P-au-P, 30 janvier 2026 [AlterPresse] --- Des membres de l’Organisation des Nations unies (Onu) s’attendent à ce que le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh) produise des résultats tangibles et contribue au rétablissement de la stabilité, à la suite du renouvellement de son mandat jusqu’au 31 janvier 2027, lors d’une réunion tenue le jeudi 29 janvier 2026, suivie par l’agence en ligne AlterPresse.
Le représentant permanent d’Haïti auprès des Nations unies, Éricq Pierre, salue la résolution renouvelant le mandat du Binuh qu’il considère comme le reflet d’une « compréhension plus intégrée des défis actuels et, surtout, de la nécessité d’obtenir des résultats concrets ».
Il souligne l’importance de « protéger la population, réduire la violence, rétablir l’état de droit et créer les conditions d’une stabilité institutionnelle durable ».
Les États-Unis estiment qu’une étape décisive vers la stabilisation d’Haïti a été franchie avec l’adoption de cette résolution.
Ils exhortent l’Onu à recentrer son rôle sur le maintien de la paix et de la sécurité, « tout en veillant à ce que les fonds des États membres soient utilisés de manière efficace et efficiente à cette fin ».
Selon eux, en se concentrant sur ses fonctions essentielles, l’Onu pourra pleinement exercer son mandat de maintien de la paix et de la sécurité en Haïti.
Le Panama estime que la résolution est adaptée au contexte actuel et qu’elle maintient un équilibre entre l’appui au processus politique et électoral et le soutien au système judiciaire.
Comme à l’accoutumée, la Chine a exprimé sa vive préoccupation face à l’afflux continu d’armes illégales vers Haïti.
Elle a exhorté toutes les parties, en particulier les principaux pays fournisseurs d’armes et de munitions, à adopter des mesures concrètes en matière de contrôle des frontières et de réglementation des armes, et à soutenir le rôle actif du comité des sanctions, du Binuh, de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Onudc) ainsi que d’autres organismes.
Le mandat du Binuh révisé
Le mandat du Binuh a été révisé par le Conseil de sécurité de l’Onu. Ce bureau est désormais chargé de couvrir six tâches clés, de manière intégrée avec les entités des Nations unies présentes dans le pays.
Ces tâches portent sur l’assistance électorale et la facilitation d’un dialogue national inter-haïtien, en soutien aux processus politique et constitutionnel.
Elles touchent aussi à l’appui à la réduction de la violence communautaire et au désarmement, au démantèlement et à la réintégration des gangs armés.
Elles prennent en compte l’assistance aux autorités haïtiennes dans la justice, le suivi et la communication d’informations sur les cas de violences des gangs, les activités criminelles et les violations des droits humains.
Le renouvellement du Binuh intervient dans un contexte de tensions politiques au sein du Conseil présidentiel de transition (Cpt), marqué par des divergences entre certains de ses membres et le gouvernement, ainsi que par la persistance des violences des gangs armés.
Trinité-et-Tobago a exprimé sa profonde inquiétude face à l’impasse au sein du Cpt, après les tentatives infructueuses de certains de ses membres pour révoquer le chef du gouvernement.
La situation actuelle risque de compliquer davantage un processus de transition gouvernementale « déjà fragile ».
Le 21 janvier 2026, cinq membres du Cpt ont tenté, en dépit d’une mise en garde des Etats-Unis, de destituer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à travers une résolution prise à son encontre, à l’approche de l’échéance du mandat de ce Conseil, fixée au samedi 7 février 2026.
Au total, cinq membres sur neuf du Cpt ont vu leurs visas révoqués par les États-Unis, dans le cadre de sanctions visant, selon l’administration américaine, des responsables haïtiens accusés d’avoir contribué à la déstabilisation du pays par les gangs armés.
Les visas de deux autres membres du Cpt, ainsi que celui d’un ministre du gouvernement haïtien, ont également été annulés, selon une communication émise cette semaine par le Département d’État.
Ces restrictions surviennent seulement trois jours après des mesures similaires prises contre deux autres conseillers-présidents, tandis qu’un premier membre du Cpt avait déjà été sanctionné fin novembre 2025. [emb apr 30/01/2026 10:35]
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