P-au-P, 20 mai 2026 [AlterPresse] --- La représentante spéciale du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies pour les enfants et les conflits armés, la diplomate maltaise Vanessa Frazier, déplore la situation d’enfants enfermés « dans un cycle ininterrompu de violences » des gangs en Haïti, selon un article publié par Onu info et consulté par l’agence en ligne AlterPresse.
Les enfants haïtiens sont confronté.e.s à des niveaux de violences « sans précédent », liés à l’expansion des gangs armés, a-t-elle dénoncé au terme de sa première visite officielle de quatre jours dans le pays, le dimanche 17 mai 2026, lors d’une interview accordée à Onu info.
Les Haïtiennes et Haïtiens vivent dans la peur constante, l’intimidation, les déplacements forcés, la violence et le traumatisme, relève Frazier.
« Le recrutement et l’utilisation d’enfants ont presque triplé en 2025 par rapport à l’année précédente. Les enfants représenteraient désormais entre 30 % et 50 % des membres de ces gangs. Les cas d’enfants tués ou mutilés ont quasiment doublé, tandis que les violences sexuelles contre les mineures demeurent largement répandues », selon les Nations unies.
Ces chiffres ont été fournis par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), cités par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha) dans un rapport daté du 13 mai 2026.
Le protocole de transfert, signé avec les Nations unies en 2024, prévoit que les enfants de moins de 18 ans, rencontrés lors d’opérations de sécurité, soient considérés avant tout comme des victimes et remis rapidement aux services de protection de l’enfance, a rappelé Vanessa Frazier.
Elle a insisté sur l’importance de la réintégration des enfants ayant quitté les gangs armés, soulignant combien la protection des enfants reste indissociable du retour durable à la stabilité en Haïti.
Durant son séjour, elle a visité plusieurs centres de transit soutenus par l’Unicef, où les mineures et mineurs bénéficient d’un accompagnement avant leur retour dans leurs familles et communautés.
La détention des mineures et mineurs doit rester une mesure de dernier recours, conformément à la Convention relative aux droits de l’enfant et aux principes de Paris, auxquels Haïti a adhéré, a rappelé la responsable onusienne lors d’une visite dans un centre de détention surpeuplé à Port-au-Prince.
Au cours de sa mission, Vanessa Frazier a rencontré le chef du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh), le Mexicain Carlos Ruiz Massieu, la représentante depuis le 29 septembre 2024 de l’Unicef en Haïti, la Canadienne Geeta Narayan (née sur l’archipel des Fidji, en Océanie), des responsables haïtiens, le représentant spécial de la Force de répression des gangs (Frg), des représentantes et représentants de la société civile, des bailleurs internationaux ainsi que des enfants affecté.e.s par les actes de violences. [apr 20/05/2026 10 00]
Photo : Site de l’Onu info
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