P-au-P, 15 juin 2026 [AlterPresse] --- Face à la détérioration des conditions de vie, exacerbée par l’ampleur de la violence des gangs en Haïti, la Commission pastorale pour la justice et les droits humains (Copajudh), lance un appel à une prise de conscience nationale sur la situation des enfants, particulièrement ceux et celles vivant dans la précarité extrême.
La Copajudh a profité de la Journée nationale des droits de l’enfant dimanche 14 juin 2026 pour dénoncer la violation persistante des droits de l’enfant consacrés par la législation haïtienne et les conventions internationales.
Dans une déclaration consultée par l’agence en ligne AlterPresse, la filiale de la Conférence des pasteurs haïtiens (Copah), exhorte l’État à « garantir la protection de tous les citoyens, et de manière renforcée celle des enfants, notamment à travers la garantie du droit à la vie, à la santé, à l’éducation, à la sécurité et à la dignité ».
Elle invite à une réflexion profonde sur la situation des enfants haïtiens, exposés à diverses formes de violence, d’exploitation et trop souvent négligés.
Cete situation affecte leur développement physique, mental et social.
« L’enfant est une personne humaine à part entière, titulaire de droits fondamentaux inhérents, inaliénables et imprescriptibles », souligne la Copajudh.
Elle constate un écart profond entre les engagements juridiques de l’État et la réalité vécue par les enfants en Haïti, dénonçant des violations systématiques des droits de l’enfant sur les plans constitutionnels, légaux et internationaux.
La Copajudh déplore l’atteinte au droit à l’identité, avançant qu’une proportion importante d’enfants demeure sans acte de naissance, les privant de reconnaissance juridique et compromettant leur accès à l’école, aux soins et à la protection légale.
Le droit à la santé n’est pas garanti, constate l’entité, mettant l’accent sur les mauvaises conditions environnementales, la fermeture ou le dysfonctionnement de nombreux centres de santé et le coût élevé des soins.
Même constat pour le droit à l’éducation, alors que la Constitution consacre la gratuité de l’enseignement primaire public. Des centaines de milliers d’enfants en âge scolaire restent en dehors du système éducatif, déplore la Copajudh.
La Copajudh dénonce également la violation du droit à un refuge pour les enfants ainsi que le droit à la protection, dans un contexte d’expansion de la violence des gangs dans diverses régions du pays, provoquant des milliers de déplacés internes, des violences physiques et sexuelles contre les enfants.
Le droit de jouer et d’avoir des loisirs, essentiel au développement de l’enfant est fortement compromis par l’insécurité généralisée, car les espaces publics sont soit inaccessibles, soit transformés en zones de refuge pour personnes déplacées, ajoute la Copajudh.
Impact et recommandations
« Cette privation globale dépasse la seule question du divertissement. Elle affecte directement le développement physique, psychologique et social des enfants », insiste la Commission pastorale et juridique pour les droits humains.
Elle appelle les autorités étatiques à faire de la protection des enfants une priorité nationale effective et mesurable et exigent une série d’actions prioritaires : la modernisation urgente du système d’état civil pour garantir l’enregistrement universel des naissances ; la réhabilitation du système de santé et l’accès gratuit aux soins essentiels pour les enfants ; la sécurisation des établissements scolaires et la mise en place de dispositifs d’enseignement d’urgence dans les zones affectées par la violence ; ainsi que la protection renforcée des familles déplacées internes.
La Copajudh interpelle dans la foulée les institutions publiques, les collectivités territoriales, les organisations de la société civile, les communautés religieuses et les partenaires internationaux à jouer leur partition « pour prévenir le recrutement des enfants par les groupes armés, renforcer les programmes de protection psychosociale, et créer des espaces sûrs dédiés à l’éducation, au sport et aux loisirs. »
« Défendre les droits de l’enfant, c’est défendre la survie et la reconstruction d’Haïti », affirme la Commission pastorale pour la justice et les droits humains.
« Le recrutement et l’utilisation d’enfants ont presque triplé en 2025 par rapport à l’année précédente. Les enfants représenteraient désormais entre 30 % et 50 % des membres de ces gangs. Les cas d’enfants tués ou mutilés ont quasiment doublé, tandis que les violences sexuelles contre les mineures demeurent largement répandues », selon les Nations unies. [cj emb apr 15/06/2026 12:00]
CI : Vatican News
Suivez-nous – Abonnez-vous
MÉMOIRE D’ALTERPRESSE
Depuis 2001




