2025 au sein de la Compagnie de développement industriel (Codevi), à Ouanaminthe, dans le département du Nord-Est, rapporte AlterPresse.
Cette grève imprévue fait suite à la décision de la Direction générale des impôts (Dgi) d’imposer des prélèvements sur les salaires des travailleuses et travailleurs.
Malgré la note du gouvernement haïtien exhortant à la reprise du travail ce mercredi 8 octobre 2025, qui exige la suspension des mesures envisagées et annonce des négociations sur le salaire minimum avec les parties concernées, les activités restent paralysées.
Intervenant à l’émission FwoteLide sur AlterRadio, Luccene Etienne, président du Syndicat démocratique pour la défense des droits des ouvrières et ouvriers de la Codevi, a averti que les ouvrières et ouvriers ne céderont pas tant que leurs revendications ne seront pas satisfaites.
Outre l’annulation totale des prélèvements annoncés, les employé.e.s de la Codevi exigent un ajustement du salaire minimum à 2,500.00 gourdes, ainsi que de meilleures conditions de travail.
Dans une note conjointe, le Ministère de l’économie et des finances (Mef) et le Ministère des affaires sociales et du travail (Mast) ont assuré qu’il n’y aura plus de prélèvements de la Dgi sur les salaires, pour l’instant, et annoncé une rencontre tripartite entre l’exécutif, les syndicats et le patronat pour discuter du salaire minimum.
Ce, alors que le pouvoir dispose depuis mai 2025 du rapport du Conseil supérieur des salaires (Css) sur l’ajustement du salaire minimum, une passivité dénoncée par Jean Bonald Golinsky Fatal, président de la Confédération des travailleurs et travailleuses des secteurs public et privé (Ctsp) d’Haïti, également invité à FwoteLide sur AlterRadio.
Fignolé Saint-Cyr, secrétaire général de la Centrale autonome des travailleuses et travailleurs haïtiens (Cath), avait précédemment exprimé son inquiétude face à l’absence de publication d’arrêté du Gouvernement sur les recommandations du Css.
Il avait accusé le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de faire obstruction à l’application des recommandations du Css, qualifiant cette posture de « mépris manifeste envers les travailleuses et travailleurs » et de position « ouvertement antipopulaire ».
Le Css avait proposé, à compter d’avril 2025, un salaire journalier de 950 gourdes pour une journée de huit heures dans les industries d’assemblage orientées vers l’exportation et dans d’autres branches manufacturières tournées vers les marchés étrangers. Un salaire de production de 1 300 gourdes avait également été suggéré.
La Cath avait jugé cette proposition largement insuffisante au regard des besoins réels des travailleurs du secteur textile et réclamé un salaire minimum journalier de 2,500.00 gourdes, accompagné d’un ensemble d’avantages sociaux pour les salarié.e.s. [cj gp 10/09/2025 16:52]
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